Séminaires ERIBIA

 

ÉCRIVAINES IRLANDAISES

MRSH, Salle des Actes (027), 5-6 novembre 2010

 

Responsables scientifiques : Bertrand CARDIN (GREI) et Sylvie MIKOWSKI (CIRLEP Université de Reims Champagne-Ardenne, membre associé du GREI).

 

Ce colloque repose sur l'observation d'une tendance récente de la critique irlandaise et anglo-irlandaise consistant à substituer la question de l'identité sexuelle à celle de l'identité nationale. La publication, il y a quelques années, des volumes V et VI de la Field Day Anthology of Irish Writing entièrement consacrés aux écrits de femmes, fut le premier signe d'un intérêt croissant, en Irlande et dans le monde, pour un champ de recherche à première vue conventionnel, mais en réalité peu exploré hors de la sphère anglophone. Il est important à nos yeux qu'un groupe de chercheurs français apporte sa contribution à l'essor de ce champ critique et se confronte aux pratiques internationales : en effet, la France se démarque fortement de la tradition des Gender Studies ou des Feminist Studies, en cours depuis de nombreuses années dans les universités américaines, britanniques ou irlandaises. Repoussant tout a priori militant, tout enfermement dans des catégories pré-établies ou toute conception essentialiste de l'identité féminine, ce projet se veut une expérience de recherche empirique. Il s'agit de retenir comme seul critère de sélection des textes de toute nature, produits par une femme irlandaise, quelle que soit l'époque, et de les étudier à l'aide d'outils analytiques ou interprétatifs - poétique, narratologie, stylistique, sémiologie, sociologie, psychanalyse, historiographie, etc. L'objectif est de s'interroger sur les rapports qu'entretiennent les écrivaines avec leur identité féminine, de se demander dans quelle mesure celle-ci joue un rôle dans le processus de création, et de quelle manière elle s'inscrit dans leurs écrits. Il peut être, au contraire, de constater comment cette identité est maintenue à distance, ou pourquoi il convient d'ignorer la différence sexuelle dans la lecture. Les participants à ce projet sont invités à s'interroger sur l'existence d'un rapport entre identité sexuée et création littéraire, sur l'articulation entre genre et nationalité, sur l'écrit comme lieu privilégié où se ré-élabore l'imaginaire de la différence sexuelle.

Les actes de ce colloque seront publiés aux PUC.

 

CAN LITERATURE AND THE ARTS BE IRENIC?

MRSH, Salles des Actes (027) 18-19 novembre 2010

Responsables scientifiques : Jennifer Kilgore Cadarec et Claire Bowen (LSA)

 

Ce colloque international posera la question de l'influence de la littérature et des arts sur une pensée pacifiste. La littérature, peut-elle, et les arts, peuvent-ils être iréniques ? Peuvent-ils promouvoir la paix ? Comment fonctionnent-ils pour enrichir la mémoire ? Ont-ils un rôle dans la formulation de l'avis du public ? Quels effets produisent-ils sur la politique ? Comment sont-ils effectifs pour aider à résister contre la tyrannie ? Les intervenants donneront des exemples spécifiques littéraires (poésie, théâtre, fiction) ou artistiques (musique, peinture, sculpture, photographie, film, etc.).

LA PRATIQUE DE LA COLLABORATION ET LE LIVRE D'ARTISTE

MRSH, Salle des Actes (027) et Salle des thèses (028), 30 mars-1er avril

Maison de la Poésie, Paris (2 avril 2011),

 

Responsables scientifiques : Anca Cristofovici, Barbara Montefalcone (LSA) ; Abigail Lang (LARCA, Université Paris 7), Olivier Brossard et Vincent Broqua (Université Paris 12 Créteil), coordinateurs de l'Association Double Change (Conseil Régional Ile-de-France)

À partir des recherches de Barbara Montefalcone, portant sur les collaborations du poète américain Robert Creeley avec des artistes américains sur une durée de 40 ans, ce colloque international se propose d'explorer la tradition de la pratique collaborative entre écrivains et artistes dans une perspective transatlantique. Né en France, le livre d'artiste est connu aux Etats-Unis à travers les écrivains et artistes émigrés pendant la deuxième guerre mondiale. Dans la culture américaine, il prend de nouvelles formes, dont certaines se retrouvent dans des pratiques collaboratives européennes actuelles.

Le colloque abordera aussi des questions liées à l'édition du livre d'artiste, aux manières de l'exposer et de le conserver, ainsi qu'aux possibilités offertes par les nouvelles technologies dans ces trois domaines.

Participation internationale (Etats-Unis, Canada, Italie, Allemagne).

Invités : écrivains et artistes américains ayant collaboré pour la réalisation de livres d'artiste (Charles Bernstein, Bill Berkson, Raphael Rubinstein, Vincent Katz, Susan Bee), éditeurs (Gervais Jassaud, Bertrand Gervais), conservateurs de fonds spéciaux (musées et bibliothèques : Constance Lewallen, Musée d'Art de l'Université de Berkeley, Antoine Coron, BNF).

La clôture du colloque prévoit une lecture de poésie à la Maison de la Poésie, à Paris.

Le colloque, financé grâce à une bourse de la Terra Foundation for American Art, donnera lieu à une publication en ligne et à la réalisation d'un CDRom.

 

L'INACHEVÉ

MRSH, Salle des Actes (027), 9-10 décembre 2011

Responsables scientifiques : François Gallix (professeur émérite à l'Université Paris 4-Sorbonne et codirecteur de l'ERCLA : Ecritures du Roman Contemporain de Langue Anglaise), Armelle Parey (LSA), Isabelle Roblin (Université du Littoral)

 

Ce colloque sur les récits incomplets s'inscrit tout naturellement dans le droit fil de la thématique des ‘happy endings' développée par le colloque organisé par ERIBIA en 2009.

Le point de départ est l'artificialité de toute fin et de tout début d'une œuvre artistique. Il s'agira de faire le point sur l'existence de nombreux récits incomplets et du sort qui leur est réservé : ils peuvent, soit être publiés tels quels, soit être terminés par d'autres auteurs. Les exemples canoniques abondent et ce thème, récemment abordé par la critique, est dans l'air du temps, comme le montre, par exemple la publication posthume de The Original of Laura. A Novel in fragments, de Vladimir Nabokov. On se souvient également de The Mystery of Edwin Drood, que la mort empêcha Charles Dickens de terminer, l'auteur arrêtant son texte à la sixième livraison, une fin ayant été écrite plus tard par Leon Garfield, une autre par Dan Simons.

Cette thématique interdisciplinaire est très fédératrice et permettra d'aborder de nombreux aspects de l'inachevé, notamment les suites, le pastiche, les réécritures, les nègres littéraires, les copies, les apocryphes, le plagiat, les blogs littéraires, la peinture, le cinéma, les remakes, l'aspect juridique : la protection de la propriété littéraire.