Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales
UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Normandie)





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Équipe 2 – DYNAMIQUES SOCIALES ET CONSTRUCTION DES PAYSAGES

par Micael Allainguillaume - publié le , mis à jour le

Les membres de l’équipe 2 ont souhaité modifier l’intitulé de leur axe, Dynamiques sociales et construction des paysages, décliné en quatre thématiques reformulées qui réaffirment plus clairement la part des sources archéologiques comme fondement de nos questionnements. Les relations sociales et les activités humaines ont une dimension spatiale et cette inscription dans l’espace renvoie à des formes d’utilisation de l’espace dynamiques liées à un mode de vie. Les lieux de peuplement, dont la morphologie et les fonctions peuvent varier sur le temps long, la mise en valeur des ressources, les relations des communautés à leur espace, participent continument à la construction des paysages hérités. La structuration de nos projets autour de quatre thèmes : Elites et lieux de pouvoirs : archéologie d’un phénomène social, Archéologie des communautés rurales, Production, diffusion et réseaux d’échanges, Archéologie des espaces fluviaux et littoraux de l’échelle régionale à l’échelle européenne, s’inscrit dans la continuité des enquêtes présentées dans le bilan, et supposent un investissement à des degrés divers de chacun d’entre nous dans ces différents dossiers.

SOMMAIRE

1. Elites et lieux de pouvoirs : archéologie d’un phénomène social
1.1. Châteaux et manoirs dans leur territoire
1.2. La vie de château : approvisionnement, consommation
1.3. Les habitats ruraux du haut Moyen Âge comme témoins de la complexité de l’organisation rurale des campagnes du premier Moyen Âge
1.4. Sites archéologiques de l’époque des Grandes Migrations et du Haut Moyen Âge : tombes et trésors « princiers »

2. Archéologie des communautés rurales
2.1. Les habitats ruraux dans leur espace
2.2. Villages et villageois au second Moyen Âge

3. Production, diffusion et réseaux d’échanges
3.1 Approches céramologiques
3.2. Production et circulation monétaire de l’Antiquité à la fin du Moyen Âge

4. Archéologie des espaces fluviaux et littoraux de l’échelle régionale à l’échelle européenne
4.1. Caractérisation de l’occupation des embouchures et les basses vallées des fleuves de Basse-Normandie
4.2. Dynamiques urbaines, dynamiques fluvio-maritimes : les sites portuaires estuariens gallo-romains et médiévaux l’exemple de la Loire et de la Seine
4.3. La Manche, zone de continuité des échanges et des contacts : l’apport de la céramologie

1. Elites et lieux de pouvoirs : archéologie d’un phénomène social
(Anne Bocquet-Liénard, Marie Casset, Anne-Marie Flambard Héricher, Gaël Carré, Bénédicte Guillot, Claire Hanusse, Michel Kazanski, Bruno Lepeuple, Claude Lorren, Anna Mastykova, Édith Peytreman, Jean Soulat)

Nous avons choisi d’aborder la question des élites et des lieux de pouvoir à partir de trois points de vue. Le premier, quasi génétique pour l’histoire de notre laboratoire, est celui des lieux de pouvoir notamment fossoyés ; le deuxième à partir de sites d’habitats du premier Moyen Âge au sein desquels la présence des élites est repérée ou supposée ; le troisième celui des tombes et trésors princiers.

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1.1. Châteaux et manoirs dans leur territoire

Le château dans son terroir : la fouille de la Haute-Cour du Château Ganne à la Pommeraye (14), prolongera les enquêtes actuelles et complètera la connaissance de cette importante fortification (coordination A.-M. Flambard Héricher).

1.1.1. L’environnement et le paysage aménagé.

1.1.1.1. Prospection-inventaire (2009-2012) : « L’habitat noble dans l’ancien diocèse d’Avranches au Moyen Âge ». Prolongement et fin de l’enquête et préparation d’une publication de synthèse (coordination M. Casset).

