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Compte rendu de soutenance de thèse de Cécile Niel par Bruno Fajal le 17 / 04 / 2009

Analyse historique et paléoanthropologique des cimetières du groupe épiscopal de Rouen : la Cour d'Albane et la Cour des Maçons (Xe - XIVe siècle).

Thèse de doctorat en histoire et archéologie des mondes anciens et médiévaux, soutenue par Cécile Niel, Ingénieure CNRS (CRAHAM-FRE 3119), le 19 janvier 2009 à la MRSH de l'université de Caen Basse-Normandie. La thèse est composée de trois volumes. Le premier, Texte, comprend 473 pages ; le second, Figures, en comprend 257 (dont 340 figures) et le dernier, Annexes, 356 pages. Le jury était constitué de M. Luc Buchet, Ingénieur de Recherche CNRS, HDR (CEPAM, UMR 6130, Université de Nice - Sophia Antipolis), rapporteur ; M. Henri Duday, Directeur de recherche CNRS (PACEA, UMR 5199, Université de Bordeaux I) ; Mme Anne-Marie Flambard Héricher, Professeure à l'Université de Rouen, Présidente ; M. Claude Lorren, Professeur à l'Université de Caen Basse-Normandie, directeur de thèse ; Mme Cécile Treffort, Professeure à l'Université de Poitiers (CESCM, UMR 6223), rapporteure.

Anne-Marie Flambard Héricher ouvre la séance et donne la parole à Cécile Niel qui relate, pendant une trentaine de minutes, à un rythme soutenu, son parcours de recherche et ses résultats.

