Cette conférence a eu lieu dans le cadre de la 3ème rencontre franco-italienne, intitulée « La géographie sociale, le temps, le paysage » organisée par l'équipe ESO - Caen (Espaces et Sociétés - UMR 6590), qui s'est déroulée du 25 au 27 mars 2010 à la MRSH de Caen.
Résumé de la conférence
Dans les trois registres de l'étymologie, de la sémantique et de la cognition, le paysage renvoie au territoire, au lieu, au pays... Loin de constituer une réalité autonome, relevant strictement d'un environnement objectivé ou d'une psyché fermée sur elle-même, le paysage est un phénomène relationnel, une trajection au sens d'Augustin Berque. En tant que tension d'un sujet vers l'espace, il participe forcément d'une solide construction sociale. D'une part, le sujet, y compris psychologique, n'est jamais indemne de structuration contextuelle. D'autre part, la représentation paysagère s'inscrit toujours dans une substance environnementale socialement constituée. A ce double titre, le paysage relève donc bien, de manière privilégiée, d'une perspective de géographie sociale.
D'un point de vue méthodologique, l'enquête-entretien permet de mettre en évidence des territorialités individuelles qui se calquent sur l'expérience tant sociale que géographique des personnes interrogées.Ces territorialités renvoient en général à des combinaisons territoriales peu nombreuses, collectivement élaborées. Au même titre que les objets patrimoniaux, les paysages constituent des médiations symboliques, résolument identitaires, du rapport des individus et de leurs groupes aux territoires qu'ils s'approprient et qu'ils vivent. L'identité ainsi produite fait l'objet de multiples manipulations idéologiques et politiques qui créent, éventuellement, de l'exclusion sociale.
Guy Di Méo
Riassunto della conferenza
Geografia sociale, identità e paesaggio: un'applicazione al Béarn (Francia)
Nei tre registri dell'etimologia, della semantica e della cognizione, il paesaggio rimanda al territorio, al luogo, al paese... Lungi dal costituire una realtà autonoma, strettamente riferibile a un ambiente oggettivato o a una psiche chiusa su se stessa, il paesaggio è un fenomeno relazionale, una «trajection» nei termini di Augustin Berque. In quanto tensione di un soggetto verso lo spazio, il paesaggio è partecipe, per forza di cose, di una solida costruzione sociale. Per un verso, il soggetto - compreso il piano psicologico - non è mai avulso da una strutturazione contestuale. D'altra parte, la rappresentazione paesaggistica s'inscrive sempre in una sostanza ambientale socialmente costituita. Da entrambi questi punti di vista, il paesaggio va dunque riferito, e in maniera prevalente, a una prospettiva di geografia sociale.
Da un punto di vista metodologico, l'indagine-intervista permette di evidenziare territorialità individuali che si modellano sull'esperienza, tanto sociale quanto geografica, degli intervistati. Queste territorialità rimandano, in generale, a un piccolo numero di combinazioni territoriali elaborate collettivamente. Come gli oggetti patrimoniali, i paesaggi costituiscono mediazioni simboliche, decisamente identitarie, del rapporto tra gli individui con i loro raggruppamenti e i territori di cui si appropriano e che vivono. L'identità così prodotta è oggetto di molteplici manipolazioni ideologiche e politiche che possono produrre esclusione sociale.
Guy Di Méo
Traduzione Isabelle Dumont



