L'ERIBIA: Historique, structure et thématiques.

L'ERIBIA (Equipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Îles Britanniques, l'Irlande et l'Amérique du Nord) est rattachée à l'Ecole Doctorale 558 "Histoire, Mémoire, Patrimoine, Langage" (ED HMPL Caen-Rouen-Le Havre). L'équipe exerce ses activités dans le domaine scientifique des Sciences Humaines et Sociales.

Fondée en 2007 par la fusion de deux équipes d'études anglo-américaines et irlandaises, l'ERIBIA est une organisation fédérative structurée en deux équipes internes:

  • Littératures, Images, Sociétés Anglophones (Grande-Bretagne, Amérique du Nord et autres zones anglophones) - LSA
  • Groupe de Recherches en Études Irlandaises - GREI

L'ERIBIA se donne pour mission l'étude inter- et transdisciplinaire des patrimoines et des cultures britanniques, irlandais, nord-américains et d'autres zones anglophones alliant histoire culturelle, littéraire, sociopolitique et histoire matérielle. L'Unité de recherche est structurée par un projet thématique central, susceptible d'être redéfini à chaque contrat quinquennal. Ses deux équipes internes, LSA et GREI, se fédèrent autour de ce projet, cultivant des intérêts scientifiques communs et organisant des activités transversales. Chacune de ces équipes décline la thématique centrale de chaque contrat sous la forme d'axes communs et d'axes spécifiques à leurs zones géoculturelles.

L'Unité est administrée par un Conseil de laboratoire élu, composé par au moins 15% de ses membres, et présidée par une équipe de direction. Depuis le 1er janvier 2020, l'équipe de direction est composée de Françoise BAILLET (directrice) et de Christophe GILLISSEN (directeur-adjoint). En 2020, l’ERIBIA compte 28 membres permanents dont 3 provenant d’autres établissements.

 


Thématique centrale de l’ERIBIA - Contrat 2017-2021: « MÉMOIRES CULTURELLES ANGLOPHONES : NOUVELLES PRATIQUES, CONFIGURATIONS, RÉSEAUX »

Les recherches portant sur la thématique de la mémoire ont été engagées dans le cadre du précédent contrat et poursuivies dans le présent en accord avec l’évolution des réalités culturelles et sociales, des pratiques mémoriales, des technologies de circulation et conservation des documents, ainsi que des visions et discours sur la mémoire provenant de divers domaines, de la neurobiologie à la l’histoire matérielle. La perspective sur les Mémoires Culturelles Anglophones adoptée pour le contrat 2010-2016 fut celle d’une approche dynamique des représentations de la mémoire en interaction avec des contextes culturels, sociaux, économiques. Dans un deuxième volet, pour le contrat 2017-2021, nos recherches se concentreront sur les reconfigurations des représentations de la mémoire et des formes d’histoire culturelle dans un contexte de globalisation et des nouvelles technologies.

Suscités par les enjeux interdisciplinaires déterminés par ce double contexte, nos recherches exploreront deux orientations majeures dans les paradigmes culturels du monde anglophone en rapport avec d’autres cultures (européenne, sud américaine, asiatique) :

  • des modifications produites par les déplacements et métissages de populations, les formes culturelles et discursives qu’elles ont pu engendrer
  • des mutations dans la production, circulation et conservation d’objets culturels produites par les nouvelles technologies.

Les problématiques qui s’attachent à ce questionnement portent, d’une part sur les modifications dans les récits nationaux et de l’image de la nation dans la perspective des réalités et des perceptions du multi/pluri-culturalisme ; leurs représentations dans les nouveaux récits historiques des nations et des nouvelles géographies culturelles ; leur impact sur les réalités sociales, économiques et politiques. D’autre part, une réflexion sur les liens entre formes canoniques et formes émergentes en littérature, dans les arts (culture visuelle, théâtre, danse, musique). Une attention particulière sera également portée à l’interface de la culture du livre, culture visuelle et culture sonore : représentations cinématographiques, histoire du livre et pratiques collaboratives inter-artistiques. Il s’agira de porter un regard sur ces aspects contemporains et d’interroger le rapport de ces nouvelles formes dans une perspective historique qui part du 15ème-16ème siècles pour revisiter des enjeux contemporains des grandes orientations de la culture anglo-saxonne (Renaissance, Romantisme, Transcendantalisme) et de mettre leurs modes de penser la mémoire culturelle en rapport avec des formes contemporaines.

