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À propos de la version révisée et continuée des Annales de Flodoard, introduite en Normandie par Dudon de Saint-Quentin

About the revised and continued version of Flodoard’s Annals introduced in Normandy by Dudo of Saint-Quentin

Stéphane LECOUTEUX [1]

37, avenue du Grand Châtelet
38100 Grenoble

lecouteux.stephmanue@wanadoo.fr

Résumé :
Il semble aujourd’hui bien établi que la version révisée et continuée des Annales de Flodoard a été réalisée par deux scribes distincts. Le premier aurait copié, en le remaniant, le manuscrit autographe de Flodoard en 966 ; c’est probablement lui qui ajouta des informations sur les années 877 et 966, mais l’intervention d’une autre main reste malgré tout envisageable. Le rôle tenu par l’évêque Roricon de Laon au niveau de ces remaniements et de ces additions reste incertain. En revanche, le second scribe, auteur de la continuation sur la période 976-978, était vraisemblablement son successeur, l’évêque Adalbéron de Laon : de nouvelles constatations jouent en effet en faveur de cette hypothèse. Quant au chanoine Dudon de Saint-Quentin, il est incontestablement le personnage le mieux placé pour avoir introduit cette version révisée et continuée des Annales de Flodoard en Normandie. Enfin, diverses observations nous encouragent à travailler sur une réédition critique des Annales : des travaux déterminants ont été accomplis sur cette œuvre depuis un siècle, et l’édition de Philippe Lauer mérite d’être réactualisée en de nombreux points.

Mots-clés : Annales de Flodoard, Roricon, Adalbéron, Laon, Hincmar, Reims, Dudon de Saint-Quentin, Fécamp.

Abstract :
It seems well established today that the revised and continued version of Flodoard’s Annals was written by two different scribes. The first one may have copied and revised Flodoard’s autograph manuscript in 966. He is problably the one who added information on the years 877 and 966, but a second hand is also possible. However, one cannot in all certainty state that Bishop Roricon of Laon is responsible for the all these revisions and additions. The second scribe who is the author of the continuation over the period 976-978, was in all likelihood his successor, Bishop Adalbéron of Laon : recent findings support this hypothesis. As for Canon Dudo of Saint-Quentin, he was undoubtedly in the best position to be able to introduce this revised and continued version of Flodoard’s Annals in Normandy. Finally, various observations invite us to work on a critical re-edition of the Annals, since Philippe Lauer’s edition deserves to be updated on many points : decisive works have indeed been carried out on the study of this work over the past century.

Keywords : Annales of Flodoard, Roricon, Adalbero, Laon, Hincmar, Reims, Dudo of Saint-Quentin, Fécamp.

Suite à la publication de notre article intitulé « Une reconstitution hypothétique du cheminement des Annales de Flodoard, depuis Reims jusqu’à Fécamp » [2] , quelques précisions méritent d’être apportées afin d’évaluer les atouts et les faiblesses des différentes hypothèses avancées au cours de notre démonstration. Et effet, grâce à la sollicitude de Pierre Bauduin et de Sébastien Bricout, nous avons pu prendre connaissance de deux travaux importants – traitant entre autres de l’œuvre annalistique de Flodoard –, qui n’avaient malheureusement pas été pris en compte lors de la réalisation de notre étude [3] .

Tout d’abord, précisons que les auteurs de ces travaux, Peter Christian Jacobsen et Mathias Lawo, sont unanimes pour localiser la continuation des Annales de Flodoard à Laon. Notre hypothèse rejoint donc celles déjà émises auparavant par ces deux savants [4] . En effet, dès 1978, Peter Christian Jacobsen estimait qu’une copie de l’œuvre avait fait l’objet d’une continuation, portant sur les années 976 à 978, dans la cité laonnoise [5]  ; Mathias Lawo approuvait cette opinion et exprimait un avis similaire en 2001 [6] . D’autre part, et tout comme nous, ces auteurs proposent une rédaction de la continuation des Annales par deux scribes distincts, l’un opérant vers 966, l’autre vers 976-978 [7] . Ces constatations ont permis à P. C. Jacobsen de rejeter la thèse émise par P. Lauer, qui faisait de Brunon de Roucy [8] l’auteur de la continuation des Annales amenée à Saint-Bénigne de Dijon, et qui désignait Guillaume de Volpiano [9] comme l’introducteur d’une copie de cette version en Normandie [10] . Ainsi, nos études indépendantes aboutissent aux mêmes conclusions [11] . Et si P. C. Jacobsen et M. Lawo ne vont pas jusqu’à proposer une identification des deux continuateurs des Annales comme nous avons pu le faire de notre côté [12] , ces auteurs mettent en avant des remarques très intéressantes et convaincantes au sujet de ces deux scribes. Ce sont ces observations que nous allons à présent analyser et tenter d’exploiter pour compléter au mieux notre précédente étude.

