Le cochon est joueur, laissez-le jouer !

Le cochon est joueur, laissez-le jouer !
Auteur(e) du cliché :
Jean-Paul Robidel
Date : septembre 2011
Structure de recherche associée à la MRSH : Pôle rural

Le cochon est un animal joyeux.

Pourtant, les cochons sont souvent tristes. 15 millions en France, 150 millions en Europe, 772 millions dans le monde. Ce qui les rend tristes, ce n'est pas ça mais l'enfer du quotidien de la plupart d'entre eux : un monde concentrationnaire, coupé de la lumière du jour, où ils se bousculent, bourrés d'antibiotiques. Peu leur importe que le Français mange 35 kg de porc et l'Allemand ou l'Espagnol plus de 60. Ce qui les rend tristes, ce n'est pas leur mort  mais leur vie.

Certains vivent autrement, fouillant la terre, mâchant l'herbe, se cachant sous la paille. Regardez-les, l'œil brillant, le poil soyeux. Certains sont bios [1]; d'autres répondent à des cahiers des charges différents. Quelques-uns, enfin, profitent du bon sens de leur propriétaire.

Nos amis de la photo, eux, ne sont pas vraiment bios ; pourtant, ils boivent du petit lait bio,  mangent bio, se roulent dans la paille bio mais - péché originel - ils sont nés dans une exploitation conventionnelle. Ils n'auront donc pas droit au label bio.


 


[1] L'agriculture biologique a progressivement pris forme au cours du XXème siècle Sa reconnaissance officielle, marquée par le label AB, date des années 80. Elle est en croissance continue depuis cette période avec une pointe vers 2002 et surtout ces dernières années (20 604 exploitations en 2010, soit 55 % de plus qu'en 2008). Toutefois l'agrobiologie reste marginale (3 % de la Surface Agricole Utile) et la balance commerciale est fortement déficitaire (38 % des produits consommés sont importés alors que les exportations sont modestes).  La viande de porc bio illustre ce problème ; la France en produit insuffisamment et doit importer. Le cas de la Basse-Normandie est encore plus flagrant. Il n'y avait en 2009 que 44 truies, soit 1% du cheptel français (16ème région française) alors que, pour l'essemble de l'élevage porcin, on trouve la région avec 5% de la production (3ème position). Signe des temps, l'année 2010 connait une envolée avec un accroissement de 139 %, soit 105 truies ... et toujours 1 % du cheptel bio français.