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I Believe this is what they call a ‘mic drop’ : Un point final pour Hannibal ?

Hélène Breda, docteure en études cinématogr. et audiovisuelles
l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle
Structure de recherche associée à la MRSH : LASLAR
Date : 02/12/2016
Lieu : MRSH Caen
Durée : 29:10

Cette communication a été enregistrée dans le cadre de la journée d'études consacrée aux fins de séries télévisées, organisée par le LASLAR à la MRSH de Caen.

Alors qu’au cinéma, les fins de films donnent souvent à voir les personnages tournant le dos au spectateur et s’éloignant, seuls ou à deux, notamment dans le cinéma classique hollywoodien, les séries télévisées, elles, se terminent souvent par un gros plan sur un ou deux personnages. Ce principe semble être une assimilation, par la fiction elle-même, de son dispositif de diffusion : au cinéma, le personnage s’éloigne comme le spectateur va lui-même, quelques instants plus tard, quitter la salle ; à la télévision, le personnage reste, au contraire, « enfermé » dans le cadre de sa fiction de même que le téléspectateur ne quitte pas le lieu où il l’a vue...

Hélène Breda est Docteure en Etudes Cinématographiques et Audiovisuelles de l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle. Elle a soutenu en 2015 une thèse sur la notion de « tissage narratif » et ses enjeux socioculturels dans les séries télévisées américaines contemporaines. Ses recherches « socio-narratologiques » portent sur la représentation des groupes communautaires et de leurs interrelations dans les séries ; elle travaille plus particulièrement sur les rapports de domination qui structurent la société (sexisme, racisme systémique).

Elle enseigne actuellement les Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Paris 13 (IUT de Saint-Denis).

Résumé de la communication

Cette communication porte sur la fin de la série télévisée de NCB Hannibal, créée par Bryan Fuller, qui s’est achevée en 2015 au terme de sa troisième saison. Les ultimes séquences de cette œuvre sont caractérisées par un procédé de « clôture/ouverture » : après que les deux protagonistes, Hannibal Lecter et Will Graham, ont chuté ensemble du haut d’une falaise, un générique déroulant semble marquer un point final pour la série. Toutefois, une scène post-générique indique que, si le célèbre cannibale est supposé mort, son héritage reste bien vivant. Son ancienne psychiatre et complice, BedeliaDuMaurier, s’apprête en effet à déguster sa propre jambe, au son d’une chanson de Siouxie Sioux dont le refrain assure « I will survive, live and thrive… ».

Afin de déterminer si Fuller offre à son public un finale satisfaisant, il s’agit tout d’abord de resituer la série dans le maillage intertextuel auquel elle appartient : Hannibal est en effet une œuvre palimpsestique, tout à la fois adaptation, reboot et prequel de romans de Thomas Harris et des diverses versions cinématographiques qui en ont été tirées. L’histoire s’interrompt ici brutalement, alors qu’elle était censée se prolonger selon une trajectoire en partie conditionnée par des opus antérieurs ; dès lors, comment le showrunner négocie-t-il avec l’attente spectatorielle au moment de sa conclusion ?

Ce questionnement était à mettre en lien avec des conditions de production particulières : cet ultime épisode, en effet, n’était pas censé en être un. Si Fuller prévoyait une quatrième saison, les taux d’audience trop faibles de la série ont précipité son annulation. De fait, ce finale constitue un paradoxe intéressant à explorer.

Un dernier pan de l’analyse se concentre sur les partis-pris formels et esthétiques de ces dernières séquences. Il apparaît que la série cède à une certaine « tentation du cinématographique », ce qui peut en partie justifier l’efficacité avec laquelle elle tient la gageure de poser un (double) point final.

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