P. C. Jacobsen expose une remarque extrêmement pertinente au sujet du second continuateur des Annales : il constate en premier lieu que la critique adressée, au début du paragraphe de l’année 976, à l’archevêque de Reims Adalbéron pour la destruction des arches de la cathédrale Sainte-Marie de Reims présente une formule de dévotion nomine non merito très hincmarienne. Ce célèbre archevêque, qui dirigeait l’église de Reims au IXe siècle (845-882), avait en effet l’habitude de s’identifier, dans certaines de ses lettres, au moyen d’une formule rhétorique caractéristique : Hincmarus, nomine non merito Rhemorum [archi] episcopus [13] . Il est d’ailleurs à souligner qu’Hincmar se présente aussi de cette manière dans le prologue de son œuvre hagiographique majeure, la Vita Remigii [14] . Tout au long de la réforme carolingienne, ce type de formule apparaissait fréquemment sous la plume de moines, mais aussi, plus rarement, sous celle de clercs [15] . Il n’est donc pas surprenant de voir Hincmar recourir à ce genre d’artifice ; toutefois, le nomine, non merito [Rhemorum] [archi] episcopus employé par Hincmar est une formule qui lui était semble-t-il très personnelle [16] . Or, la formule employée par le second continuateur des Annales est quasiment identique : Adalbero, nomine non merito archiepiscopus [17] . Cependant, le sens recherché par l’auteur de cette note est indiscutablement différent de celui exprimé par l’archevêque de Reims au siècle précédent. En effet, sous la plume d’Hincmar, il s’agit d’une formule emprunte de dévotion et d’humilité, où l’auteur fait référence à lui-même. Sous la plume d’un tiers ou d’un étranger – ici le continuateur des Annales –, il s’agit manifestement d’une expression ironique, puisqu’elle fait référence à une personne différente de l’auteur, dont elle critique l’action [18] . Considéré à Reims comme l’une des figures marquantes de cette église aux côtés de saint Remi, Hincmar est présenté au Xe siècle par Flodoard, dans son Histoire de l’église de Reims, comme un archevêque modèle, dont ses successeurs devaient absolument s’inspirer [19] . à cette époque, il était considéré comme l’artisan de l’édification de la cathédrale, certes commencée sous son prédécesseur Ebbon (816-835), mais achevée et dédiée en 862 par ses soins [20] . L’auteur de la formule rhétorique dans la continuation des Annales était donc un familier du milieu rémois, connaissant parfaitement les œuvres d’Hincmar et de Flodoard. Il cherchait assurément à mettre en opposition les deux archevêques de Reims : d’un côté, « l’humble et modeste » archevêque Hincmar, « bâtisseur » de l’édifice religieux ; de l’autre, « le déméritant » archevêque Adalbéron, « destructeur » de celui-ci. Ainsi, derrière cette phrase satirique se cache toute l’ironie dont souhaite faire preuve son auteur. Cette constatation renforce véritablement l’idée que ce continuateur puisse être Adalbéron de Laon (977-1030/1031) [21]  : l’analyse des œuvres de cet évêque fait clairement ressortir que ce genre de procédé était courant chez lui ; l’une des caractéristiques de ses textes est précisément leur aspect satirique. L’évêque s’ingéniait à imiter les auteurs classiques, tels que Virgile, Prudence et Perse, en parodiant certains passages de leurs ouvrages ; ses clins d’œil littéraires ironiques transparaissent aussi bien dans son Poème au roi Robert [22] que dans son Rythmus satiricus [23] . Ainsi, ce grand rhéteur était coutumier de ce genre d’emprunts – ici à peine remaniés – pour exprimer toute sa verve satirique. Le fait qu’il s’appelle lui-même Adalbéron donne d’ailleurs davantage de saveur et de piquant à cette petite phrase a priori anodine introduisant son intervention : nul doute que notre prélat se soit beaucoup amusé en rapportant les premières lignes de sa continuation des Annales, où il critique ouvertement, mais anonymement, son propre oncle !

En outre, P. C. Jacobsen et M. Lawo précisent que les archétypes des deux principales familles des Annales [24] dérivent en réalité directement de l’œuvre originale de Flodoard, sans la copie intermédiaire imposée par Philippe Lauer [25] . Nous avions suivi implicitement cette opinion lors de l’actualisation du stemma des manuscrits des Annales de Flodoard [26] . Mais grâce à une analyse très détaillée, Mathias Lawo a pu aller encore plus loin. Il constate que les manuscrits de la seconde branche, correspondant à la version continuée des Annales, comportent des lacunes, des additions et des adaptations par rapport au codex A de la première branche [27] . Or, elles apparaissent en si grand nombre et avec tant d’ampleur sur l’ensemble du texte qu’elles sont plus vraisemblablement le fruit d’actes délibérés, que d’erreurs de copistes distraits ou incompétents : cette seconde branche représenterait donc une vaste révision de l’œuvre de Flodoard [28] . Ainsi, le premier continuateur des Annales ne se serait pas contenté d’effectuer deux ajouts en début et en fin de texte [29]  : il aurait remanié les notes de Flodoard en de nombreux endroits.