1.1.1.2. Situé pour M. Casset dans le prolongement logique de la prospection-inventaire que l’on vient de mentionner, émerge le projet Environnement des châteaux qui pourrait prendre la forme d’un GIS. Il constituerait le volet français d’une enquête anglo-française en association avec R. Liddiard (Université d’East Anglia) qui traiterait de l’aménagement des sites castraux (parcs, étang, biefs, chasses, etc.) dans une perspective comparatiste entre l’Angleterre et diverses régions françaises (des contacts sont ou seront pris avec des collègues travaillant notamment sur la Bourgogne, le Lyonnais…).

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1.2. La vie de château : approvisionnement, consommation

1.2.1. Les cuisines des châteaux normands. Études archéologiques : topographie, aménagements, équipements, approvisionnement et consommation à partir de la documentation archéologique. Cette étude intègrera l’ensemble des données matérielles découvertes dans ces contextes, assez souvent bien identifiés sur les sites castraux : restes alimentaires divers, restes de vaisselle domestique…

1.2.2. Le point de départ de ce projet est le dépouillement par M. Casset et l’analyse, en collaboration avec C. Hanusse, du compte du receveur du château d’Hambye (Manche) pour l’année 1407-1408 (Archives de la principauté de Monaco, fonds Matignon, 248) qui donne au jour le jour la consommation notamment en viande, poissons, coquillages et crustacées, légumes, vin cervoise et cidre. Il s’agira d’appréhender non seulement la nature, la qualité de la nourriture consommée sur ce site, au long des jours ordinaires ou des jours où l’on reçoit, et de mettre en relation cette consommation avec les ressources locales.

1.2.3. Publications :

– Publication (2012) du colloque sur « Les châteaux normands. Bilan de l’étude des châteaux en Normandie (1980-2008) » organisé à Rouen en 2009, en liaison avec le PCR microtopographie des châteaux sous la direction d’A.-M. Flambard Héricher.
– Le château de Vatteville-la-Rue (Seine-Maritime) : publication des fouilles menées sur ce site par A.-M. Flambard Héricher.
– Publication de la thèse de Bruno Lepeuple, Les châteaux du Vexin du Xe siècle au milieu du XIIe siècle. Deux conceptions du contrôle territorial, la Normandie face à la France.

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1.3. Les habitats ruraux du haut Moyen Âge comme témoins de la complexité de l’organisation rurale des campagnes du premier Moyen Âge

Ce projet que coordonne E. Peytremann avait fait l’objet d’une demande de PEPS en 2008. E. Peytremann se propose, dans un cadre national, de construire des outils permettant une classification des habitats fouillés à partir de critères de distinction. L’élaboration d’estimateurs sociaux, par période chronologique, qui permettraient d’identifier au sein de l’habitat la présence d’une élite ou la présence d’une activité économique particulière, pourrait permettre d’aboutir à une hiérarchisation des habitats. Cette réflexion portera également sur la manière de désigner ces différents types d’habitat, parallèlement à une enquête dans les sources écrites. Ce projet pourra faire l’objet d’une nouvelle reconnaissance sous une forme qu’il reste à préciser (PEPS puis ANR).

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1.4. Sites archéologiques de l’époque des Grandes Migrations et du Haut Moyen Âge : tombes et trésors « princiers ».

Ces sites sont l’expression des nouvelles élites, le plus souvent d’origine barbare, qui cherchent ainsi à affirmer leurs nouvelles positions sociales élevées. Les pratiques funéraires extraordinaires, par ex. les grands tumuli, la richesse excessive du mobilier funéraire, la présence dans les tombes des objets statuaires, tels que les armes d’apparat ou les parures indiquant le rang des personnes enterrées, la place privilégiée, tout cela représente les signes distinctifs de ces tombes et trésors. Chaque découverte de ce type nécessite une étude approfondie, qui peut s’ouvrir sur une interprétation historique fiable. La concentration de ces sites « princiers » dans une zone spécifique indique à coup sûr les centres géographiques des formations pré-étatiques, appelés « les royaumes barbares » qui sont à l’origine de futurs états du haut Moyen Âge. L’organisation de l’espace autour de ces centres – réseau des habitats et des nécropoles « ordinaires », système de voies de communications, géographie des tombes contenant des armes et celle des lieux fortifiés – représente une étape importante des recherches, qui succède à l’étude des sites proprement dite. Ce projet, porté par M. Kazanski, A. Mastykova et J. Soulat, est lié par les populations concernées aux recherches de l’équipe 1 sur les Migrations. Une réponse à un appel à projet ANR pourrait être soumis par les deux équipes.

