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Octobre-décembre 2007

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ditorial

par L'équipe de direction

La loi concernant la réforme des Universités a été votée il y a un peu plus d’un mois, le 10 août 2007. Ce n’est certes pas ici le lieu d’en reprendre les grandes lignes ni de rentrer dans un débat de fond concernant son existence et son opportunité : elle a été votée et, comme toute loi de la République, elle doit être appliquée par ceux qui occupent des fonctions exécutives dans un système aux rouages toujours plus compliqués. L’autonomie des universités sera donc au centre de bouleversements dont on ne mesure pas encore véritablement la portée. Elle comporte en effet bien des aspects contraignants auxquels les grandes structures universitaires ne pourront se soustraire ; ainsi, la dissolution du Conseil d’administration mènera à la constitution d’un nouveau Conseil au pouvoir renforcé, et réduit à un nombre limité d’enseignants-chercheurs. Toutes les disciplines de l’université pourront-elles alors y être réellement représentées ? Quant aux Conseils scientifique et de la vie universitaire, ils seront, eux, réduits à n’avoir qu’un rôle consultatif. Ne risque-t-on pas alors de voir les membres de la communauté universitaire se désintéresser d’instances sans réelle prise sur les décisions, dans un contexte où s’accumulent les tâches et les fonctions des enseignants-chercheurs ?
Le pouvoir d’un Conseil d’administration restreint, où le poids des personnalités extérieures est renforcé par rapport à celui des personnels par le jeu de la limitation du nombre de conseillers, ne risque-t-il pas, dans une université pluridisciplinaire, de créer des déséquilibres d’influence, et à terme, de donner lieu à des arbitrages dans lesquels des secteurs de recherche et de formation se verraient privilégiés, et d’autres sacrifiés ? Dans un contexte où le lien avec l’entreprise, le transfert de technologie, les objectifs de croissance sont des priorités affichées dans la recherche, on peut craindre qu’un utilitarisme à courte vue ne soit favorisé par les dispositions de cette loi. Il appartient donc aux chercheurs en SHS de faire entendre leur point de vue, de faire respecter leurs spécificités, la nature de leurs méthodes et de leurs travaux, de faire reconnaître leurs apports à la société, en promouvant la production des connaissances, la transmission de la culture, l’examen critique des savoirs et des sources, l’expertise indépendante. Les prochaines consultations organisées dans les composantes de notre université seront l’occasion d’exprimer ces interrogations et de faire des propositions en ce sens. La MRSH, qui elle-même doit travailler à son passage en URS, doit suivre avec attention la mise en œuvre de la loi, se faire force de propositions afin d’affirmer sa spécificité qui a contribué jusqu’à maintenant au développement et au rayonnement, tant au niveau national qu’international, de la recherche en Lettres et Sciences humaines à Caen.

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