Dans notre étude initiale, nous proposions de voir en l’évêque Roricon de Laon l’auteur de cette première continuation [30]  : une analyse approfondie des remaniements effectués devrait permettre de vérifier si cette hypothèse reste ou non concevable. Nous n’effectuerons pas ici ce long et fastidieux travail, sur lequel nous reviendrons sans doute à l’occasion de travaux ultérieurs. Deux observations sont malgré tout d’ores et déjà à présenter. En premier lieu, soulignons le fait que l’évêque Roricon de Laon pourrait être l’auteur du De gestis Francorum libri V, une œuvre révisant et remaniant les Gesta rerum Francorum composées au VIIIe siècle par un moine anonyme [31] . Si tel était le cas, voir cet auteur réviser également les Annales de Flodoard n’aurait dès lors rien de surprenant. Toutefois, une seconde constatation permet de formuler de sérieux doutes à l’encontre de notre hypothèse : dans le paragraphe de l’année 951, Flodoard mentionne la veuve de Charles III le Simple et mère de Louis IV d’Outremer, Ogive [32] . Fille du roi anglo-saxon Édouard Ier l’Ancien et sœur du roi Athelstan, le nom de cette reine de France causait visiblement beaucoup de soucis aux auteurs continentaux, contraints d’écorcher son nom en tentant de le latiniser [33]  : si le manuscrit A rapporte vraisemblablement l’orthographe employée par Flodoard dans son manuscrit autographe, à savoir Ottogeba, les manuscrits de la seconde branche proposent tantôt Ottho Gerberga (ms C et E), tantôt Gerberga (ms B et D). L’archétype de cette seconde branche rapportait donc probablement une forme proche de Ottho Gerberga, comme interpolation ou altération de Ottogeba. Or, il paraît difficilement soutenable que Roricon de Laon, fils de Charles III le Simple et d’une concubine, ait pu être l’auteur d’une telle déformation du nom d’Ogive : elle était en effet sa belle-mère [34] . Qu’il s’agisse d’une cacographie ou d’une modification volontaire [35] , ce qui est plus probable, ce fait pourrait bien mettre en doute notre suggestion de voir Roricon comme le premier continuateur des Annales de Flodoard [36] . Toutefois, seule la réalisation d’une étude plus poussée devrait permettre de répondre de façon satisfaisante à la question de l’identification de l’auteur de la révision des Annales et de leur première continuation.

Enfin, M. Lawo, en étudiant en détail la seconde branche des Annales, est arrivé de façon convaincante à la conclusion suivante : ce groupe ne se subdivise pas, comme l’avait proposé P. Lauer, en sous-groupe B d’une part, et en sous-groupe C, D, E d’autre part [37] . L’auteur propose plutôt de regrouper les manuscrits B, D d’un côté, et C, E de l’autre, ces deux derniers manuscrits présentant davantage de ressemblance avec le ms A, et donc avec l’original de Flodoard [38] . Ainsi, les manuscrits C et D n’appartiendraient pas au même sous-ensemble, malgré des titres initiaux apparentés, provenant indiscutablement d’un ancêtre commun [39]  : le stemma des manuscrits des Annales de Flodoard que nous avions proposé doit donc être revu en tenant compte de ces nouvelles observations [40] . Cela ne pourra être réalisé qu’après avoir analysé en détail les différents manuscrits du second groupe, ayant fait l’objet de révisions et de continuations. Mathias Lawo encourage d’ailleurs la réalisation d’une nouvelle édition séparée en deux parties : le premier texte s’efforcerait de restituer l’œuvre originale de Flodoard, en se basant sur le manuscrit A ; le second tenterait de reconstituer la révision anonyme posthume du texte de Flodoard – à l’aide des manuscrits BCDEFG – sans doute réalisée par le premier continuateur des Annales [41] . Toutefois, cette tâche délicate se trouve considérablement pénalisée du fait qu’un réexamen laborieux de l’ensemble des manuscrits de cette branche nous paraît aujourd’hui indispensable : en effet, l’important travail comparatif de Philippe Lauer n’est sans doute pas aussi irréprochable qu’il paraît l’être au premier abord. La collation du texte des différents manuscrits faite par cet auteur semble comporter des erreurs, dont certaines pourraient être fort gênantes lors d’une tentative de reconstitution d’un stemma fiable. Mathias Lawo, qui a manifestement consulté le manuscrit A, a relevé de nombreuses leçons fautives au sujet de ce manuscrit dans l’édition de Lauer [42] . Or, il s’agit de l’exemplaire considéré par l’éditeur comme le plus correct, celui sur lequel l’ensemble de son texte se base et donc, vraisemblablement, celui examiné avec le plus grand soin [43] . Ce constat nous invite à envisager l’existence de nombreuses autres erreurs dans la restitution du texte des autres manuscrits, considérés comme secondaires par l’éditeur. Nous ne donnerons ici qu’un seul exemple pour illustrer notre propos, puisque nous n’avons pu à ce jour consulter physiquement les différents manuscrits concernés : Philippe Lauer indique, à la fin de l’addition relative à l’année 978, une divergence du manuscrit E par rapport aux autres exemplaires étudiés [44]  ; or, deux autres textes indépendants discréditent la leçon du manuscrit E fournie par Lauer [45] . Ainsi, la parenté de E avec C est peut-être plus directe que la collation des textes réalisée par Philippe Lauer ne le laisse supposer. Quant à l’exemplaire C, renfermant une numérotation grecque quasiment complète [46] , une filiation directe avec l’archétype de la seconde branche semble envisageable. Ainsi, C pourrait être l’un des meilleurs témoins de la version révisée et continuée des Annales de Flodoard sur la période 966-978 et E pourrait dériver de C avec ou sans intermédiaire [47] . Mais il semble toutefois dangereux de s’aventurer davantage dans la formulation de nouvelles hypothèses sans avoir recouru au préalable au réexamen complet de l’ensemble des manuscrits connus des Annales : il est impératif de disposer d’une collation correcte des textes de ces différents exemplaires avant d’entamer une analyse des liens les unissant les uns aux autres [48] .