¬  AXE commun LSA-GREI - Responsables : Armelle Parey, Amy Wells, Christophe Gillissen        

Créations, reconfigurations identitaires et formelles. Conçu comme un « atelier », cet axe explorera des formes littéraires, artistiques, du domaine musical, ainsi que des collaborations artistiques. Des formes canoniques et/ou des modèles dans la littérature et des arts seront mis en rapport avec des formes émergentes. Les manifestations organisées seront le lieu de rencontre entre écrivains, artistes, enseignants chercheurs, professionnels de la culture et étudiants en Master et doctorants dans le cadre d’un dialogue de nature à nourrir la réflexion théorique et les pratiques pédagogiques. L’ouverture vers un public plus large fait également partie de nos préoccupations, ainsi que l’interaction avec l’environnement socio-culturel, à travers des conventions avec les institutions culturelles de Caen (Le Théâtre de Caen, la Comédie de Caen, le Centre de la Danse). Une partie des interventions seront enregistrées sur la Forge Numérique et serviront de matériel documentaire pour la formation en Master et doctorat. Elles pourront également être consultées par le grand public. La suite ici.

¬  AXES EI 1  LSA (Littératures et Sociétés Anglophones)

Intermédialité / interactivité. Cet axe articulera des recherches sur la culture écrite, visuelle et sonore ainsi que sur leurs interactions, modalités de circulation et de préservation dans une perspective d’histoire culturelle et matérielle. Responsables : Anca Cristofovici, Penny Starfield

Nouveaux mondes et diasporas. Cet axe se propose d’explorer, en plusieurs volets et étapes, la place prépondérante (et, souvent contradictoire) de la question de la mémoire dans les cultures diasporiques du monde anglophone. Cet axe fait partie du réseau international Diaspolinks (conventions avec University of South Australia, Adelaide, Hawke Research Institute et l’Université d’Edimbourg). Responsable : Mickael Popelard.

LSA a déposé un projet PIA2 porté par la MRSH pour 2015-2020 sur la thématique transversale « Numérique, Société, Territoire » : « Configurations culturelles et construction de la mémoire » ainsi que projets PIA 3 en rapport avec ces deux axes.

¬  AXE EI 2  GREI  (Groupe de Recherches en études irlandaises)

• L’homme en réseau. Cette thématique peut mobiliser des travaux de recherche, notamment, sur des notions telles que les échanges de biens et de services, les flux, les mouvements de population, mais aussi les  réseaux numériques (présence de serveurs et d’entreprises de NTIC en Irlande, numérique et muséographie) ou encore des travaux dans les domaines de la littérature comparée, l’intertextualité,  ou la traductologie. Responsable : Anne-Catherine de Bouvier.

• Modèle(s). Un travail sur cette thématique pourrait se décliner de plusieurs manières – modèles, modèles alternatifs, contre-modèles – et s’insérer dans une problématique mémoire-patrimoine, en considérant par exemple les manières dont le legs de l’histoire, de l’historiographie, de la littérature ou de la théorie peut être un modèle, potentiellement contraignant, dont on pourrait être tenté de se libérer, en réécrivant l’histoire, en proposant des relectures alternatives, ou en le rejetant. L’on pourrait également s’interroger sur la façon dont un modèle se construit, s’impose dans la mémoire collective et individuelle, et se propage, pour devenir une composante du patrimoine, du bien commun. La notion peut aussi être abordée en tant que pôle d’attraction ou de répulsion, de facteur de convergence ou de divergence. Responsable : Christophe Gillissen.

Les axes des EI 1 et EI 2 seront explorés de manière transversale et en lien direct avec l’axe « Créations, reconfigurations identitaires et formelles ». La diaspora irlandaise (en Amérique du Nord, mais aussi en Australie) fera aussi l’objet d’une approche transversale avec GREI. Nous insistons sur l’importance de cet axe commun, car l’étude de l’histoire culturelle, matérielle et la réflexion théorique que nous nous proposons de poursuivre dans les axes spécifiques découle de l’exploration attentive de corpus canoniques ou émergents.