La restitution virtuelle de la Rome du IVe siècle (projet " Plan de Rome " mené depuis 1994 - www.unicaen.fr/rome) est au cœur de la problématique et l'expérience acquise pourra être utilement réinvestie dans des projets satellites qui respecteront la même charte documentaire.
Dans la continuité des travaux déjà réalisés, il s'agira, d'une part, de valoriser un patrimoine culturel très riche et varié (Plan de Rome de Paul Bigot, fonds Bigot, patrimoine littéraire et iconographique autour de la représentation de Rome) et, d'autre part, de mettre à jour l'ensemble des connaissances topographiques, urbanistiques et architecturales qui autorisent une restitution virtuelle réaliste de la Rome du IVe siècle.
On s'attachera plus particulièrement aux expérimentations suivantes : mettre le public à l'échelle de la ville ancienne ; concilier la représentation dans ses grandes masses d'un espace urbain disparu et la restitution détaillée de bâtiments bien individualisés ; gérer la déambulation virtuelle dans un vaste espace : Rome ancienne restituée dans sa globalité ; intégrer au modèle interactif l'accès au corpus scientifique des sources et des documents qui valident la restitution proposée. Paul Bigot a voulu représenter, dans son plan-relief conservé à l'Université de Caen et classé monument historique, l'état ultime de la Rome païenne. Le choix de restituer virtuellement la Rome du IVe s. s'imposait donc dans une démarche globale de valorisation du Plan de Rome et la période de référence offre aussi l'avantage d'être la mieux documentée avec des garanties suffisantes pour une restitution réaliste.
Qu'il s'agisse des formes architecturales, des schémas d'urbanisme ou des techniques de construction, les archétypes romains ont été reproduits à travers tout le bassin méditerranéen et jusqu'aux confins de l'empire. Chaque ville nouvelle de province s'est créée à l'image de Rome en se dotant de monuments décalqués sur les références prestigieuses de la capitale. La restitution de Rome ancienne sera donc aussi une invitation à mieux identifier et comprendre, dans les vestiges archéologiques encore présents de nos paysages, les composantes fonctionnelles du modèle urbain imposé par le pouvoir impérial. Dans cette dimension de son travail l'ERSAM s'appuiera naturellement sur le partenariat avec le Musée de Vieux-la-Romaine. L'ERLIS, dans sa volonté d'expliciter au public la documentation collectée, sera amenée à lui raconter l'histoire de Rome après Rome : comment des monuments et des plans d'urbanisme, endommagés par les détériorations physiques, ou une fois privés de leur sens religieux et civique, ont pu s'effacer du tissu urbain et s'absenter de la mémoire des hommes, et quels facteurs et outils ont permis leur lente reconquête mémorielle. Elle pourra ainsi montrer que l'écriture littéraire et l'invention artistique, en marge des découvertes archéologiques, ont participé largement à ce processus de réappropriation : descriptions topographiques, ekphrasis, fictions romanesques, récits et guides de voyage, vedute di Roma, envois des Prix de Rome…