Conclusion

Ce qui n’était encore jusqu’ici qu' « une reconstitution hypothétique du cheminement des Annales de Flodoard depuis Reims jusqu’à Fécamp » vient, grâce aux travaux de Peter Christian Jacobsen et de Mathias Lawo ainsi qu’à la présente étude, trouver davantage de crédit.

En effet, il est aujourd’hui bien établi que les Annales de Flodoard ont été copiées à Reims vers 966 en subissant d’importants remaniements, ainsi que deux additions, l’une portant sur l’année 877, l’autre sur l’année 966. Une analyse minutieuse de ces révisions s’avère cependant nécessaire : elle permettrait peut-être de vérifier si le responsable de ce travail anonyme est identifiable avec l’évêque Roricon de Laon, comme nous l’avions suggéré. Ce point ne paraît aujourd’hui plus aussi évident que lors de la réalisation de notre première étude : deux nouvelles observations ont été apportées, et l’une d’elles semble peu favorable à cette hypothèse initiale. Ainsi, l’auteur de la copie révisée et celui de la première continuation étaient peut-être deux individus distincts.

En revanche, le second continuateur des Annales, auteur des notes portant sur la période 976-978, a incontestablement opéré sur Laon : les recherches indépendantes menées par plusieurs auteurs usant de méthodes différentes [49] aboutissent en effet à cette même conclusion, désormais indéniable. De plus, la formule ironique apparaissant au début du paragraphe de l’année 976 conduit une fois encore à proposer une identification de ce scribe avec l’évêque Adalbéron de Laon : la désignation de ce prélat comme second continuateur des Annales prend encore plus de valeur suite à cette étude [50] .

Si aucun élément nouveau n’est venu accréditer la thèse de l’introduction des Annales de Flodoard en Normandie par Dudon de Saint-Quentin, le chanoine nous paraît assurément comme la personne la mieux placée pour avoir agi de la sorte : Dudon semble être le seul, autour de l’an mil, à avoir entretenu des relations étroites à la fois avec Laon et avec Fécamp, tout en disposant d’un mobile pour introduire l’œuvre annalistique de Flodoard en Normandie [51] . De ce fait, le rôle de l’ordre clunisien dans la diffusion des Annales de Flodoard [52] nous paraît beaucoup moins déterminant que Philippe Lauer [53] et Bernard Guénée [54] ne l’ont laissé entendre dans leurs travaux respectifs.

Enfin, pour terminer, il semble qu’une réédition critique des Annales de Flodoard, tenant compte des nombreux travaux réalisés sur cette œuvre depuis un siècle [55] , soit devenue nécessaire [56]  : Sébastien Bricout nous a proposés de collaborer avec lui sur ce projet, notamment pour réaliser l’introduction de cette édition et la critique textuelle de l’œuvre. Une traduction française sera également proposée, afin de rendre accessible ce texte au plus grand nombre.

Bibliographie

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Adalbéron de Laon, Rythmus Satiricus, Sébastien Bricout (éd. et trad.), in Corpus Scriptorum Latinorum, 2004 : http://www.forumromanum.org/literature/adalbero_laudunensis/rythmus. html

Adalbéron de Laon, « Les Poèmes satiriques d’Adalbéron », G.-A. Hückel (éd. et trad.), in Mélanges d’Histoire du Moyen Âge, Achille Luchaire (dir.), Paris, Alcan (Université de Paris. Bibliothèque de la Faculté des Lettres, n˚ 13), 1901, p. 49-184.

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Lawo, Mathias, « Der codex unicus der Annalen Flodoards und ihre postume Überarbeitung », in Monumenta Germaniae Historica, Studien und Texte, n˚ 29, Hanovre, 2001, p. 81-87.

Lecouteux, Stéphane, « Une reconstitution hypothétique du cheminement des Annales de Flodoard, depuis Reims jusqu’à Fécamp », Tabularia «  Études  », n˚ 4, 2004, p. 1-38.

Lecouteux, Stéphane, « A partir de trois poèmes hagiographiques, identification des centres carolingiens ayant influencé l’œuvre de Dudon de Saint-Quentin », Tabularia «   Études   », n˚ 5, 2005, p. 13-49.

Migne, (abbé) Jacques-Paul, Patrologie Latine, t. 126, Paris, 1879, p. 1 et suiv.

Sot, Michel, Un historien et son Église au X e  siècle   : Flodoard de Reims, Paris, Fayard, 1993, 832 p.


1

Je remercie Emmanuelle Doucet Lecouteux, Véronique Broust et le comité de rédaction de la revue Tabularia pour les remarques, les conseils et les propositions de correction apportés lors de la révision de cet article.

2

Tabularia « études », n˚ 4, 2004, p. 1-38, 15 janvier 2004.

