Habitat informel à Constantine

Habitat informel à Constantine
Auteur(e) du cliché :
Pierre Bergel
Date : mars 2006
Structure de recherche associée à la MRSH : ESO-Caen

La cité El Bir se situe à l'ouest de la vieille ville de Constantine (Algérie). Contrairement au centre historique, perché sur un promontoire rocheux et visible de loin, elle se dissimule au creux d'un vallon discret et mal desservi. Dans une vallée étroite aux versants pentus et resserrés, des résidences autoconstruites abritent une population qu'on peut évaluer à plusieurs milliers d'habitants.

Ces quartiers informels ont été édifiés au cours des phases d'urbanisation accélérées qui ont fait gonfler la population constantinoise : immigration rurale de travail dans les années 1970 et 1980, puis déplacements massifs au cours de la « décennie noire » du terrorisme dans les années 1990, les campagnes et les lieux isolés devenant trop dangereux pour y vivre sereinement.

La vie ordinaire est pénible à El Bir du fait des carences en matière d'infrastructures et d'équipements. L'absence de routes goudronnées, de ramassage des ordures ménagères, les manques en matière d'adduction d'eau potable et d'évacuation des eaux usées produisent un paysage chaotique où se lit l'absence d'aménagement et de régulation spatiale. Pourtant, les revenus de la population ne sont pas forcément modestes, comme en témoignent les résidences construites en dur sur la hauteur.

Comme la plupart des grandes villes algériennes, le centre de Constantine est entouré de bidonvilles et de sites d'habitat informel. Plus que la pauvreté intrinsèque des populations, ces morceaux de villes inachevés sont produits par les insuffisances de l'offre de logements publics et privés, par les manques de l'aménagement urbain et de la desserte par les réseaux ainsi que par les vicissitudes d'une conjoncture politique qui, parfois, peut être chaotique.