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Les conflits liés au démantèlement de barrages et de seuils : des révélateurs des modes d’habiter et du rôle des usagers dans la gestion d’un environnement local ?

Régis Barraud, maître de conférences en géographie
RURALITES EA 2252
Structure de recherche associée à la MRSH : Espaces maritimes
Date : 12/05/2015
Lieu : Moulin de Marcy, Le Molay-Littry (14)
Durée : 37:13

Cette communication a été enregistrée lors de la journée d’étude Le moulin à eau : production et paysage, organisée par le Pôle rural et le Pôle maritime au Moulin de Marcy, au Molay-Littry, le 12 mai 2015 (direction Jean-Marc Moriceau, Philippe Madeline, Élisabeth Ridel). Cette journée d’étude s’est inscrite dans le cadre du Projet Collectif de Recherche De bois, de terre et d’eau (accepté en mars 2015 par la DRAC de Basse-Normandie) pour la mise en valeur du patrimoine de la région autour de la forêt de Cerisy, en partenariat avec la Maison de la forêt – Office de tourisme Balleroy – Le Molay-Littry (responsables Élisabeth Ridel et Anne-Marie Flmabard Héricher). Pour en savoir plus, voir le lien vers la Maison de la forêt : http://www.foret-otballeroylml.fr/ (« Programme de mise en valeur de notre patrimoine »).

Régis Barraud est maître de conférences en géographie à l’université de Poitiers. Il étudie les dynamiques paysagères à partir de la mise au jour des interactions entre les structures du paysage, les usages et les représentations sociales. Ses travaux portent sur la transmission des formes paysagères, sur les processus de requalification des paysages hérités (patrimonialisation, résidentialisation, agrément, etc.), sur la construction, l’évolution, l’affrontement des conceptions normatives du paysage. Ses recherches s’inscrivent dans le champ de la gouvernance et de l’évaluation du paysage (politiques publiques). Ce thème est alimenté depuis 2002 par une recherche-action menée en collaboration avec des collectivités en charge de la gestion des bassins versants. Celle-ci lui a permis d’expérimenter la mise en œuvre d’une évaluation des paysages de rivière fondée sur une méthode combinant analyse multicritère et démarche participative.

Résumé de la communication

D’une manière générale à l’échelle de l’Europe de l’Ouest, les petites vallées partagent un héritage commun : leurs structures paysagères. Celles-ci sont le produit de formes de valorisation économique aujourd’hui révolues ou en situation de crise. Ainsi, seuils, moulins, biefs artificiels, déchargeoirs et autres fossés d’irrigation jalonnent les fonds de vallées. Cette trame subsiste à des niveaux de conservation variés mais la rémanence des formes est assez forte pour peser d’une manière non négligeable sur la gestion actuelle (Lespez et al., 2005 ; Barraud, 2007). Le maintien des aménagements malgré le déclin des activités qui les ont générés sous-tend l’existence de puissants processus de requalification (Barraud, 2007). La transformation du paysage productif initial en paysage d’agrément fait partie de ces processus très efficaces témoignant de nouveaux modes d’utilisation et d’appropriation de l’espace liés à des fonctions diverses (résidentielle, récréative, touristique, patrimoniale). Le fond de vallée et l’ancien moulin à eau apparaissent comme des lieux attractifs, convoités et conflictuels. Mais ailleurs, les fonds de vallées sont affectés par une déprise qui se traduit par une fermeture du paysage, la ruine des systèmes hydrauliques et une désaffection de la part des populations locales. Enfin, beaucoup de ces petites vallées sont des espaces de travail agricole en mutation et à l’avenir incertain (Germaine, 2009). Les usages, fonctions et valeurs qui influencent l’évolution de ces paysages sont parfois inventoriés mais leurs implications socio-spatiales sont rarement analysées en profondeur.

Les vallées et leurs héritages paysagers ont fait l’objet de trois générations de politiques publiques depuis les années 1960. La première, fondée sur une approche hydraulique, a été pensé à la fois comme une mise en ordre de paysages (déjà) frappés par le déclin des activités de production et des modes de gestion et d’entretien associés, et comme la mise en place d’un nouveau projet de valorisation économique par l’agriculture. À partir du milieu des années 1980, l’écologie, mais surtout le paysagisme d’aménagement, ont alimenté une deuxième génération de politique publique. Marquée par une évolution des techniques d’entretien (gestion « douce » de la ripisylve, génie végétal), celle-ci vise alors davantage une reconquête paysagère qu’une véritable restauration écologique. C’est la troisième génération de politique publique de gestion des cours d’eau mise en place depuis la seconde guerre mondiale qui va assumer clairement – en tant qu’objectif prioritaire et principal – cette volonté de restauration des milieux (Barraud, 2009). Les grilles d’analyse de l’écologie scientifique s’imposent donc de plus en plus pour évaluer l’état de ces petites vallées de manière à améliorer leur biodiversité et leur fonctionnalité. L’évaluation de l’état écologique des cours d’eau conduit alors souvent l’élaboration de programme de restauration de la continuité écologique. Dans ce contexte, le démantèlement de barrages et de seuils constitue la solution technique la plus soutenue par la sphère de l’expertise et les partenaires financiers. Mais la mise en œuvre de cette solution technique induit des changements paysagers, une modification des milieux et des usages associés. Les bouleversement redoutés ou effectifs suscitent des réactions vives, voire la structuration de situations de conflits entre usagers, habitants et gestionnaires des cours d’eau. Nous proposons de décrypter cette conflictualité en s’attachant à mettre au jour ce qu’elle peut révéler sur : 1 - les modes d’habiter en (fond de vallée), 2 - le rôles des habitants et des usagers dans la gestion d’un environnement local.

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