L’adaptation théâtrale en Irlande, de 1970 à aujourd’hui
Au cours des années soixante-dix, un grand nombre d’écrivains irlandais (essentiellement des dramaturges), a adapté des œuvres théâtrales qui appartenaient à des horizons culturels étrangers à l’Irlande. Une ouverture sur d’autres mondes littéraires et scéniques n’a, en soi, rien d’original, puisque la traduction ou l’adaptation constituent des passages obligés pour certains écrivains et ce, quelle que soit l’époque ou le pays considéré. En Irlande, ce phénomène retient l’attention du fait de son fort développement à partir des années soixante-dix. En effet, les principaux dramaturges irlandais, Murphy, Friel, Kilroy, McGuinness (pour n’en citer que certains), sont entrés dans une dynamique d’écriture particulière, où l’adaptation ne se substituait pas à l’écriture d’œuvres personnelles, mais faisait cohabiter des productions originales avec des adaptations. Dans la mesure où la plupart des écrivains ne maîtrisaient pas la langue originale, leur travail s’est, en général, appuyé sur des traductions existantes. Les objectifs affichés pour cette entreprise de traduction - qui frappe par son amplitude - seront étudiés tant sur un plan individuel que collectif, en tentant de cerner, à travers les a-priori traductologiques ou leur mise en œuvre dans le processus d’adaptation, en quoi les perspectives esthétiques retenues s’avèrent signifiantes. La question des origines de l’adaptation sera posée, en cherchant à établir d’où émanait la demande (acteurs, metteurs en scène, dramaturges…), ainsi que ses implications concrètes – mise en scène et / ou publication des adaptations effectuées par les écrivains irlandais. Cette recherche impliquera la définition préalable d’un cadre traductologique, lequel permettra de mieux cerner la nature des processus mis en œuvre, sachant que la réflexion ne concernera pas uniquement le passage d’un texte à un autre, mais prendra en compte la nature théâtrale des adaptations. Cela pourra conduire à des réflexions sur le genre, ainsi que sur la réception des œuvres en Irlande et, à l’évidence, nourrira un questionnement sur la place de l’adaptation dans le paysage littéraire irlandais à la fin du vingtième siècle et au début du vingt et unième.


