Présentation

Le CERReV est une Equipe d'Accueil labellisée de l'Université de Caen Normandie (EA 3918), intégrée au sein des laboratoires de la MRSH (USR 3486 CNRS) - Campus 1.

Co-Direction :

  • Directeur : Philippe CHANIAL, Professeur des Universités en Sociologie                                         
  • Directrice : Agnès SALINAS, Maître de Conférences HDR en Psychologie

Objet des travaux de recherche :

L'objectif du CERReV est d'analyser dans une perspective pluri et interdisciplinaire (sociologie, anthropologie, psychologie, infocom, santé publique…) les risques et les vulnérabilités individuels et/ou collectifs dans les sociétés contemporaines qu'elles soient occidentales ou non. Les travaux du Centre d'Etude et de Recherche sur les Risques et les Vulnérabilités (C.E.R.R.e.V.) sont organisés selon trois axes de recherche :
  • Transition Écologique et Recherches sur les Risques et l'Environnement (TERRE) :
    (co-responsables : Michelle DOBRE & Frédérick LEMARCHAND).
     
  • Vulnérabilités sociales, Inégalités, Dominations :
    (co-responsables : Hélène MARCHE & Pauline SEILLER).
     
  • Subjectivation, Relation et Institution :

    (co-responsables : Sylvain PASQUIER & Manuel TOSTAIN).

