L’école sous les paillottes

Le compte rendu du Conseil des Ministres du 17 février 2016 fait état de « 4 353 salles de classe sous paillote en 2015 ». Dans un pays où les conditions climatiques sont très difficiles, notamment à cause du froid de l’harmattan, des vents violents, de la chaleur extrême et des poussières, il est difficile d’apprendre dans de bonnes conditions dans de tels locaux.

Pourtant depuis son indépendance en 1960, le Burkina Faso a identifié le secteur de l’éducation comme le socle de son développement. Plusieurs réformes et politiques éducatives ont alors été mises en œuvre. Après une période de fort taux de scolarisation durant les deux premières décennies (1960-1980), le pays a observé une période de stagnation voire de déscolarisation. En 1990, il a opté pour les objectifs d’Education Pour Tous (EPT), à la suite de la conférence de Jomtien en Thaïlande. En 1991, il s’est par ailleurs engagé dans un libéralisme économique sous l’influence des institutions de Bretton Woods, avec la mise en œuvre d’un Plan d’Ajustement Structurel (PAS). Il apparaît alors une contradiction entre des objectifs du programme EPT et un désengagement de l’Etat dans le financement des secteurs sociaux dits non productifs, l’éducation en particulier.

Pour atteindre les objectifs de Jomtien, le financement du secteur de l’éducation a été essentiellement le fait de partenaires extérieurs avec, en contrepartie, une obligation de résultat : l’amélioration des taux de scolarisation concernant l’école primaire. L’une des conséquences de cette course à la progression des taux de scolarisation a été la baisse de la qualité de l’éducation. En réalité, le pays s’est engagé dans un système de continuum éducatif en 2007. Cela implique le passage systématique entre l’école primaire et le cycle post-primaire (collège) avec la suppression des examens entre ces deux niveaux. Cette réforme est à l’origine de nombreuses contestations car les indicateurs statistiques du primaire cachent dans les faits de nombreuses insuffisances avec des enfants scolarisés dans des conditions très difficiles.

La thèse de doctorat d’Issiaka OUEDRAOGO est intitulée : « Inégalités spatiales d'éducation post-primaire et secondaire à Ouagadougou : enjeux de gouvernance et d'aménagement du territoire ». Issiaka OUEDRAOGO est par ailleurs ingénieur de recherche à l’Institut des sciences des sociétés (INSS) du Centre National de Recherche Scientifique et Technologique à Ouagadougou (CNRST).