Réecriture et livret d'opéra dans le monde anglo-saxon

Lieu :
Début : 17 nov. 2006
Fin : 18 nov. 2006
Responsable(s) scientifique(s) : Gilles Couderc

Suivant l’exemple de l’Euridice (Florence, 1600) de Jacopo Peri et de l’Orfeo (Mantoue, 1607) de Claudio Monteverdi, qui désirent ressusciter la tragédie antique, les premiers livrets d’opéra ont recréé et récrit l’héritage gréco-romain — ses mythes, sa littérature et son histoire —, sans toujours faire preuve d’une grande originalité. Après The Siege of Rhodes de William Davenant, on considère Venus and Adonis de John Blow comme le premier opéra anglais, bientôt suivi par Dido and Aeneas d’Henry Purcell, qui conserve la trame de Virgile mais l’enrichit d’éléments empruntés à son propre patrimoine culturel, notamment à Shakespeare.

Chaque siècle a puisé dans cet héritage classique où la théogonie se mêle à l’histoire, au folklore indigène et à une tradition littéraire vivace, comme en témoignent Don Juan et Faust, entre autres. La reviviscence de ces mythes dans l’opéra du monde anglo-saxon soulève plusieurs problèmes : s’agit-il de suivre fidèlement le modèle ou de l’acclimater à des latitudes et des habitudes différentes ou de porter sur cet héritage un éclairage nouveau, plus en accord avec son temps ? Quelles intentions servent ces réécritures ? L’exaltation d’un sentiment national, la fascination pour un patrimoine culturel et la revendication d’un héritage européen, la satire de caractéristiques nationales ou étrangères, la possible insatisfaction face aux sujets contemporains, le recours au merveilleux de la fable pour combler cette lacune ? Ainsi les différentes traductions en anglais d’opéras étrangers, inspirés de ces mythes ou assimilés au canon du genre, suscitent un vaste questionnement : adaptation, transposition ou trahison ? Faire des vers nouveaux sur des sources antiques est-il inhérent aux livrets destinés au théâtre lyrique ?

Intervenants

  • Nathalie Vienne-Guerrin, (Université de Rouen),
  • Didier Bottineau (CRISCO, CNRS - Université de Caen),
  • François Laroque, (Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle), directeur du Centre de Recherches sur la Renaissance, IRIS.