Rationalité et irrationalité de la décision

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Emmanuel Picavet, Professeur de philosophie à l’université de Franche-Comté
NoSoPhi
Françoise Lauwaert, Sinologue, professeur à l’université libre de Bruxelles
LAMC
Enregistrement : 5 avr. 2011 - Durée : 2h10mn58s - Réalisation : MESHS
Lieu : MESHS, Lille

Cette conférence a été donnée dans le cadre du 3e Printemps des SHS, organisé par la Maison Européenne des SHS de Lille, dont le thème central en 2011 s'intitulait : (se) décider ? - Ressorts et pratiques de la décision. Cette séance était présentée par Bruno AMBROISE, chargé de recherche au CNRS (CURAPP, UMR 6054 ; CNRS - université de Picardie) et membre de l'équipe de direction de la MESHS.

Réflexions sur le partage rationnel/ irrationnel (par Emmanuel Picavet)

La tradition des analyses en termes de choix rationnel privilégie des modèles de l'action et de la décision humaines qui ont pu sembler parachever une vision «instrumentale» de l'action, dans laquelle celle-ci est seulement au service de l'obtention de bons résultats. Pourtant, l'interprétation de l'action et la prise en compte des raisons de l'action jouent également un rôle important dans le partage entre le rationnel et l'irrationnel. De plus, des formes d'action liées à la tradition et à l'engagement, qui peuvent parfois conduire à l'irrationalité, entretiennent des rapports plus complexes avec la rationalité qu'on ne pourrait le penser de prime abord. On examinera, dans les grandes lignes, ce que l'analyse philosophique peut en dire.

Ouvrir une brèche et canaliser le flux : à propos de la décision en Chine (par Françoise Lauwaert) 

Certains textes médicaux et littéraires anciens présentent la décision comme l'émanation directe d'émotions enracinées dans la profondeur du corps. Il suffirait donc d'ouvrir la brèche au flux des affects et de les laisser suivre leur cours naturel. Ces théories semblent confirmer le cliché selon lequel les Chinois se seraient épargné le dualisme entre l'âme et le corps qui marqua si lourdement l'histoire de la pensée occidentale. Par des exemples empruntés au domaine juridique et à certains courants de la pensée confucéenne, nous tenterons de montrer que le clivage existe bien, même s'il se produit en d'autres lieux et s'exprime en d'autres termes, et que le recours à la « volonté » permet de mater les corps.

 

 

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