3

Je tiens à leur exprimer ici toute ma gratitude. Suite à la transmission de mon article sous sa forme définitive au comité de rédaction de la revue Tabularia fin 2003, Pierre Bauduin m’a communiqué une très intéressante étude sur les manuscrits des Annales de Flodoard réalisée par Mathias Lawo. Sébastien Bricout, chercheur indépendant de la région montpelliéraine, m’a transmis début 2005 de précieux documents sur les travaux de Peter Christian Jacobsen relatifs à Flodoard.

4

Lecouteux, 2004, p. 10-17 (en particulier p. 14 et 17) : « Ce sont celles [les informations] relatives à l’Église de Laon qui prédominent […] à partir de 976 […]. Le premier continuateur se trouvait donc vraisemblablement à Reims lorsqu’il copia les Annales en 966 […]. Mais le second continuateur était très certainement à Laon lorsqu’il fit les additions postérieures au 20 décembre 976 : ce scribe est sans doute un clerc de cette église ».

5

Jacobsen, 1978, p. 84 : « Eine Kopie [von Flodoards Annalen] gelangte spätestens 976 nach Laon, erhielt dort eine kurze Fortsetzung und diente der Mehrzahl der Abschriften als Vorlage ». L’auteur liste ensuite rapidement (note 15) les différents événements rapportés par ce continuateur sur la période 976-978 et met en avant le fait qu’ils concernent presque exclusivement Laon.

6

Lawo, 2001, p. 85 (l’auteur renvoie à P. C. Jacobsen dans sa note 23) : « Die (anonyme) Überarbeitung von Flodoards Handexemplar […] fand […] durch eine Person, deren regionale Interessen nicht auf Reims, sondern auf Laon konzentriert gewesen zu sein scheinen, wie der Inhalf der Einträge zu den Jahren 976 bis 978 vermuten läßt ».

7

P. C. Jacobsen est plus catégorique que Mathias Lawo sur ce point (ce dernier estime encore possible l’intervention d’un continuateur unique) : cf. Jacobsen, 1978, p. 84-85, note 15 ; Lawo, 2001, p. 85. Voyez également notre démonstration : Lecouteux, 2004, p. 13-14, en particulier p. 14.

8

Il s’agit de l’évêque Brunon de Langres (v. 981 – v. 1014/6).

9

C’est-à-dire l’abbé Guillaume de Dijon (989/990 – 1031).

10

Jacobsen, 1978, p. 84-85, note 15. Nous parvenions aux mêmes conclusions (Lecouteux, 2004, p. 21).

11

Les démonstrations de P. C. Jacobsen et de M. Lawo partent de Reims et conduisent à Laon (où les Annales sont continuées avant d’être transmises en Normandie). Notre démonstration suit le trajet inverse : elle part de Fécamp et remonte jusqu’à Laon (lieu de la continuation), puis jusqu’à Reims. Bien que les méthodes d’analyse divergent – les premières descendent dans la traduction manuscrite, tandis que la seconde la remonte – nos études respectives aboutissent aux mêmes conclusions. Cela confère donc beaucoup de crédit à la théorie de la diffusion des Annales de Flodoard depuis Reims jusqu’à Fécamp par l’intermédiaire de Laon, lieu incontestable de la continuation.

12

Nous suggérions de voir en Roricon de Laon l’auteur de la copie apportée à Laon et des additions réalisées aux années 877 et 966 (Lecouteux, 2004, p. 24-26) ; nous proposions d’identifier Adalbéron de Laon comme le second continuateur des Annales (ibidem, p. 20-22) ; enfin, nous désignions Dudon de Saint-Quentin comme le responsable de l’introduction de l’œuvre annalistique de Flodoard à Fécamp (ibidem, p. 7-10).

13

Jacobsen, 1978, p. 84-85, note 15 : « Die DevotionsFormel nomine, non merito ist nicht nur den Reimser Erzbischöfen geläufig, vgl. Die Adressen der Briefe Hinkmars, MPL 126 Nr. 2, 8, 10, 15 u. a. ». En effet, l’étude des lettres publiées par l’abbé Migne dans sa Patrologie Latine, montre que l’expression Hincmarus,nomine non merito Rhemorum [archi] episcopus est fréquemment employée par l’archevêque Hincmar de Reims : on la retrouve dans 9 de ses lettres (2, 8, 10, 15, 22, 24, 26, 27). Elle était systématiquement accompagnée d’une formule ac plebis Dei famulus, que l’on retrouve également seule dans 12 autres lettres (18, 19, 20, 25, 33, 24, 35, 36, 39, 48, 50, 55), soit dans 21 lettres au total. Enfin, la formule vestrae sanctissimae paternitatis devotissimus famulus, plus rare, est utilisée dans 3 des lettres d’Hincmar (7, 11, 12). L’archevêque emploie généralement ces formules lorsqu’il s’adresse à des personnes importantes (papes, rois, archevêques, évêques, abbés, laïcs de noble lignée), mais rarement lorsqu’il s’agit de ses subordonnés, de simples prêtres, de chanoines, de moines ou de laïcs de « basse » extraction. Il évite également d’employer ces formules lorsqu’il écrit au nom de plusieurs personnes, et lorsqu’il rapporte les actes d’un concile ou d’un synode.

