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Les enquêtes d'opinion sous l'Occupation

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Structure de recherche associée à la MRSH : CERReV
Enregistré le : 11/10/2010 - Durée : 40mn49s - Réalisation : CEMU - MRSH
Lieu : IMEC, Abbaye d'Ardenne

Cette conférence a été enregistrée durant le colloque, consacré aux sociologues sous Vichy,  qui s'est tenu à l'IMEC les 11 et 12 octobre 2010. Durant l'occupation de la France par les troupes nazies, des changements ont affecté la sociologie française. Changement parmi le personnel : les chercheurs juifs étaient frappés d'interdiction professionnelle ; changement quant aux contenus, par une réorientation vers des thématiques eugéniques, folkloristes ou communautaires.

Après des études de philosophie, psychologie et sociologie à la Sorbonne, Jean-Paul Grémy s'oriente d'abord vers la psychosociologie appliquée. Ayant réalisé pendant plusieurs années des recherches empiriques (qualitatives et quantitatives) sur des sujets variés, désireux d'approfondir les fondements méthodologiques des savoir-faire acquis sur le terrain, il entame ensuite une carrière d'enseignant-chercheur en sociologie. Sa thèse de troisième cycle porte sur "La simulation sur ordinateur des phénomènes sociaux", et sa thèse de doctorat d'État s'intitule "Jalons pour une théorie du questionnaire dans les sciences de l'homme". Il a également effectué des recherches dans deux organismes publics, l'OFPRA, et l'IHESI. Retraité de l'université, il est actuellement chercheur au CNRS.

Résumé de la communication

On considère généralement qu'il n'y a pas eu d'enquêtes d'opinion politique en France métropolitaine pendant la période qui s'étend de l'Armistice à la Libération (à l'exception des sondages clandestins réalisés par Max Barioux pour le compte de la Résistance au premier semestre 1944). Il est vrai que, dès le début de la guerre, l'Institut Français d'Opinion Publique (Jean Stoetzel) s'est mis en hibernation, et le Centre d'Études de l'Opinion Publique (Alfred Max) s'est sabordé.

Pour connaître les opinions politiques des Français, le gouvernement de Vichy utilise principalement les synthèses du "contrôle technique" (interception des communications privées) et les rapports des préfets (fondés sur les comptes-rendus des Renseignements Généraux). Dans les enquêtes du Service National des Statistiques ou de la Fondation pour l'Étude des Problèmes Humains ("Fondation Alexis Carrel"), où officie alors Jean Stoetzel, les questions d'opinion ou d'attitudes qui sont posées n'abordent pas les problèmes politiques proprement dits.

Pourtant, plusieurs sources encore peu exploitées révèlent que le gouvernement de Vichy et les autorités d'occupation ont utilisé, pour suivre les variations de l'opinion publique, diverses méthodes d'enquête : envoi de chargés de mission dans les départements, recours à des réseaux fixes d'informateurs, et même sondages d'opinion stricto sensu. Parmi les pistes que l'on a identifiées, mais qui n'ont pas encore été complètement explorées par les historiens des sciences sociales, on peut citer :

  • la "mission d'inspection" d'un mois sur le moral des Français, confiée en 1940, par le maréchal Pétain, aux hommes politiques signataires du manifeste de Bergery ;
  • les propositions faites en 1940 et 1941 au gouvernement de Vichy pour la création d'organismes consacrés à l'étude du "moral des Français" par la "méthode Gallup" (Lucien Augier, Jacques Grizeaux), et la suite qui leur a été donnée ;
  • les sondages politiques réalisés en zone occupée par l'Office Français Jacques Dourdain (ses autres enquêtes par sondage étant un peu mieux connues) ;
  • le baromètre de la cote de popularité du maréchal Pétain ;
  • l'enquête sur l'écoute de la radio en "zone libre" en 1943 ;
  • les enquêtes de la Propaganda-Abteilung en zone occupée (utilisant un réseau de 948 "correspondants" français).
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