Bases de données, programmes

CIMARCONET (inscription maritime)

Ce programme se rattache à l’un des points forts de l’équipe de chercheurs en études maritimes que compte le CRHQ : l’histoire socio-professionnelle des « gens de mer ». Il s’appuie sur ce qui constitue une des richesses archivistiques de la France : les fonds de l’Inscription maritime. Rattachée à la marine de guerre, l’administration de l’Inscription Maritime a eu, durant trois siècles, de Colbert à De Gaulle, la tutelle sur tous les professionnels de la navigation maritime civile (marine marchande, pêche) – au nom du service militaire que devaient ces professionnels. D’où la tenue rigoureuse de rôles d’équipage et, surtout, de registres-matricules contenant des renseignements sur les intéressés et sur leur carrière « à la mer » : une ressource documentaire sans véritable équivalent à l’étranger, et très rare concernant une population de travailleurs manuels, qui plus est dès l’époque moderne.

EGO / écrits de Guerre et d’occupation (1939-1945)

La base de données « Écrits de Guerre et d’Occupation » est destinée à recenser de façon exhaustive l’ensemble des témoignages, récits, carnets, journaux intimes et mémoires, concernant la France et les Français durant la Seconde Guerre mondiale, publiés de 1939 jusqu’à nos jours. Alors que pour la guerre 1914-1918, les témoignages publiés se rapportent, dans leur écrasante majorité, à la seule expérience combattante des « poilus », le conflit 1939-1945 a été marqué par une vaste pluralité de destins, choisis ou subis, au gré des événements et des individus. La base EGO 1939-1945 permet à la fois de recenser tous ces témoignages et de les (re)découvrir.
EGO 1939-1945 a vocation à être un outil au service du public et des chercheurs. Qu’il s’agisse de trouver une information précise ou d’établir des corpus, il offre la possibilité de repérer et de regrouper les témoignages en fonction du statut des auteurs (soldat, prisonnier de guerre, résistant, interné, déporté, etc.), de leur profession (écrivain, journaliste, homme politique, etc.), du genre littéraire (récit, journal ou carnet, conférence, poésie, etc.) ou encore des thématiques générales (opérations militaires, déportation, persécution raciale, captivité, etc.).

La Gazette de Renaudot

La Gazette fondée par Théophraste Renaudot en 1631 appartient aux corpus massifs et méconnus de la presse d’Ancien Régime. Elle fait ici l’objet d’une instrumentation électronique selon le paradigme d’Arcane : deux milles pages des années 1683, 1685 et 1689 sont consultables à la fois en mode texte et image selon un protocole de lecture au libre choix du lecteur, par date, localité, thème, mot, sujet.

Dominée par l’actualité internationale, la Gazette rend abondamment compte de deux événements majeurs de la vie politique européenne : en 1683, le siège de Vienne, scruté par les espions et diplomates français, suivi de la longue reconquête de la plaine danubienne ; en 1689, la Glorieuse Révolution et son cortège de notions politiques nouvelles.

MONTEDITE (édition en ligne des Pensées de Montesquieu)

Montesquieu, soucieux de réunir par des voies très diverses, une somme d’informations qui alimentent sa réflexion, a constitué, une trentaine d’années durant, un recueil manuscrit en trois volumes dans lequel il a consigné librement des notes provenant de ses lectures, de ses rencontres, de ses expériences, de ses conversations avec des tiers : les Pensées, cahiers qui accompagnent la rédaction de ses œuvres. L’une des fonctions du recueil est de placer en attente des remarques diverses qui ont été ensuite utilisées dans des œuvres imprimées ou qui, au contraire, n’ont pas trouvé d’utilisation. Les écritures des secrétaires de Montesquieu permettent de déterminer les périodes de consignation des divers fragments dans ce recueil et apportent des informations essentielles sur la chronologie de sa documentation et l’élaboration de ses ouvrages.

Cette édition électronique des Pensées de Montesquieu place en vis-à-vis l’image du manuscrit et une nouvelle transcription offrant un déchiffrement plus complet des parties biffées ou abîmées grâce à un travail sur les images numériques, enrichie d’informations sur les écritures. Elle constitue donc un instrument irremplaçable pour comprendre la chronologie du recueil, véritable « laboratoire de l’œuvre ».

Mémorial des victimes civiles

Le nombre des morts civils de la Bataille de Normandie est mal connu et a fait l'objet de longues controverses. Des chiffres ont circulé, sans que l'on en connaisse l'origine, allant en se gonflant ou en se dégonflant au fil des décennies.

L’idée d’une enquête a germé, en 1988, sous l’impulsion de Madame Jacqueline Wurmlinger, parmi les étudiants de l’antenne de Caen de l’Université inter-âges. Le Mémorial de Caen et le Centre de Recherche d’Histoire Quantitative (CRHQ) apportèrent immédiatement leur soutien et leur expertise scientifique à cette initiative. Au départ, seul le département du Calvados devait être étudié, peu après le CRHQ décidait d’étendre l’enquête aux départements de la Manche et de l'Orne enfin à la Haute Normandie avec l'université de Rouen (CRHCT-IRED).

Hommes et loups : 2000 ans d’histoire

Des siècles durant, le loup a cohabité avec l'homme. Sur un même territoire, homme et loup se sont  longtemps affrontés dans une lutte sans merci. Dans l'histoire de l'Europe, le loup a été considéré comme le premier ennemi de l'homme et la peur de l'animal s'est ancrée dans notre patrimoine culturel. Contre lui la France, mais aussi l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni et la plupart des États européens se sont mobilisés. Parmi les raisons de cette hostilité et de la peur que le loup a suscitée, il faut mettre en premier les attaques du prédateur sur le bétail domestique, qui ont porté un préjudice à de nombreux secteurs de l'économie, au-delà même de l'agriculture, jusqu'au XIXe siècle. Mais il ne faut pas occulter pour autant les attaques du loup sur l'homme en personne, qui ne tiennent pas de la légende : leur réalité a longtemps été effective et toujours dramatique bien qu'inégale dans le temps comme dans l'espace.

CURR (Cultures des Révoltes et Révolutions)

Depuis la grande crise démographique et économique du XIVe siècle qui traversa l’Europe à la fin du moyen-âge, et jusqu’aux premières secousses révolutionnaires du XVIIIe siècle, de nombreux soulèvements populaires ébranlèrent la plupart des principautés, royaumes et empires du vieux monde chrétien européen. Jacqueries paysannes, soulèvements antiseigneuriaux, émeutes urbaines et révoltes millénaristes, puritaines, voire prophétiques comme celle des camisards, mirent en mouvement des millions d’hommes qui prirent la parole, contestèrent et, parfois, s’armèrent et s’insurgèrent contre les pouvoirs établis : ils rompaient ainsi avec la norme politique, législative et parfois religieuse de leur société.