14

Hincmar, 1896, p. 250. L’œuvre d’Hincmar sur saint Remi, composée entre 877 et 882, a été référencée par les Bollandistes sous les cotes BHL 7152 à 7164. Le prologue, qui nous intéresse ici, porte la référence BHL 7152 (voyez la base de données hagiographique des bollandistes : http://bhlms.fltr.ucl.ac.be/). La formule utilisée par Hincmar dans ce prologue est d’ailleurs plus proche de celle présente dans la continuation des Annales que les formules apparaissant dans ses lettres : Hincmarus nomine, non merito [archi] episcopus (ac plebis Dei famulus).

15

On retrouve par exemple chez Notker le Bègue, Heiric d’Auxerre ou Odilon de Soissons des formules du style « dernier des moines » et « plus vil de tous les moines » lorsqu’ils s’adressent à des personnalités, tels qu’empereurs, rois, abbés, prélats et laïcs de noble lignée, en particulier dans les préfaces dédicatoires de leurs œuvres.

16

Rappelons ici qu’Hincmar fut d’abord moine avant d’accéder à l’épiscopat. C’est donc avec une modestie toute relative caractérisant le style employé par certains moines du IXe siècle, qu’Hincmar use couramment pour s’identifier d’une formule rhétorique destinée à mettre en avant son humilité : Hincmar, évêque de nom, et non de mérite. Il est probable que l’on retrouverait des formules similaires, qui s’apparentent à une véritable signature, dans les autres œuvres d’Hincmar (le lecteur intéressé pourra consulter la thèse sur Hincmar et ses œuvres réalisée par Jean Devisse).

17

Flodoard, éd. Lauer, 1906, an. 976, p. 160.

18

Jacobsen, 1978, p. 84-85, note 15.

19

Sot, 1993, p. 536, 626, 707 et surtout 739 et 742-744.

20

Sot, 1993, p. 474 et 497-498.

21

Pour la démonstration qui nous avait conduit à émettre cette hypothèse, voyez Lecouteux, 2004, p. 20-22.

22

Adalbéron de Laon, éd. Hückel, 1901, p. 129-167 ; Adalbéron de Laon, éd. Carozzi, 1979, p. XVIII-XIX et XL-XLIV ; Adalbéron de Laon, éd. Bricout, 2004. Dans cette œuvre, Adalbéron critique et se moque ouvertement du « roi Odilon » et de « son armée », c’est-à-dire de l’abbé Odilon de Cluny et de ses moines. Il propose également une satire du monde de son temps en décrivant en détail la « société désordonnée ».

23

Adalbéron de Laon, éd. Hückel, 1901, p. 69-86 ; Adalbéron de Laon, éd. Bricout, 2004. Dans son Rythmus satiricus, Adalbéron fait de nombreuses allusions aux personnages de l’Ecriture Sainte – en particulier ceux de l’Ancien Testament – et de l’histoire profane classique. Il exprime toute sa verve à l’encontre du comte Landri de Nevers, qu’il surnomme Achitophel ou Burgundio (strophe 2 et 3) et qu’il compare à Vulpennius et Eglon (strophe 12 et 25). L’allusion aux Satires de Perse apparaît notamment dans la strophe 12, et l’aspect satirique de l’œuvre est très nette dans les strophes 22 à 26.

24

Le ms A représente la première famille, et les mss B, C, D, E, F et G la seconde, ayant fait l’objet de continuations.

25

Jacobsen, 1978, p. 13-14, note 3 ; Lawo, 2001, p. 84-85, note 20. Richard Grâce-Dieu a donc vraisemblablement introduit le manuscrit autographe des Annales de Flodoard à Saint-Vanne de Verdun avant de devenir abbé en 1004 : cela expliquerait la qualité du ms A, directement copié sur l’exemplaire original. Philippe Lauer avait imposé cet intermédiaire O' pour soutenir sa thèse d’une lacune des Annales sur la période 893-919. Mais depuis la démonstration convaincante réalisée par Hans Foerster, cette théorie est considérée comme non fondée (Foerster, 1944, p. 155-156 ; voir également Jacobsen, 1978, p. 13-15, notamment note 4 ; Sot, 1993, p. 86). Nous sommes actuellement en contact avec la Revue d’Histoire des Textes afin de réaliser une synthèse des différentes théories de lacune des Annales antérieure à 919 proposées du XVIe au XXe siècle.

26

Lecouteux, 2004, figure n˚ 3, p. 35. Cependant, nous allons voir que ce stemma devra être en partie révisé.

27

Lawo, 2001, p. 83-84, notamment notes 14, 15, 16 et 17.

28

Lawo, 2001, p. 83-84.

29

Par l’addition du paragraphe de l’année 877 et la continuation du paragraphe de l’année 966.