C'est en 1994 que l'analyse historique et anthropologique des cimetières du groupe épiscopal de Rouen lui a été proposée comme sujet de thèse, en relation avec un programme de recherche entrepris par Jacques Le Maho (chargé de recherches CNRS au CRAM), sur l'environnement stratigraphique et structural de la cathédrale de Rouen depuis le Bas-Empire. Jacques Le Maho y avait mené plusieurs campagnes de fouilles, de 1985 à 1989 dans la Cour d'Albane, puis de 1989 à 1993 dans la Cour des Maçons. Près de deux mille sépultures associées à de nombreuses structures y avaient été observées et étudiées. Ainsi s'engageait un long travail de synthèse des informations archéologiques mises à sa disposition et d'analyse de l'important matériel archéologique recueilli, travail interrompu à plusieurs reprises pour des raisons à la fois personnelles et professionnelles. Les données archéo-anthropologiques, dans ce cadre chronologique des Xe - XIVe siècles, faisaient en France très largement défaut.
Cécile Niel précise l'intérêt d'une étude anthropologique des deux sites. Outre les précieuses informations que livrent généralement les nécropoles sur les populations inhumées, la rareté des données pour cette période chronologique, l'opportunité d'effectuer une étude sur un échantillon populationnel aussi large et aussi cohérent ont été déterminantes. Les objectifs de l'étude étaient multiples. Il s'agissait de connaître les pratiques funéraires de la société rouennaise au Moyen Âge, de comparer les populations des deux cimetières, d'observer la manière dont ces ensembles étaient organisés.
C'est d'abord l'histoire du groupe épiscopal et de la cathédrale que Cécile Niel a voulu retracer, à partir de toutes les sources documentaires disponibles. Puis elle s'est livrée à une analyse typologique des tombes, débouchant sur la création d'un système d'information géographique complexe qui a facilité la définition des phases d'inhumation, celle de sélections des individus en fonction du sexe, de l'âge, des pathologies, des regroupements familiaux, du statut social, etc. Les deux cimetières présentaient également un grand intérêt à des fins de comparaison avec des populations urbaines avoisinantes et contemporaines, comme celles des cimetières urbains de l'église Saint-Jean (IXe - XVIe siècle) et du Puits Saint-André de Rouen (XIe - XVe siècle) ou encore celui, rural, de Sainte-Cécile de Portejoie (VIIe - XIVe siècle). L'analyse anthropologique a également permis d'aborder la paléodémographie des populations inhumées, à partir des questions sur l'espérance de vie, la mortalité infantile, la répartition par classes d'âges des individus, etc. L'état sanitaire et la paléopathologie des populations ont également été pris en compte, avec leur cortège de traumatismes, de maladies carentielles, dégénératives ou infectieuses, visibles sur les restes osseux.
Les résultats de l'étude historique et paléoanthropologique des cimetières du groupe épiscopal de Rouen peuvent être résumés comme suit. Les modes d'inhumation identifiés dans les deux cimetières suivent une évolution typologique progressive au cours de la période. Aux inhumations simples, sans aménagement particulier, succèdent des modes de plus en plus élaborés, comme le montrent, dans un premier temps, la présence de pierres de calage disposées dans la tombe puis, l'aménagement de caissons qui constituent de véritables coffrages de pierre et, enfin, la généralisation du cercueil de bois, au tournant des XIIIe - XIVe siècles. L'étude des positions des défunts a fait apparaître une évolution dans la manière de disposer les corps dans les sépultures. Ainsi, au XIe siècle, les membres supérieurs étaient disposés soit le long du corps, soit avec les mains sur le pubis. Progressivement, à partir de la fin du XIe siècle, la position des avant-bras évolue. D'abord placés sur l'abdomen, ils remontent sur le thorax, position qui se généralisera aux XIIIe - XIVe siècles.
L'analyse biologique des défunts a montré qu'il existait dans ces cimetières des zones d'inhumation préférentielle établies à partir de critères de sélection liés à l'âge, au sexe, au statut social des individus ou encore à leurs pathologies.
Pour le cimetière de la cour d'Albane, l'effectif des « non-adultes » et la surreprésentation masculine indiquent que la population inhumée n'a pas un profil-type « naturel ». La répartition des adultes privilégie le parvis et la nef de l'église, alors que les inhumations de la fin du XIe siècle semblent essentiellement masculines. L'importante population d'immatures se trouve regroupée sous les gouttières de l'édifice, dans l'église Saint-Étienne et au nord-ouest du site.
Dans d'autres secteurs, comme au sud et le long du mur septentrional de l'église, la population inhumée pourrait être de type « paroissial », avec un équilibre entre les classes d'âge et les deux sexes. Certains regroupements à caractère familial sont vraisemblables. À la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle, ce cimetière abrite exclusivement des hommes, inhumés dans des cercueils en bois, ce qui peut corroborer l'idée selon laquelle la Cour d'Albane constituerait, à cette période, une zone privilégiée d'inhumation au sein du groupe épiscopal, pour les membres du clergé et peut-être à leurs proches.
Dans le cimetière de la Cour des Maçons, des anomalies démographiques ont été observées, quelle que soit la période, en particulier une forte sous-représentation des sujets les plus jeunes. Cette dernière pourrait s'expliquer par la difficulté ou même l'impossibilité d'étudier le cimetière dans son extension maximale, mais elle pourrait également s'expliquer par une répartition des rôles funéraires entre les deux cimetières.
L'organisation des fosses par petits lots de sépultures pourrait indiquer une volonté de conserver des groupes familiaux mis en évidence par l'analyse morphologique des crânes et par la présence de caractères discrets communs. Si l'on prend en compte la répartition des inhumations par période, l'existence de secteurs d'inhumation spécifiques à des clans familiaux, répartis sur plusieurs générations, peut être proposée.
L'analyse paléopathologique a révélé que les populations inhumées dans les cimetières du groupe épiscopal vivaient dans des conditions de vie plutôt favorables, au vu du peu de traces de maladies carentielles réellement développées. Néanmoins, certains sujets ont développé des maladies ou ont subi des traumatismes dont l'évolution ou la gravité ont nécessité l'assistance d'autrui. On observe dans certaines zones des concentrations de sujets aux fortes pathologies. Ces regroupements sont peut-être à mettre en relation avec la présence voisine de l'Hôtel-Dieu de la Madeleine. Par ailleurs, la concentration d'hôtels ecclésiastiques, de manoirs seigneuriaux ainsi que la proximité des palais ducal et archiépiscopal pourraient expliquer la surreprésentation masculine.
Cécile Niel termine son exposé en considérant que son travail a apporté quelques réponses, mais qu'il a soulevé également bien des questions. L'étude des cimetières du groupe épiscopal de Rouen permettra sans doute d'utiles comparaisons avec d'autres nécropoles normandes fouillées plus récemment, en particulier sur les pratiques funéraires médiévales. Il ouvre également des perspectives sur des collaborations interdisciplinaires dans les domaines de la paléodémographie et de la paléopathologie. Cécile Niel remercie celles et ceux qui l'ont soutenue et aidée pendant toutes ces années et rend la parole à la Présidente.

Une salve vigoureuse d'applaudissements venant de l'auditoire laisse surpris et amusés les membres du jury.

