Rencontre publique avec Alain Bublex Artiste en résidence

Lieu : MRSH - Salle des actes SH 027
Début : 26 mars 2013 - 18:30
Fin : 26 mars 2013 - 19:30
WE à la mer 1 : Plug-in City (2000), un week-end à la mer 1, alain bublex 2012 épreuve chromogène laminée diasec sur alu 180x240

Contributions, collaborations et bavardages, les résultats de l’enquête

Cette rencontre donnera lieu à un échange entre l’artiste Alain Bublex, Pascal Buléon, directeur de la MRSH, géographe, et Frédérique Loew, géographe

En 2012, la MRSH de Caen (université de Caen Basse-Normandie, CNRS) s’est
engagée aux côté du FRAC Basse-Normandie (Fonds régional d’art contemporain)
pour soutenir et accueillir un projet de résidence d’artiste. L’expérience qui
a bénéficié du dispositif  « Écritures de
lumière »  à l’initiative du ministère de
la Culture et de la Communication.

L’artiste Alain BUBLEX a choisi de rythmer ses
séjours à la MRSH par des collaborations et discussions avec des
enseignants-chercheurs et ingénieurs de recherche en géographie ; il cherchait
des réponses géographiques à des questions photographiques autour d’une
problématique commune à ces deux domaines d'activité : le paysage.

Cette rencontre publique sera l’occasion de revenir sur le processus de
recherche engagé par Alain Bublex à la MRSH, sur sa collaboration avec la
géographe Frédérique Loew, sur ses conversations avec le directeur de la MRSH
Pascal Buléon et sur l’intérêt que représente ce type d’échange
interdisciplinaire dans un contexte universitaire. Des images produites lors de
la résidence seront commentées et analysées au cours de la rencontre. 

L’idée d’une édition est née de cette résidence et paraît aux PUC
(Presses Universitaires de Caen) courant mars. L’exposition au FRAC BN, du 23
février au 30 mars 2013, donne à voir le processus de recherche à l’origine des
images présentées dans l’édition. La démarche de Raymond Depardon y est passée
au crible des méthodes d’analyse et de descriptions scientifiques des
géographes.

Cet
ouvrage sera présenté le mercredi 27 mars à 18h00 au FRAC Basse-Normandie (9
rue Vaubenard à Caen).

 

Biographie

«  Je ne produis ni dessins, ni photographies, vidéos ou installations mais des projets. Les objets que je produis sont des conséquences ». Ces mots d'Alain Bublex caractérisent l'ensemble de son œuvre qui oscille entre fiction et réalité et s’amuse à brouiller les distinctions habituellement admises entre ces deux concepts. Depuis 1992 il se plaît à égarer le spectateur dans des projets dont les éléments fictifs sont traités avec une rigueur scientifique indiscutable et une logique absolue.
Tout commence en 1985 lorsque Alain Bublex et Milen Milenovitch, tous deux designers chez Renault, élaborent au fil des jours un projet de ville, semblable à une mégalopole américaine. Loin de s'imaginer une ville utopique ou idéale, ils en offrent une version réaliste en la situant, après repérage, dans la baie de Passamaquody sur la côte Est du Canada. À partir de cette donnée géographique réelle, Bublex et Milenovitch retracent l'histoire de la ville depuis le XVIIème siècle en regroupant archives et documents chronologiques attestant de son existence plausible. Depuis, ce projet fondateur a été régulièrement augmenté et complété, par des cartes dessinées, des archives, des documents, puis des photographies prises dans des contextes urbains existants, aux Etats-Unis notamment. La ville fictive baptisée Glooscap, dessinée, projetée et imaginée,  est devenue photographiable dans le réel. Selon Alain Bublex, “ce travail n’avait d’autre objectif que de rendre possible une pratique de la photographie.”
Depuis, les projets d’Alain Bublex s’inscrivent le plus souvent dans des contextes réels, ils prennent appui sur l’existant pour le dépasser, le prolonger. En ce sens, la logique qui fonde sa démarche s’est inversée et surtout complexifiée.
Dans cette perspective, l’exposition au FRAC BN prolonge le projet CONTRIBUTION débuté par l’artiste en 2011 et comptant à ce jour trois volets. Elle fait suite à une résidence à la MRSH (Maison de la Recherche en Sciences Humaines) de l’université de Caen Basse-Normandie durant l’année 2012,  pendant laquelle l’artiste a rythmé ses séjours à Caen, par des collaborations et discussions avec des enseignants-chercheurs et ingénieurs de recherche en géographie. Ces discussions lui ont permis de trouver la solution géographique à Contribution #1 - La France de Depardon, complément d’enquête.
Mais, si la recherche d’un scientifique consiste à émettre une hypothèse puis à la vérifier par une série de questions auxquelles il s’oblige à répondre pour étayer sa thèse, Alain Bublex préfère, lui, travailler sans hypothèse. Il détermine un contexte, établit un protocole de recherche, constitue des outils puis se laisse guider par l’appareillage sans en attendre de résultat précis. Il ouvre en quelque sorte, sur de nouveaux paysages.