Les services gratuits du web entre empowerment et hégémonie : contradictions et régulations de l’économie collaborative

Lieu : Amphi Jean Jacquet, Bât. L (anciennement Sciences E)
Début : 03/03/2017 - 14:15
Fin : 03/03/2017 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Cécile Dolbeau-Bandin, Vassili Rivron, Philippe Chanial

 


Programme :

14h30-15h20 : Serge Proulx (professeur émérite, Université du Québec à Montréal), 

        « Partage, digital labor et surveillance au temps du numérique : pratiques paradoxales du capitalisme informationnel »

15h20-15h40     Discussions

15h40-15h50     Pause

15h50-16h30 : Vassili Rivron (maître de conférences CERReV-Unicaen / Inria), 
        « Sites d’information et bloqueurs de publicité : intermédiaires de l’auto-régulation publicitaire dans le champ journalistique »

16h40-17h00     Discussions


 Présentation des interventions :

Partage, digital labor et surveillance au temps du numérique :
pratiques paradoxales du capitalisme informationnel

Serge Proulx (professeur émérite, Université du Québec à Montréal)

Résumé : Nous souhaitons décrire et articuler trois types de pratiques connectées, qui prennent toujours davantage d’importance aujourd’hui : pratiques dites de partage qui ouvrent vers les contradictions du modèle de l’économie collaborative ; pratiques dites de digital labor qui mettent en scène diverses formes de travail invisible constituant le back store de l’organisation de l’économie numérique ; pratiques de surveillance qui se déploient à de multiples niveaux (sousveillance entre internautes et vis-à-vis des contrôleurs des plateformes ; surveillance organisationnelle et commerciale de la part des entreprises géantes de l’Internet sur leurs clients ; surveillance étatique de masse exercée sur les bases de données de ces entreprises et sur la vie privée des individus ; surveillance internationale et hacking entre États et entre organisations).

Nous chercherons à mettre en relief les conséquences et la dimension paradoxale de ces diverses pratiques connectées. Le défi analytique consiste à tenter de penser ensemble ces diverses pratiques. Ce qui veut dire qu’il nous faut chercher à identifier la totalité sous-jacente à l’ensemble de ces pratiques. Nous formulons l’hypothèse que ce sont les formes contemporaines du capitalisme – financier, prosumer, informationnel et cognitif – qui constituent cette nouvelle totalité dont il faut non seulement analyser le fonctionnement mais aussi penser en même temps les alternatives, de manière à pouvoir identifier la capacité d’agir citoyenne dans un tel contexte.

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Sites d’information et bloqueurs de publicité :  
intermédiaires de l’auto-régulation publicitaire dans le champ journalistique

Vassili Rivron (maître de conférences, CERRev - Unicaen / Inria)

Résumé : L’accès dit gratuit aux contenus journalistiques sur la plupart des sites de presse impose aux utilisateurs des contreparties sous la forme de publicités et de dispositifs de surveillance (cookiestrackers). L’évolution rapide des ressources techniques, des pratiques commerciales et des stratégies de résistance de la part des usagers, configurent des formes originales d’intermédiation et de régulation du secteur.  Des rapports conflictuels ont éclaté publiquement en 2016 dans ce marché biface, opposant publicitaires, sites de presse français et logiciels de blocage de publicités (adblockers). Ils ont mis en avant l'impact économique du recours massif aux adblockers et relancé le débat sur la place de la publicité dans l’économie des contenus dits gratuits. 

Le succès des adblockers a  constitué – à côté des mesures d’audience, études de marché et autres analytics –, une nouvelle façon de représenter les publics, leurs rapports aux contenus éditoriaux, à la publicité et à la collecte de données personnelles. Et leur usage massif objective une résistance forte des usagers du web face à ce qui est perçu comme des dérives de la dérégulation de la publicité sur les supports en ligne. Nous montrerons comment ce succès a contribué à imposer aux éditeurs comme aux publicitaires, les notions de “publicité raisonnée”, ou du moins de “publicité acceptable”, qui sont devenues aujourd’hui des arguments d’image et de vente, et dont certains adblockers tentent de s’ériger en garants.

 

 

Entrée libre.