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Mai-juin 2006

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ditorial

par Silvia FABRIZIO-COSTA, au nom de l’équipe de direction

Les événements de ce dernier mois ont mis au jour une inquiétude diffuse et indéniable qui n’a pas épargné le secteur des Sciences Humaines et Sociales. Dans un contexte qui paraît privilégier les retombées économiques et plus particulièrement industrielles de la recherche, nos disciplines voient leur place menacée. La loi « Pacte pour la recherche » et le dispositif des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) modifient sensiblement les modalités de reconnaissance et de financement de la recherche. Actuellement, deux PRES nous concernant sont en cours d’élaboration : l’un sur le site caennais, dans lequel l’université de Caen entend s’associer avec des grands organismes dominés par les sciences dures (ENSICAEN, GANIL, CYCERON), l’autre impliquant, dans une perspective plus large, Haute et Basse- Normandie (derrière notamment les universités de Caen, Rouen, Le Havre).
Sollicitée à plusieurs reprises pour expliciter les enjeux que recouvrent ces futures structures, la direction de la MRSH a organisé le 16 mars dernier une réunion d’information à laquelle chercheurs, enseignants-chercheurs et IATOSS étaient conviés. Il semblait nécessaire que chacun puisse disposer d’un minimum d’information sur les modifications induites par les nouvelles dispositions législatives d’autant plus que les moyens (financiers et humains) accordés seront, à terme, proportionnels au niveau de reconnaissance de nos disciplines. A la lumière des précisions juridiques, techniques et syndicales fournies par Françoise Épinette, Jean-François Akandji et Maurice Hérin, dont un résumé se trouve à l’intérieur de cette Lettre, les collègues présents ont pu appréhender plus clairement les enjeux liés à ces configurations nouvelles qui incitent à développer des projets pluridisciplinaires. Pluridisciplinarité et transversalité apparaissent en effet comme la condition sine qua non de la constitution d’un PRES, et donc par contrecoup, de la possibilité d’obtenir des financements, autrement dit, d’exister (Une visite sur le site de l’A.N.R. Agence Nationale de la Recherche s’impose pour s’en rendre compte rapidement). Ce qui n’est pas sans soulever quelques questions. Quels espaces peuvent encore occuper les Sciences Humaines au sein de tels dispositifs ? Nos disciplines auront-elles encore droit de cité au sein de modèles de fonctionnement qui se recentrent sur une vision techniciste et utilitariste des savoirs ? Sans verser dans un pessimisme outrancier, n’est-ce pas en filigrane la recherche du futur qui s’esquisse ici, réduisant la liberté et la créativité des chercheurs ainsi que le devoir de transmission intergénérationnelle à la portion congrue ?
Structure fédérative de recherche aux yeux du Ministère et vitrine des SHS au sein de l’UCBN, unité de service reconnue par le CNRS, la MRSH se doit de participer aux PRES en cours de définition et de permettre aux chercheurs de contribuer à leur élaboration, mais sans se départir d’un regard critique que doivent nourrir la diffusion de l’information et le débat démocratique (voir à l’intérieur le résumé de la réunion des directeurs de pôles du 6 avril et l’annonce de la réunion du 9 mai prochain). Reste à espérer que lorsque vous lirez ces lignes, la vie universitaire aura repris son cours habituel et les inquiétudes qui pèsent sur le devenir de nos étudiants en Master comme en doctorat se seront quelque peu dissipées.

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