30

Lecouteux, 2004, p. 24-26. Notons que P. C. Jacobsen et J. J. Contreni mettent en doute la réalisation du Dialogus de statu sanctae ecclesiae à l’époque de l’évêque Roricon de Laon et de l’abbé Macallan de Saint-Vincent de Laon, ainsi que la présence d’un exemplaire de l’Histoire de l’église de Reims de Flodoard à Laon dans les années 960 (Jacobsen, 1978, 79 note 18 ; Contreni, 1977, p. 66). Or, nous nous sommes en partie appuyés sur ce fait pour formuler la base de notre hypothèse, ce qui affaiblit notre démonstration (Lecouteux, 2004, p. 25). Toutefois, précisons que si l’Histoire de l’église de Reims était effectivement absente à Laon à cette époque, cela n’empêche aucunement l’intervention de l’évêque Roricon dans la copie et dans la continuation des Annales.

31

Lecouteux, 2005, p. 39-40.

32

Flodoard, éd. Lauer,1906, an. 951 p. 132.

33

Lauer, 1900, p. 9 n˚ 4 ; Flodoard, éd. Lauer, 1906, an. 951 p. 132 n˚ 3. Le nom saxon d’Ogive était Eadgyfu ; sur le continent, on trouve son nom orthographié sous différentes formes latines : Ottogeba (Flodoard de Reims), Aethgiva (Richer de Reims), Eadgiva (Chronique de Saint-Bénigne de Dijon ; Hugues de Flavigny), Agiva (Hugues de Fleury), Headtgiva (Aimoin de Fleury), Edgiva (Ordéric Vital), Ethgiva (dans une épitaphe), Otgiva (Odoran de Sens), Odgeva (Folcuin de Lobbes), Ogiva (Historia Francorum Senonensis ; Guillaume de Jumièges), Ediva (Brève chronique de Saint-Martin).

34

Il serait en effet surprenant de voir Roricon de Laon, demi-frère du roi Louis IV d’Outremer, écrire dans les Annales : Ottho Gerberga regina, mater Ludowici regis.

35

En effet, Gerberge, sœur de l’empereur Otton Ier et épouse de Louis IV d’Outremer, est différente d’Ogive, épouse de Charles III le Simple et mère de Louis IV d’Outremer : le scribe aurait pu volontairement substituer la seconde par la première. Reste à déterminer le dessein visé par une telle substitution. Mais il pourrait également s’agir d’une interpolation malheureuse par un scribe ne comprenant pas qui Flodoard voulait désigner par Ottogeba.

36

Rappelons toutefois que Roricon aurait pu faire copier les Annales à Reims par un copiste de cette église, ou par un scribe de l’église de Laon ; l’évêque de Laon se serait ensuite contenté d’ajouter les notes des années 877 et 966 une fois la copie parvenue à Laon (Cf. Lecouteux, 2004, p. 27). Nous aurions dans ce cas affaire à l’intervention de trois personnes : un scribe ayant copié, en la révisant, l’œuvre originale de Flodoard en 966, puis deux continuateurs successifs (Roricon pour les notes des années 877 et 966 apportées en 966 ; Adalbéron pour les notes des années 976 à 978 rédigées entre 977 et 978).

37

Lawo, 2001, p. 85. La branche CDE était désignée comme étant la « branche normande » par Philippe Lauer (Flodoard, éd. Lauer,1906, p. XLIX).

38

Lawo, 2001, p. 85-86.

39

La « branche normande » définie par Philippe Lauer doit donc être redéfinie. Le titre De gestis Normannorum ou Gesta Normannorum figurait peut-être déjà sur l’archétype de la seconde branche (sans que B ne le recopie). L’origine d’un tel titre reste à établir.

40

Lecouteux, 2004, figure n˚ 3, p. 35.

41

Lawo, 2001, p. 87.

42

Mathias Lawo comptabilise au moins 27 leçons erronées (ou non mentionnées) du ms A dans l’édition de Lauer : des lacunes et des additions de mots (Lawo, 2001, p. 83 note 14), des inversions de mots dans une phrase (Lawo, 2001, p. 83 note 16) et diverses autres différences notables de A par rapport à BCDE (Lawo, 2001, p. 84 note 17-19 et p. 86 note 28). à cela, il faut ajouter les lacunes de la numérotation grecque aux années 941 et 961 non signalées par P. Lauer et plusieurs autres remarques intéressantes au sujet de cette numérotation (Lawo, 2001, p. 84 note 17).En réalisant la collation des quatre premières années du ms A, Sébastien Bricout a pu vérifier la présence de variations, parfois importantes, entre le texte de ce manuscrit et celui restitué par P. Lauer dans son édition des Annales : ces divergences n’ont d’ailleurs pas toutes été signalées par M. Lawo, qui n’a généralement rapporté que les plus flagrantes.

43

Flodoard, éd. Lauer, 1906, p. XXXIV et LXIV.

44

Flodoard, éd. Lauer, 1906, an. 978, p. 164 : selon Philippe Lauer, l’ensemble de la tradition manuscrite ayant fait l’objet de continuations (BCDE) se termine par les mots pio moderamine rexit, à l’exception du manuscrit E, qui donne la leçon pio moderatione rexit.

45

Archiv, éd. Georg Heinrich Pertz, 1843, t. VIII, p. 378-379 : «… pio moderamine rexit ». Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. X (Avranches, 1889), p. 59-60 : « La chronique va jusqu’en 978 et se termine par les mots “…pio moderamine rexit” ». Seul un examen direct du ms Avranches 130 permettrait de vérifier si l’édition de Lauer est fiable ou non sur ce point.

