Lignages et pouvoirs dans l'empire ibérique XVe - XVIIIe siècles_3

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Début : 10/02/2017 - 14:00
Fin : 10/02/2017 - 17:30
Responsable(s) scientifique(s) : Juan Carlos D’Amico, Manuela-Águeda Garcia -Garrido, Alain Hugon, Alexandra Merle , Alejandra Testino-Zafiropoulos

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Intervention :

Entre Venise et l’Empire. La noblesse du Frioul et les opportunités de la frontière à l’époque moderne
Laura CASELLA (Università di Udine)

Cette conférence s’intéresse au Frioul, région frontalière entre les territoires de la République de Venise et ceux de l’Empire des Habsbourg, et plus précisément au comté de Gorizia, qui fut inclus dans les domaines de l’ « Autriche intérieure » depuis l’époque de Maximilien Ier. Sur ce territoire, dont la frontière n’est pas fixée avec précision et qui est le théâtre de tensions politiques incessantes au cours de l’époque moderne, il s’agit d’analyser l’attitude et les stratégies mises en place par la noblesse locale, désireuse de sauvegarder ses intérêts.

Alors que l’étude des actes des « Stati provinciali goriziani » (assemblée des Etats du comté de Gorizia) fait apparaître une série d’interdictions et de restrictions liées au problème posé par la présence de Vénitiens dans le comté, les études menées sur les patrimoines des familles révèlent une tension entre normes et pratiques. Ainsi, en dépit des interdictions répétées (dès le XVIe siècle, puis après la fin de la Guerre des Uscoques au XVIIe siècle), portant sur la possession de biens immobiliers par des Vénitiens, il est prouvé que les alliances matrimoniales et le versement des dots qui en découlaient allaient à l’encontre des interdictions. L’histoire des familles et de leurs stratégies patrimoniales conduit donc à nuancer considérablement les visions imposées par les historiographies nationales, de part et d’autre de la frontière.

L’exposé propose dans sa dernière partie les premières conclusions d’une recherche portant sur un écrit appartenant au domaine du for privé, un petit journal rédigé par une femme liée à la famille Degrazia, établie dans le comté de Gorizia au XVIe siècle, et évoquant divers événements familiaux ou de portée politique et économique plus ample survenus entre 1541 et 1591. Il s’agit de mettre en lumière les possibilités de renouvellement des études historiques par l’exploitation d’un matériau nouveau, qui ouvre aussi vers les études de « genre ».