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La façon de combattre des Espagnols dans les écrits de Niccolò Machiavelli, Paolo Giovio et Francesco Guicciardini (1503-1540)

Jean-Claude Zancarini, Professeur émérite d’Italien à l’ENS de Lyon
TRIANGLE (UMR 5206)
Structure de recherche associée à la MRSH : ERLIS, Empire ibérique
Date : 13/03/2015
Lieu : MRSH
Durée : 46:42

Cette manifestation a été enregistrée dans  le cadre du séminaire annuel intitulé "Le temps de l'Empire ibérique" consacré pour l'année 2014-2015 aux guerres et sociétés.

Les travaux de Jean-Claude Zancarini ont d’abord porté sur la littérature du 16e siècle et notamment le théâtre ; ses thèmes actuels de recherche concernent les liens entre histoire, langue et politique dans l’Italie du 16e siècle, notamment à propos de la pensée politique florentine, à l’époque des guerres d’Italie. Une des caractéristique de ses recherches est la présence simultanée de travaux philologiques (édition et traduction de textes) et de travaux interprétatifs. Ces recherches ont donné lieu à la publication de cinq traductions présentées et commentées de textes politiques italiens majeurs du 15e et du 16e siècle (Savonarole, Francesco Guicciardini, Machiavel) ; quatre ouvrages écrits en collaboration avec Jean-Louis Fournel , en particulier La politique de l’expérience. Savonarole, Guicciardini et le républicanisme florentin, Alessandria, Edizioni dell’Orso, 2002 et La grammaire de la République. Langage de la politique chez Francesco Guicciardini (1483-1540), Genève, Droz, 2009 ; sept directions d’ouvrage ; soixante-deux articles parus, onze livres traduits (littérature contemporaine et essais).

Ses travaux en cours portent sur la langue politique du 16e siècle, en particulier, dans le cadre du projet ANR « Guerres16-17 », la réalisation d’outils de comparaison de traductions :
- HyperMachiavel (logiciel)
- HyperPrince (siteweb)
Ces outils, réalisés en collaboration avec Séverine Gedzelman, Ingénieure informaticienne, permettent la comparaison des traductions du Prince (XVIe-XVIIe siècle) et l’établissement des équivalences italien (édition Blado 1532)- français.

Résumé de la communication

“Le fanterie spagnuole si portorno tanto bene che hanno aquistato riputatione di buone gente”
(lettre de Piero Guicciardini à son frère Francesco, ambassadeur en Espagne, 30 avril 1512, à propos de la bataille de Ravenne).

Les armées espagnoles prennent pied en Italie en 1495, avec Gonsalve de Cordoue comme capitaine. Elles arrivent un an après les troupes du roi de France Charles VIII, après la fameuse « calata di re Carlo ». Avec ces deux arrivées, les principaux protagonistes des guerres d’Italie sont déjà présents dans la péninsule et s’ouvre une période que les contemporains nomment le calamità d'Italia ou la ruina d'Italia… Et qu’on pourrait nommer à bon droit la tragedia d’Italia :  une situation de départ que les contemporains décrivent comme un âge d'or, le surgissement d'ennemis d'outre-monts, les Français du roi Charles VIII, qui en 1494 viennent bouleverser cette situation bienheureuse, les actes successifs qui voient s'introduire sur la scène de l'histoire d'autres protagonistes (les Espagnols dès 1495, puis de nouveau en 1499 avec une nouvelle fois Gonzalve comme capitaine, les Allemands, les Suisses, d’abord comme mercenaires des uns et des autres, puis jouant chacun leur propre jeu politico-militaire), les renversements successifs et brutaux des rapports de force entre les belligérants et, enfin, la catastrophe finale, le sac de Rome de mai 1527, qui entraîne la soumission de l'Italie aux Espagnols, pendant de longues décennies.

Et à la fin, donc, ce sont les Espagnols qui gagnent ! Pourtant, les Italiens qui s’intéressent à la guerre et essaient de comprendre ce qui se passe et ce qu’il faudrait faire, ne voient que tardivement la force militaire des Espagnols et même quand ils la constatent ils ont du mal à l’expliquer : l’impression qu’on a c’est qu’il faut attendre Ravenne pour que les Italiens prennent en considération la capacité militaire des troupes espagnoles et en particulier de leur infanterie.

Et pourtant, dès la période de 1499-1503, quand les Espagnols chassent les Français du royaume de Naples, les victoires du Grand Capitaine pouvaient indiquer que la façon de combattre des Espagnols étaient à prendre en considération. Par ailleurs on peut dire qu’à partir de 1512, l’infanterie espagnole démontre sa force, à Ravenne malgré la défaite, à La Bicoque (27 avril 1522) et évidemment à Pavie, au moment même où les Suisses, après leur victoire impressionnante à Novare (6 juin 1513) sont dans une parabole descendante qui va se révéler à Marignan, à la Bicoque et à Pavie (24 février 1525). C’est cette sorte d’incapacité de voir que j’aimerais d’abord mettre en évidence puis essayer de comprendre.

Mon approche sera chronologique. Je partirai des lettres publiques de Machiavel en novembre-décembre 1503, au moment où se déroulent les combats autour du Garigliano, et j’analyserai successivement les Storie fiorentine de Guichardin (1508-1509), la Relazione di Spagna de Guichardin (ambassadeur auprès du roi Ferdinand d’Aragon en 1512), le chapitre XXVI du Prince (1513), les lettres échangées par Machiavel et Francesco Vettori en 1513-1514, les passages des Discorsi (livre II, 16-17) et de l’Art de la guerre qui mettent en scène les armées espagnoles, la façon dont Paolo Giovio parle de Gonzalve de Cordoue dans sa Vita del gran capitano et celle dont Guichardin relate, dans sa Storia d’Italia (1537-1540) les principales batailles où les Espagnols furent engagés pendant les guerres d’Italie. J’essaierai ensuite d’énoncer des hypothèses pour expliquer cette façon de ne pas voir ou de ne voir qu’en partie ce qui se joue dans la façon de combattre des Espagnols.

Jean-Claude Zancarini

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