A l'heure où il est question de réformer le droit commun des obligations, en particulier le contrat, il est intéressant de se pencher sur les relations qu'entretiennent les contrats spéciaux avec la théorie générale du contrat.
On peut observer que les contrats spéciaux nommés par le Code civil,
tels que la vente, l’échange, le louage, la société, le prêt, le mandat
n’ont pas été modifiés en profondeur depuis le Code Napoléon. Pourtant
ils ont connus des mutations, mais celles-ci se sont la plupart du temps
opérées en dehors du Code civil, notamment dans le Code la consommation
ou le Code de commerce. Chaque catégorie de contrat spécial a ainsi
donné lieu à plusieurs « sous » contrats spéciaux. Dès lors, ces
différents contrats ont-ils encore suffisamment de points communs pour
appartenir à la même catégorie ? Les ventes ou les baux doivent-ils être
regroupés en raison de la qualification commune retenue par le Code
civil ou en fonction d’autres critères comme la qualité du contractant
ou la nature du droit ou bien objet du contrat ? Il faut notamment
s’interroger sur les rapports du droit de la consommation avec le droit
des contrats spéciaux. Il faut alors se demander
si, à côté de la théorie générale du contrat, il n’y a pas la place
pour une théorie générale des contrats spéciaux ou à tout le moins une
théorie générale pour chaque catégorie de contrat spécial. D’autant qu’a
émergé un droit spécial des contrats spéciaux qui est presque devenu le
droit commun dans certains domaines et que ce droit spécial inspire,
voire influence le droit commun des contrats.

