Pouvoirs, régulation, conflits - Thématiques de recherche

  1. Un premier chantier porte sur la conception et de la fabrique du droit et des règles avec l’étude des projets politiques de l’abbé Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre (1658-1743), en complément à l’édition numérique de ses œuvres. Il alimente la réflexion à propos du droit naturel dans une perspective d’histoire de la pensée politique, économique et juridique (Carole Dornier).
  2. En élargissant ces perspectives, il s’agit d’interroger à nouveaux frais l’histoire des manières de faire et de concevoir la paix, dans la longue durée et dans une perspective à la fois transnationale et comparative. Plus particulièrement il s’agit d’étudier la paix non pas comme une valeur en soi, mais au contraire de la concevoir à l’intérieur d’un ordre global avec ses implications politiques, économiques, juridiques, culturelles, et avant tout géostratégiques (Thomas Hippler, François Rouquet).
  3. Un troisième chantier intègre l’invention et la diffusion de nouvelles normes juridiques par une étroite relation entre les rapports sociaux et les pratiques sociales au sein du champ culturel : comment les directeurs, les éditeurs, les auteurs, les comédiens, les artistes s’approprient-ils la nouvelle norme libérale ? De quelle manière contribuent-ils à son élaboration, à sa diffusion ? Corpus des écrits juridiques, politiques et économiques produits par, sur et pour les acteurs de la vie culturelle (Stéphanie Loncle).
  4. Un quatrième chantier est consacré à la régulation ordinaire et la perpétuation de l’ordre par le recours à l’institution policière et par l’examen des contextes historiques et des interactions entre les pratiques sociales et leur perception par les pouvoirs, par exemple dans les villes du XVIIIe et du XIXe siècle. Cela se traduit par les rapports avec la police sanitaire, avec celle des ports, de la prostitution et des jeux (Vincent Milliot).
  5. Un cinquième chantier traite des insurrections urbaines en tenant compte de leurs spécificités socio-spatiales et des dimensions culturelles qui leur sont propre : marginalisation, souverainetés fragmentés, mémoires éclatées, variétés des répertoires d’action collectifs,  et formation de concepts idéologiques liée à l’affrontement issu de ces soulèvements urbains tels que les binômes citadin/citoyen, ou intégration/exclusion, etc. (Alain Hugon) se trouvent au cœur des recherches. Au sein des villes, l’implantation et la destruction de monuments commémoratifs (« mémoire pétrifiée » des soulèvements selon Heiner Müller) souligne un des aspects spatiaux de la culture des insurrections.
  6. Enfin, l’étude de la Seconde Guerre mondiale, de l’occupation et de la libération constitue l’un des points forts du laboratoire. Les recherches actuelles dans ce domaine se focalisent notamment sur la répression, notamment à partir de fonds judiciaires allemands, sur l’épuration, sur le débarquement en Normandie (Gaël Eismann, François Rouquet).