ARCHEAN La gestion numérique de la documentation complexe. Les enjeux scientifique et documentaire de la publication numérique des données de fouilles. Un cas d’école : les fouilles du hameau Trainecourt à Grentheville.

ARCHEAN est un projet du RIN CORNUM, visant à publier en ligne et pour la première fois les études archéologiques réalisées sur le site de Trainecourt (fouillé entre 1987 et 1994 sous la direction de Claude Lorren puis de Marie-Claude Taupin), à Grentheville dans le Calvados. Le but étant de rendre compte de l’évolution du travail scientifique, de la proposition initiale à la proposition vérifiée.


Direction scientifique Planche 20 ©Jean-MarcRichard

Claire Hanusse, Centre Michel de Boüard, Craham UMR 6273
Pierre-Yves Buard, Pôle Document numérique, MRSH Caen

Partenaires

  • CRAHAM (UMR 6273)
  • Pôle Document numérique, MRSH, Caen
  • Consortium MASA, TGIR Huma-Num

 


Un terrain d'expérimentation

Le site de Trainecourt, situé en périphérie de Caen, est un hameau médiéval dont la période d'occupation principale s'étend du XIIe siècle au XVe siècle. Les 70 unités qui le composent, regroupant plus de 90 bâtiments, ont connu des phases d’occupation successives dont la croissance maximale est atteinte à la fin du XIIIe siècle suivie d'une décroissance jusqu’à la désertion totale de l'habitat à l'aube de l'Époque moderne. Cette fouille exhaustive a fait l’objet de rapports de fouilles totalisant plus de 800 pages, jamais publiés. Cette version numérique a pour objectif de rassembler et de présenter la documentation d’origine (rapports de fouilles, photographies, inventaires du mobilier, etc.) ainsi que la reprise des données et leur analyse par les archéologues en charge du projet. Le récolement de la documentation et les études archéologiques complémentaires sont effectués avec le soutien du Service régional de l'archéologie de Normandie (ministère de la Culture et de la communication) dans le cadre d'un projet collectif de recherche « PCR Trainecourt » coordonné par Claire Hanusse (CRAHAM UMR 6273).

L’interface en ligne permettra la consultation dynamique du site de Trainecourt via un système cartographique et spatial. Les données textuelles (rapports de fouilles, articles d’analyse, etc.) seront enrichies de plusieurs outils de recherche et d'analyse tandis que les photographies et dessins seront accessibles par une visionneuse.

Un projet innovant

Ce projet doit permettre aux archéologues d’acquérir une méthodologie et un outillage numérique de haut niveau, permettant la production de bases de connaissances interopérables et la valorisation large et ouverte des travaux scientifiques. La production d’outils et de process génériques donne au projet son caractère innovant au-delà du cas particulier de l’archéologie. La réflexion conduite dans le cadre des travaux du Consortium MASA (TGIR Huma-Num) doit permettre de dégager une solution d’interopérabilité fondée sur la modélisation d’une ontologie des bases de données archéologiques permettant de dépasser les spécificités des outils de gestion initiale.

C’est un enjeu central du champ disciplinaire qui fait face à une accumulation de données issues des opérations de terrain, ce qui implique de penser des solutions intégrant, dès la phase de terrain, l’enregistrement des données dans la perspective de leur formalisation favorisant l’éditorialisation, imprimée et/ou numérique des résultats, s’inspirant de l’archéologie théorique et du schéma logiciste développés par J.-C. Gardin. La pérennisation des données dans l’outil NAKALA (entrepôt sécurisé qui assure à la fois l'accessibilité aux données et leur citabilité dans le temps) mis à disposition par le TGIR Huma-Num, est inscrit par ailleurs dans la réflexion globale du Consortium MASA.

Le projet est donc fondé sur l’approfondissement dans le champ de l’archéologie du partenariat avec le pôle Document numérique. Il a pour objectif de poursuivre la collaboration avec les équipes de recherche impliquées dans le Consortium MASA (TGIR Huma-Num). Ce projet met également en jeu les partenariats naturels dans le champ de l’archéologie que sont le Service régional de l’archéologie de Normandie, déjà engagé dans le cadre du PCR Trainecourt qu’il finance, et le musée de Normandie à Caen comme détenteur des collections issues du site de Trainecourt.