Graffiti sur sarcophage
![]() | Auteur(e) du cliché : Michel Daeffler Date : Juillet 2010 Équipe de recherche : CRHQ Structure de recherche associée à la MRSH : Espaces maritimes |
Les graffiti du sarcophage de l'église St-Clair (Hérouville-St-Clair)
La connaissance de l'histoire maritime fait appel à différentes sources. Pour les périodes anciennes et médiévales, les graffiti de navires constituent une source essentielle pour la connaissance des bâtiments de mer et de rivière. Les miniatures sont également des sources importantes mais souvent réalisées par des artistes peu familiarisés avec le milieu maritime, certains n'ayant jamais vu les navires qu'ils dessinaient. Les graffiti, au contraire, sont souvent réalisés par des marins connaissant parfaitement les bâtiments qu'ils représentent mais n'ayant pas l'habileté d'un artiste. Les types de navires sont plus variés et certains sont absents des autres sources permettant ainsi d'accroître notre connaissance de cette marine ancienne et offre ainsi de nouvelles pistes de recherche afin d'identifier et de mieux comprendre les navires représentés. L'un des sarcophages présentés au musée de Normandie dans le cadre de l'exposition « La pierre de Caen » en est un excellent exemple.
Ce sarcophage, découvert en 1885 par la Société des Antiquaires de Normandie aux abords de l'église Saint Clair à Hérouville-St-Clair est daté du XIIe siècle. Il est orné intérieurement et extérieurement de graffiti de navires. L'incision profonde des traits fait penser à un décor gravé au moment de la réalisation du sarcophage plutôt qu'à un graffiti, d'autant plus que certains se situent à l'intérieur de la cuve.
Les navires représentés sont tous du même type mais représentés plus ou moins schématiquement. La silhouette de la coque évoque un bâtiment sans château avant et arrière ; tout à l'arrière, l'auteur du graffiti a esquissé un gouvernail latéral en forme d'aviron. Le mât unique, placé au milieu de la coque est caractéristique des navires ponantais du début du Moyen-Âge.
Ces représentations nous mettent en présence d'une marine très mal connue en raison du manque de sources d'archives et de vestiges archéologiques.