Anne-Marie Flambard-Héricher donne la parole à Claude Lorren, directeur de thèse, qui s'exclame aussitôt : « Est-ce bien la peine... [pour lui de s'exprimer] ; tout le monde a déjà applaudi ! ». Il salue la distance et la modestie de l'impétrante, dans son exposé et assume son rôle de « partenaire en responsabilité » pour avoir lu, acquiescé et mis en garde, en particulier depuis l'été 2000. Quel travail !, déclame-t-il, admiratif, « un travail sans cesse repris, peaufiné, poli ». Puis, ne tarissant pas d'éloges, il évoque les nombreuses qualités personnelles de Cécile Niel : amabilité, civilité, altruisme, abnégation, dévouement, disponibilité, mais aussi force de caractère et courage ; il dit aussi tout le plaisir qu'il a eu de travailler avec elle. « Elle sait ce qu'elle veut ! ». D'abord étudiante à Rennes, avec Anne-Marie Flambard Héricher, puis à Caen, elle choisit les études anthropologiques, au début des années 1990. Puis elle vivra de contrats temporaires avant d'être recrutée, en 2003, au CRAHM - Centre Michel de Boüard, comme ingénieure CNRS en anthropologie. Cécile Niel a de vraies responsabilités sur le terrain, sur les chantiers de fouilles qu'elle dirige avec fermeté et d'indéniables qualités pédagogiques. Puis il revient sur les volumes de thèse en appréciant, dans la rédaction, l'absence de « jargonage » et les nombreuses notes justificatives. Il souligne aussi sa bienveillance en citant la formule qu'elle a utilisée dans son exposé : « j'ai voulu clarifier les données de fouille ». Claude Lorren insiste sur les conditions difficiles dans lesquelles elle a instruit le dossier archéologique, pour aboutir à la réalisation d'une base de données nettoyée de toute incertitude. Son travail est un modèle méthodologique où elle livre sans ombre les éléments de sa démonstration. On se réjouit, dit-il, du résultat obtenu, de sa clairvoyance sur les outils, sur les méthodes et leurs limites. Cécile Niel a sans cesse réévalué ses résultats à la lumière de méthodes nouvelles. Sa maîtrise de tous les outils techniques transparaît tout au long de sa thèse. Claude Lorren salue encore l'ampleur de cette entreprise, sa taille, sa qualité formelle et souhaite vivement qu'elle soit publiée au plus vite. Il lui exprime toute sa gratitude et toute sa satisfaction, et la félicite à nouveau.

Cécile Niel remercie Claude Lorren qui, mesurant l'émotion de son étudiante, lui suggère de ne pas en dire plus... « Nous nous comprenons... », ajoute-t-il.

Cécile Treffort, rapporteure, dit l'honneur qui est le sien de participer à ce jury. Elle redécouvre ainsi le site de la cathédrale de Rouen. Elle confirme son avis de rapporteure, puis décrit les volumes de thèse. Le premier volume, paginé, est étroitement lié aux figures. Comme l'a fait Claude Lorren, elle souligne la clarté des exposés méthodologiques, la diversité des lectures [bibliographie], en résumé, la qualité de l'oeuvre produite. Cette recherche a été menée dans le cadre le plus contraignant. Cette thèse est tributaire d'une documentation partiellement inédite et contingente des interprétations données par le fouilleur. La documentation archéologique « a été prise à bras le corps », ajoute Cécile Treffort qui dit aussi le ravissement qu'elle a éprouvé à la lecture de ce volume rédigé dans un souci pédagogique constant. Elle est toutefois restée sur sa faim dans certains domaines. Il n'y a pas de lacune dans la bibliographie qui comprend quelque 925 références (sauf peut-être quelques travaux sur les épidémies). Cécile Treffort aurait préféré une distinction entre les sources et les autres références, mais elle souligne l'ampleur des lectures, dont beaucoup d'articles de langue anglaise. Elle regrette que certaines notes soient un peu longues alors que le contenu d'autres, très riches, auraient dû intégrer le texte. De même, il aurait été préférable de rédiger des conclusions partielles, par chapitre. Enfin, la conclusion doit être reprise, sans les arguments méthodologiques.
Cécile Treffort se prononce ensuite sur l'analyse historique. La présentation sur l'histoire de la mort est très large, mais parfois un peu globalisante. Rien n'est faux, bien sûr, mais certains points sont à nuancer. Le travail de Cécile Niel aurait sans doute gagné en ajoutant d'autres aspects que ceux qui concernent la religion ou les attitudes vis-à-vis de la mort. Quels sont, par exemple, les acteurs de la ville qui auraient pu bénéficier de sépultures privilégiées ? Comment interpréter le fait qu'à deux endroits, il y a mention de quatre sépultures situées près de maisons ? S'agit-il d'une sorte de repli des habitants, d'une augmentation du nombre de sépultures dans les villes ? Le problème de l'anonymat des défunts est également posé. Cécile Niel répond sur ce point. Puis Cécile Treffort évoque le problème soulevé par les enfants et la forte proportion d'immatures dans le cimetière de la Cour d'Albane. S'agit-il d'un « cimetière à répit » ? S'engage un débat nourri entre les deux Cécile, sur cette question puis sur d'autres : qui veut se faire enterrer là ?, peut-on utiliser le terme de paroisse pour la Cour d'Albane ?, quelle est la place des personnes handicapées ?
Cécile Treffort poursuit en soulignant que la thèse de Cécile Niel est essentielle. À partir des ossements, dit-elle, « on revient à la grande Histoire ». Elle réaffirme sa joie de voir l'aboutissement de ce travail et les nombreuses et nouvelles questions qu'il ouvre. Le dialogue se poursuit encore quelques instants à propos de l'inhumation des chanoines.