ü  Axe TERRE : Transition Ecologique et Recherches sur les Risques et l'Environnement
La question de la vulnérabilité a partie liée avec celle des risques, notion que les chercheurs inscrits dans cet axe déclinent selon différents aspects dans leurs projets de recherche. Les risques techniques et scientifiques (nucléaire, nouvelles technologies, catastrophes naturelles, médecine etc.) sont souvent indissociables des risques écologiques associés aux pollutions d’origine industrielle ou agricole et au déclin de la biodiversité. Leur traitement social soulève des questions fondamentales touchant, en particulier, aux nouvelles formes de démocratie engageant des acteurs du changement, des institutions, des définitions de l’éthique. Les chercheurs de l’axe TERRE abordent les problématiques environnementales dans la société française et les changements qu’elles annoncent, en premier lieu, sur la base de questionnements théoriques sur les frontières conceptuelles en sociologie de l’environnement (objet, définitions, manuels, épistémologie). Empiriquement, ils analysent sur leurs terrains tant les pratiques des agriculteurs, des industriels, des scientifiques, des citoyens à l’égard de l’environnement que les formes que prend une transition écologique confrontée à de nombreux obstacles socioéconomiques, mais déjà engagée aussi vers des conversions productives, des secteurs alternatifs, des formes de décroissance, etc. Ils s’intéressent également à la transformation des modes de vie et des pratiques sociales  de consommation, aux styles de vie alternatifs et aux pratiques quotidiennes hédonistes ou de résistance, etc. Enfin, leur champ concerne aussi la production sociale des normes environnementales (et leurs transgressions) et l’activité des lobbies, l’étude prospective d’une société post-carbone, l’éthique et la santé environnementales.
Les chercheurs de l’axe TERRE, identifiés comme étant des acteurs clé en région de la réflexion sur le développement, ont déjà été impliqués dans ​de nombreux projets de recherche (thèse financée sur les Énergies Marines Renouvelables ; recherche Interreg sur les littoraux et les changements côtiers, ​projets de recherche financés par l'ADEME, le Ministère de l'écologie, ​etc.) ainsi que dans ​des démarche​s​ de prospective​ nationale (post-carbone à l'horizon 2050-PROMOV, Cnrs) et ​ territoriale​,​ afin d’analyser les conditions des mutations à venir.Le projet TETHYS ​2017-2020 ​financé par l'ANR mobilise plusieurs chercheurs de l'axe sur la question de la transition énergétique​ et les usages sociaux de l'hydrogène.L’axe pourra ainsi mobiliser dans les années à venir l’ensemble de son potentiel pluridisciplinaire de recherche à travers le réseau GREEMAR (Groupe de REcherche sur les Énergies MArines Renouvelables) nouvellement constitué qui fédère l’ensemble des équipes de recherche de l’Université de Caen impliquées dans la démarche, ou encore le CPER Manche et le consortium EHD 2020 (Energie Hydro Data 2020) dont le Pôle Risques assurera la compétence SHS par le pilotage d’un groupe de travail spécifique.​
ü  Axe : Vulnérabilités sociales, Inégalités, Dominations
Au sein de cet axe, les chercheurs-ses mènent des recherches sur les vulnérabilités et fragilités sociales, sur la stratification sociale et les inégalités, ainsi que sur les rapports sociaux et dominations, en s’intéressant à l’expérience des groupes et acteurs sociaux via des travaux empiriques. Le projet de cet axe est, en premier lieu, de rendre compte de la manière dont les inégalités (de sexe, de classe, d’inégalités ethnoraciales, mais aussi générationnelles ou territoriales) traversent différentes sphères du monde social (santé, école, travail, religion, par exemple), prennent des formes renouvelées et segmentent les groupes sociaux. Ses travaux permettent d’étudier les interactions et cumul des inégalités en pensant, entre autres, l’intersectionnalité. Il s’agit parallèlement de comprendre les processus qui fabriquent les situations de vulnérabilités sociales dans une perspective multifactorielle et dynamique, en tenant compte des inégalités dont elles sont parfois le produit, mais aussi de la diversité des trajectoires et des épreuves individuelles. Nombre d’objets sont ainsi regardés au prisme de la vulnérabilité : les recompositions familiales, les nouvelles formes de parentalité, les sexualités, la maladie, l’enfance en danger, les personnes âgées dépendantes, les précarités professionnelles, le chômage, la pauvreté...
Ces analyses sont adossées à une réflexion critique sur les définitions de la vulnérabilité sociale comme état (la vieillesse, le handicap, la maladie psychique) et comme position relative dans l’espace social (groupes marginaux, précaires). Elles donnent également lieu à une réflexion méthodologique (dans le cadre d'ateliers) sur les catégorisations qui permettent classiquement de penser les inégalités, comme l'âge et les générations ou les classes sociales et catégories socioprofessionnelles. Vulnérabilités et inégalités sont  aussi regardées à l’aune des politiques publiques visant à gérer les conséquences de certaines situations sociales difficiles ou visant à corriger l’inégalité, en interrogeant leurs effets. Enfin, l’étude des inégalités et vulnérabilités permet de penser les formes de résistances des groupes et individus qui font l’expérience de ces dominations et fragilisations et d’analyser les ressources dont ils disposent.
ü  Axe : Subjectivation, Relation et Institution
Alors que les travaux de l‘axe précédent privilégient les formes de vulnérabilité induites par des processus sociaux affectant certaines catégories d’agents, la perspective adoptée ici vise à interroger une vulnérabilité constitutive, d’ordre anthropologique, en tant qu’elle définit une structure d’expérience commune à l’existence humaine. Il s’agira ainsi d’engager une réflexion collective pluridisciplinaire à partir de l’hypothèse d’une fragilité originaire de l’être-soi, indissociablement psychophysique (atteinte directe à l’intégrité corporelle et psychique de la personne) et symbolique (expérience du déni de reconnaissance, de la blessure morale et du mépris social).
C’est au regard de ce fait anthropologique, de cette condition vulnérable, que sera discutée l’articulation entre les processus de subjectivation et leur étayage relationnel et institutionnel. Pour des sujets humains dont l’individuation procède de la seule socialisation, les formes relationnelles et les ordres institutionnels doivent, en premier lieu, être analysés comme autant de dispositifs de protection contre cette vulnérabilité. Relations, normes et institutions apparaissent alors comme autant de forces habilitantes et structurantes qui assurent et soutiennent le développement de la puissance d’agir des individus et, plus généralement, de tout rapport positif à soi. Néanmoins, si elles contribuent à compenser cette vulnérabilité fondamentale, les interactions sociales et les cadres institutionnels et normatifs à partir desquels se constitue le moi ne sont-ils pas, en même temps, ce qui le menace ? A ce titre cet axe se propose de mettre l’accent sur l’ambivalence de la vulnérabilité. Parce qu’elle ouvre à l’altérité, elle est, d’une part, la condition même, le substrat anthropologique, de la sociabilité humaine. Mais, d’autre part, c’est cette même fragilité qui ouvre à la violence, à la domination, à l’expérience du mépris ou de la disqualification sociale. Cette ambivalence invite alors à étudier la duplicité intrinsèque des relations, normes et institutions, qui nous « font » comme elles nous « défont ». Et à appréhender, sous cet angle, la question éthique et politique.
Divers terrains d’enquête et thématiques empiriques étayeront cette réflexion théorique générale commune, dans les domaines des institutions judiciaires (et pénitentiaires), du champ de la santé et de l’aide et de la protection sociale, des relations de genre, des relations interculturelles etc., et plus généralement des formes de normativités contemporaines. Il s’agira également de mettre l’accent tant sur les processus de désinstitutionalisation et de désymbolisation que sur les modes de réappropriation subjective, sur les dynamiques de reconfiguration et les alternatives collective qui y répondent.
Enfin, au croisement de la philosophie, des sciences sociales et de l'histoire du droit, un atelier de recherche commun avec des collègues philosophes de l’EA « Identité et subjectivité » prolongera ce travail collectif sur les vulnérabilités sociales dans ses dimensions juridico-politiques. Cet atelier prendra pour objet la production de la citoyenneté sociale et de ce que Robert Castelappelle la « propriété sociale » en Europe depuis le XIXe siècle, partant à la fois de l’histoire des idéologies (socialisme, libéralisme, etc.), de l'histoire des institutions, ainsi que d'une réflexion sur l'histoire du sujet moderne et les fondements normatifs des droits sociaux.
Chacun de ces axes, ainsi que l’atelier commun avec l’équipe des philosophes, tiendra des séminaires de recherche réguliers, associant docteurs et doctorants. Par ailleurs, un thème de séminaire transversal sera retenu chaque année. Ce séminaire s’achèvera par une journée d’étude dédiée qui donnera lieu, dans la mesure du possible, à publication dans les revues du centre ou collections d’ouvrages dirigées par ses membres. Ces différents séminaires seront ouverts aux étudiants des Masters adossés (CIREVS, GREEN, PSTO) ou associés (Master de Philosophie, Master professionnel « Management du Social et de la Santé » de l’I.A.E) au laboratoire CERReV.
Dans cet esprit, l’accent sera mis sur la définition d’objets de recherche, théoriques ou empiriques, communs aux différents axes qui pourront donner lieu, par ailleurs, à des recherches contractuelles conjointes.

 


 

 

 

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