Combien y eut-il de victimes civiles lors de la Bataille de Normandie,
entendez combien y eut-il de morts ?

Le nombre des morts civils de la Bataille de Normandie est mal connu et a fait l'objet de longues controverses. Des chiffres ont circulé, sans que l'on en connaisse l'origine, allant en se gonflant ou en se dégonflant au fil des décennies.

L’idée d’une enquête a germé, en 1988, sous l’impulsion de Madame Jacqueline Wurmlinger, parmi les étudiants de l’antenne de Caen de l’Université inter-âges. Le Mémorial de Caen et le Centre de Recherche d’Histoire Quantitative (CRHQ) apportèrent immédiatement leur soutien et leur expertise scientifique à cette initiative. Au départ, seul le département du Calvados devait être étudié, peu après le CRHQ décidait d’étendre l’enquête aux départements de la Manche et de l'Orne enfin à la Haute Normandie avec l'université de Rouen (CRHCT-IRED).

- Qu’est-ce qu’une victime civile ?
- Qui doit-on considérer comme victime civile ?

D'abord, et sans conteste, tous ceux qui furent tués par les bombardements aériens, les tirs d'artillerie ou les mitraillages le long des routes, les mines, voire les grenades ou les balles perdues.

La réponse peut sembler moins évidente pour d'autres cas. Fallait-il aussi recenser ceux qui n’étaient pas morts du fait des combats mais dans le contexte de ceux-ci, par exemple une femme qui meurt de crise cardiaque en tombant nez à nez avec des parachutistes canadiens ou encore comme ces vieillards, ces enfants en bas âge ou ces malades morts d'épuisement dans un abri de fortune ou sur le dur chemin de l'exode auquel ils avaient été contraints. Les chercheurs décidèrent de recenser également les résistants tués au combat ou fusillés alors qu’il était possible de les considérer comme des militaires, au moins ceux appartenant aux Forces Françaises de l’Intérieur. En bref, ont été retenus ici tous ceux qui périrent, directement ou indirectement de la présence de la guerre sur notre sol.

- Quel devait être le champ chronologique ?

Pour la Basse-Normandie, les victimes, pour la plupart, furent tuées pendant la période correspondant au Débarquement et à la Bataille de Normandie mais il ne pouvait être question ni d’ignorer les phases préparatoires – celles des bombardements –, ni les conséquences, c’est-à-dire les morts « à retardement », qu’il s’agisse des victimes mortes après une longue agonie ou celles provoquées par l’explosion d’engins laissés sur place après les combats. Il ne figure pas dans cette base de données celles et ceux qui furent exécutés ou déportés avant le 1er mars ou le 1er avril 1944. C’est ainsi que pour les départements de la Manche et de l’Orne, il s’agit des victimes mortes entre le 1er avril et le 30 septembre 1944, pour le Calvados, département qui compte à lui seul plus de morts que les deux autres départements réunis, entre le 1er mars 1944 et le 31 décembre 1945. Il y eut des victimes civiles avant ces dates, elles ne relèvent pas de la Bataille de Normandie mais du fait de l’Occupation, il y en eut aussi après ces dates, mais il fallait décider d’un terme ultime pour l’enquête afin qu’elle fut techniquement réalisable en un temps pas trop démesuré.

Pour la Haute-Normandie, l’ensemble des victimes civiles n’a pu être relevé, seuls les morts du fait des bombardements l’ont été. Si ces morts ne constituent pas la totalité des victimes, il faut reconnaître que les combats en Haute-Normandie furent moins longs et moins violents qu’en Basse-Normandie, c’est dire que les « autres » victimes furent également beaucoup moins nombreuses, s’agissant des bombardements, il fut décidé que l’enquête relèverait les morts à compter du 1er janvier 1944 et se terminerait le 12 septembre 1944, après la fin des bombardements sur le Havre et son agglomération.


Qu'il s'agisse de la Basse ou de la Haute-Normandie, malgré une critique sévère des sources, celles-ci peuvent être aussi lacunaires. Il va de soi que des erreurs peuvent subsister concernant les personnes enregistrées.
Les personnes souhaitant apporter des précisions et des rectifications peuvent s'adresser à Françoise Passera, ingénieure d'études au CRHQ : francoise.passera@unicaen.fr. Toute demande de modification doit être appuyée par un document officiel : acte de décès, reproduction du livret de famille, etc.



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Responsables scientifiques du projet : Pour la Basse-Normandie, Michel Boivin, Gérard Bourdin, Bernard Garnier et Jean Quellien ; pour la Haute-Normandie, Bernard Garnier et Michel Pigenet.

Suivi scientifique : Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et François Rouquet

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