Après la pause, Luc Buchet engage à son tour le débat, en s'associant tout d'abord aux louanges précédemment exprimées. Le texte de la thèse est bien écrit, « impeccable », et les illustrations aussi. La bibliographie est riche, complète, bien actualisée. Il y a un peu trop de notes. Comme le disait Cécile Treffort, le contenu de certaines d'entre elles aurait dû se trouver dans le texte lui-même. Il y a dans cette thèse une abondance de documents, parfois même une surabondance. Ses trois parties manquent toutefois de synthèses partielles. Dans la première partie, Luc Buchet a beaucoup appris. Cécile Niel manifeste un esprit critique louable et l'exposé des contraintes est très clair. Luc Buchet la félicite pour avoir su tirer parti d'informations archéologiques fragmentaires. Le travail de clarification des données est assez considérable. Elle a su ainsi préparer avec soin sa recherche et la création de la vaste base de données à cet effet est judicieuse, ajouta-t-il, en restant toutefois sur sa faim sur quelques points. Les modes d'inhumation dans les cimetières des deux Cours auraient mérité quelques précisions supplémentaires. Le débat s'engage ; Cécile Niel dit qu'elle pensait avoir répondu dans sa thèse à cette question des différences de modes d'inhumation entre les deux cimetières. Sur les questions d'âge au décès et de détermination sexuelle, Luc Buchet considère qu'elle a bien décrit ses méthodes et qu'il s'agit de bons choix qui accompagnent bien le développement de la discipline. En ce qui concerne l'âge des enfants, se posait le problème de l'absence de population de référence. Pour le contourner, Cécile Niel a construit sa propre collection de référence. Là encore, l'idée est louable. Il y a de bonnes corrélations entre âge osseux et âge dentaire. La détermination sexuelle est bien discutée et bien exploitée. Luc Buchet souligne la qualité de l'évaluation des statures, fondée sur les méthodes les plus fiables. Il évoque toutefois un risque de surinterprétation dans l'observation des structures démographiques et demande à Cécile Niel de lui indiquer la référence [année de parution] de l'histogramme de Masset. Il précise que les caractères discrets ne figurent plus parmi les outils d'analyse du paléoanthropologue et regrette la surabondance d'informations dans certaines cartes.
Après avoir approuvé les réserves de Cécile Niel sur l'existence de « grands nordiques » parmi les individus inhumés et après lui avoir conseillé de reprendre la question de l'état sanitaire de la population, Luc Buchet achève son intervention en saluant ce travail de grande ampleur, avec une petite réserve sur le plan adopté pour la thèse. Il souligne encore l'effort important réalisé pour approfondir les différentes approches et considère que Cécile Niel a préparé, avec cette thèse, plusieurs thèses.
Cécile Niel remercie Luc Buchet et s'engage à poursuivre leur collaboration sur la paléodémographie.