46

Flodoard, éd. Lauer, 1906, p. XXXIX : sur la période 925-965, seuls les nombres grecs des années 928 et 948 manquent. Les autres exemplaires de la seconde branche des Annales ne comportent que des fragments de numérotation grecque, souvent déformée (ibidem, p. XXXVI pour B, p. XLII pour D et p. XLIV pour E).

47

Voyez Lawo, 2001, p. 86.

48

Remarquons au passage l’importance de la numérotation grecque pour constituer un stemma fiable : l’analyse des fragments de ces numérotations, sans doute également présents dans les mss F (ms BnF lat. 14663) et G (ms Albi 80), mais non décrits par Philippe Lauer, devrait permettre de vérifier si F dérive bien de B et si G dérive bien de D, comme le proposait Georg Heinrich Pertz, plutôt que de C ou E comme l’envisageait Lauer (Flodoard, éd. Lauer, 1906, p. XLV : l’auteur fait de G une copie de C, D ou E). D’ailleurs, l’orthographe Frodoardus (dans B, D, F et G) plutôt que Flodoardus (dans A, C et E) accrédite a priori plutôt l’opinion émise par Georg Heinrich Pertz (Cf. ibidem, p. XLV, an. 963 p. 155 et an. 966 p. 160 ; Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements, t. I (Albi, 1849), p. 495). Cette numérotation permet notamment de constater que dans le groupe BD, aucun de ces manuscrits ne peut dériver l’un de l’autre (ce groupe possédait donc un archétype disparu dont dérivait B et D) ; dans le groupe CE, E pourrait éventuellement dériver de C : l’analyse de la déformation de la numérotation grecque doit cependant être étudiée de plus près.

49

Suivant les auteurs, il y a eu recours à des démonstrations ascendantes ou descendantes dans la tradition manuscrite, cf. note 9.

50

L’espace, le temps, les individus et le style satirique présents dans la continuation des Annales sur la période 976-978 sont autant de points convergents vers l’évêque Adalbéron de Laon.

51

Cette question a déjà été abordée longuement dans nos deux précédents articles publiés dans la revue Tabularia, auxquels nous renvoyons le lecteur (Lecouteux, 2004, en particulier p. 2-10 et Lecouteux, 2005, surtout p. 37-39).

52

à ce sujet, voyez, Lecouteux, 2004, p. 34.

53

Lauer, 1898, p. 522 et planche XIII : « Nous devons tous les manuscrits [des Annales de Flodoard] que nous possédons – sauf peut-être un – à la réforme de Cluny ». Flodoard, éd. Lauer, 1906, p. LIII : « Nous sommes donc en grande partie redevables aux comtes de Roucy et à la réforme de Cluny de ce qui nous est parvenu des Annales de Flodoard ». En fait, seul le manuscrit A, proche de l’original de Flodoard, semble imputable à la réforme Clunisienne, du fait de ses liens incontestables avec les abbayes de Saint-Vanne de Verdun et Saint-Bénigne de Dijon ; les autres manuscrits anciens, issus d’une révision de l’œuvre de Flodoard, ont été visiblement copiés dans des milieux ecclésiastiques plutôt que monastiques – chapitre cathédral de Reims, de Laon, de Soissons (et peut-être aussi de Chartres et d’Angers ?) – avant d’avoir été introduits dans un second temps dans des milieux monastiques : Trinité de Fécamp, Bonneval, Mont-Saint-Michel, Saint-Magloire et Saint-Victor de Paris. On remarque également le fait que la plupart des manuscrits issus des milieux ecclésiastiques ont aujourd’hui disparu (l’autographe de Flodoard rédigé dans le chapitre de Reims ; la copie révisée et continuée dans le chapitre de Laon ; l’exemplaire connu de l’archidiacre Renaud d’Angers ; etc.), alors que les exemplaires ayant appartenu à des bibliothèques monastiques paraissent avoir été mieux conservés. Quant aux comtes de Roucy, ils n’ont manifestement joué aucun rôle dans la diffusion des Annales.

54

Guénée, 1980, 439 p. Bien qu’il souligne explicitement le manque d’intérêt des moines clunisiens pour l’historiographie (p. 47 et 102), Bernard Guénée a préféré suivre Philippe Lauer plutôt que Peter Christian Jacobsen lorsqu’il s’intéressa à la diffusion des Annales de Flodoard. Ainsi, son étude (ibidem, p. 284) doit être revue en tenant compte de travaux plus récents ; de même, les cartes de la présence et de la diffusion de ces Annales doivent également être corrigées en plusieurs points (ibidem, p. 267 et 269).

55

Entre autre par Hans Foerster, Harald von Zimmermann, Peter Christian Jacobsen, Michel Sot, Franz Brunholzl, Martina Stratmann et Mathias Lawo. Toutefois, cette liste est loin d’être exhaustive.

56

Soulignons la publication récente d’une traduction anglaise des Annales de Flodoard : The Annals of Flodoard of Reims (919-966), éd. et trad. Steven Fanning et Bernard S. Bachrach, Toronto, Broadview press (Readings in medieval civilizations and cultures, n˚ 10), 2004, XXXV-120 p.