Du fait de langue à l'effet de style : les zeugmes syntaxiques de Mme de Sévigné
Cécile Lignereux, Maître de conférences en langue et littérature françaises Equipe RARE - Rhétorique de l’antiquité à la Révolution Structure de recherche associée à la MRSH : LASLAR Date : 7 nov. 2011 Lieu : MRSH Durée : 15:17 | ![]() |
Cette communication a été enregistrée dans le cadre du 2e Colloque de l'Association Internationale de Stylistique organisé par le LASLAR du 7 au 9 novembre 2011, qui s'est tenu à la Maison de la Recherche en Sciences Humaines de l'Université de Caen Basse-Normandie.
Cécile Lignereux est maître de conférences à l'université Stendhal de Grenoble ; elle a soutenu une thèse sur Mme de Sévigné à l'université Paris-IV Sorbonne, intitulée : Une écriture de la tendresse au XVIIe siècle. Pour une étude stylistique des lettres de Mme de Sévigné.
Résumé de la communication
Certes, la mise en perspective synchronique des zeugmes syntaxiques de Mme de Sévigné oblige à en relativiser la singularité - une recontextualisation large rappelant combien ils sont tributaires de données linguistiques, génériques et esthétiques. Pourtant, ce serait faire fausse route que de conclure que les zeugmes de l'épistolière ne doivent être évalués qu'en tant que simples faits de langue, tant persiste l'impression que dans les lettres de Mme de Grignan, ce phénomène acquiert une intensité, une valeur et une efficacité - bref, un rendement - caractéristiques du seul fait de style. Dès lors, il s'agit d'expliciter les conditions d'émergence de l'effet de style déployé en contexte par les zeugmes, c'est-à-dire d'examiner selon quels critères ce fait de langue est ressenti, à la réception, comme un fait de style. Nous en distinguerons trois, systématiquement utilisés par les stylisticiens soucieux de vérifier le bien-fondé des intuitions de lecture : la récurrence des contextes d'emploi ; la saillance par rapport aux configurations prévisibles compte tenu du genre pratiqué; la convergence avec d'autres faits.