Vient le tour d'Henri Duday, qui évoque en premier lieu ses liens personnels avec feu le paléoanthropologue caennais Jean Dastugue, ainsi que son plaisir d'être ici à Caen, où il participait déjà au jury de recrutement de Cécile Niel lors de son concours d'entrée au CNRS, en 2003. Il salue son exposé oral en considérant qu'il contient les conclusions qui manquaient à la fin de chaque chapitre. Puis il apporte une précision sur les cercueils - transportables - et les coffrages. Du point de vue formel, dit-il, la thèse de Cécile Niel est exceptionnelle. Elle est très bien écrite. Il déplore toutefois quelques erreurs, entre masculin et féminin, pour certains termes techniques, ou dans l'utilisation de certaines formes latines, tout en soulignant sa grande maîtrise de la nomenclature ostéologique. Les figures sont très bien même si deux d'entre elles sont mal placées. La bibliographie est très complète. Henri Duday se dit très content de la présentation des tests statistiques avec la présence des questions posées avant chaque analyse qui permet de savoir quelle était l'interrogation initiale. L'étude paléopathologique est également bien menée, même si quelques interprétations sont à revoir. Puis le débat s'engage entre Cécile Niel et Henri Duday sur la question de la diagnose sexuelle. Henri Duday complimente à nouveau Cécile Niel et évoque sa participation à la fouille qu'il dirigeait à Villedubert (Aude, sépulture collective du Chalcolithique) où elle a montré une grande capacité de travail et une grande aptitude au travail en équipe.
Henri Duday poursuit en évoquant quelques problèmes de taphonomie apparus à la lecture de la thèse. Il pose la question de la définition de la sépulture en pleine terre et de son application aux cimetières de Rouen. Il subodore la présence d'espaces vides et souhaite que Cécile Niel en tienne compte dans la publication. Cécile Niel lui répond qu'elle avait tout d'abord cherché à différencier la présence d'espaces vides, d'espaces colmatés ou semi-colmatés parmi les sépultures de Rouen, mais qu'elle a abandonné ce point car la documentation ne lui apparaissait pas suffisamment fiable ou trop succincte pour étayer complètement les conclusions qu'elle aurait pu en tirer. Il manifeste également une réserve à propos du nombre de groupes thanatologiques identifiés qu'il aurait, lui, simplifiés. Il fait une dernière remarque à propos des couches de remblai du site qui ont permis un phasage aussi précis par période d'inhumation, puis termine son intervention en renouvelant ses félicitations pour ce travail extrêmement complet. Il lui adresse ses meilleurs voeux pour son avenir professionnel et personnel.

Anne-Marie Flambard Héricher avoue n'avoir plus grand chose à dire, d'autant plus qu'elle n'est pas spécialiste d'archéologie funéraire. Elle considère toutefois que cette thèse est un travail considérable et rappelle que Cécile Niel a été sa première étudiante : « Bravo pour ce travail bien écrit, agréable à lire, fluide, clair, ni pompeux, ni prétentieux, avec un souci pédagogique constant souligné ici, à plusieurs reprises, par le jury ». Cette thèse, ajoute-t-elle, doit être publiée ; « considérable », en l'occurrence, n'est pas un vain mot ! La bibliographie est très complète. Considérant qu'il y a peu d'informations disponibles sur le contexte historique rouennais, Anne-Marie Flambard Héricher regrette, par conséquence, qu'il n'y ait pas plus de développements sur l'Hôtel-Dieu. Elle a trouvé très [trop] pointue la première partie de la thèse et particulièrement intéressantes les deuxième et troisième parties. Elle propose quelques interprétations nouvelles qui pourraient ouvrir quelques portes supplémentaires. Comme d'autres jurés, Anne-Marie Flambard Héricher aurait aimé lire des conclusions intermédiaires. Elle évoque ensuite quelques petits problèmes de couleurs, dans les cartes, un manque d'explication à propos de certaines limites de fouille. Cécile Niel répond en précisant qu'il s'agit de limites de sécurité. Anne-Marie Flambard Héricher évoque encore certaines notes trop lourdes, à remonter dans le texte, puis résume son intervention en disant à nouveau que la thèse de Cécile Niel était très agréable à lire, la remercie en souhaitant une publication très rapide de son travail.

Après une courte délibération, le jury décerne à Cécile Niel le titre de docteur en histoire et archéologie des mondes anciens et médiévaux de l'université de Caen Basse-Normandie, avec la mention très honorable, assortie de ses félicitations unanimes. L'auditoire salue avec enthousiasme la décision du jury.

Bruno Fajal




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