Les Figures du Barbare
Relevant du cliché, du confort intellectuel qui consiste à s’ériger en modèle, se nourrissant de la réfutation de l’autre, relevant également du spectre de l'anéantissement, ou encore de la crainte d'un double diabolique, les figures du barbare, au moins métaphoriquement présentes dans toutes les sociétés, se sont diversement épanouies dans une Irlande qui, au cours de son histoire, a fait l’expérience douloureuse de l’altérité. Brandies comme modes de définition identitaires, les figures du barbare ont permis au groupe politiquement dominant de construire une image positive de lui-même, tandis que les brutalités de la domination en inversaient le référent. Nourrissant un discours traumatique de haine ou de crainte, ou s’affichant de manière moins tragique sur un plan communautaire, elles ont servi à la construction rassurante d’un ordre factice, que cet ordre soit officiel ou souterrain. Reprises, subverties ou arborées comme étendard identitaire, les figures du barbare invitent à une démarche de rejet qui, aujourd’hui encore, mérite l’attention. C’est pourquoi, toutes les composantes du discours social (politique, littéraire, iconographique, etc.) de la société irlandaise feront l’objet d’une analyse portant sur les figures du barbare, qui ont longtemps participé à sa définition.