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2. Archéologie des communautés rurales
(Michael Batt, Éric Broine, Vincent Carpentier, Gilles Deshayes, Laurent Dujardin, Bruno Fajal, Bénédicte Guillot, Claire Hanusse, Christine Jablonski, Thomas Jarry, Jacques Le Maho, Claude Lorren, Édith Peytremann, Éric Van Torhoudt, Nicolas Wasylyszyn)

Nos connaissances sur l’organisation des campagnes du Moyen Âge se sont enrichies des nombreuses fouilles d’archéologie préventive réalisées au cours des dernières décennies. La production de travaux de synthèse est aujourd’hui un impératif à la condition notamment, d’une part, d’élaborer des outils permettant de mieux cerner la hiérarchie de ces habitats, comme cela est évoqué plus haut (1.3.) et, d’autre part, de produire les résultats des fouilles et, enfin, d’intégrer ces lectures dans un espace qui ne dissocie pas l’espace rural des villes, même si le fait urbain n’entre pas directement dans notre champ, et des processus de constructions territoriales.

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2.1. Les habitats ruraux dans leur espace

2.1.1. « Étude comparée des espaces ruraux dans la longue durée : transect archéologique en Normandie » (coordination V. Carpentier).

Faisant suite aux conclusions du CNRA (2002), cette démarche, qui a fait l’objet d’une proposition de PEPS en 2008, apparaît comme l’aboutissement logique d’une réflexion engagée depuis plus d’une vingtaine d’années à différentes échelles par des archéologues, spécialistes des paléo-environnements, géomorphologues, historiens des textes, du paysage et des techniques, sur une large bande littorale de la Normandie. La nécessaire confrontation des données anciennes et récentes, la rencontre des champs d’investigation disciplinaire et l’exigence critique et méthodologique qu’elles appellent aujourd’hui, motive la mise en place d’un projet commun visant à une étude globale de ces espaces, conduite à des échelles spatiales et chronologiques compatibles, de la Préhistoire à l’époque moderne notamment sur la frange littorale du territoire bas-normand. Se dévoileront ainsi, à l’issue d’un travail initial de compilation, de modélisation et de comparaison raisonnée des informations disponibles, les principaux héritages transmis d’une période à l’autre par les populations, qu’ils se manifestent à travers les faits archéologiques, les témoins de l’évolution de l’environnement ou encore les traces subjectives laissées par les populations passées. Dans cette optique, les informations réunies à ce jour dans le cadre de l’archéologie préventive pourront être confrontées et complétées par celles, davantage ponctuelles, issues de la recherche programmée. Ce projet pourra également faire l’objet d’une nouvelle reconnaissance sous une forme qu’il reste à préciser.

2.1.2. Constructions territoriales

Les espaces tels qu’ils sont perçus ou vécus par les sociétés du passé sont avant tout le fruit de constructions mentales qui les inventent, les façonnent, les précisent, les justifient ou les théorisent. Ces constructions empruntent les chemins des mythes et des croyances, elles trouvent leur expression à travers la mise en place d’organisations politiques et sociales, et se lisent dans la structuration des paysages, le partage des territoires et l’élaboration d’un discours oral, écrit ou figuré. La représentation des espaces fonctionne de manière dialectique, entre emprunt au passé et projection dans l’avenir, entre construction et reconstruction, imaginaires raisonnées ou matérielles. Il se fixe donc comme projet d’interroger les supports et les modalités par l’intermédiaire desquels, au cours de l’Antiquité et du Moyen Âge, se sont construits les différents espaces porteurs des identités culturelles et territoriales. Les convergences avec les thèmes développés dans l’équipe 1 sont naturellement importantes. Cette interrogation est également présente dans le travail de doctorat de T. Jarry sur les possessions de l’abbaye Saint-Etienne de Caen à travers le constat de l’imbrication des différents territoires : seigneurie, domaines fonciers, sergenteries, paroisses.

2.1.2.1. La territorialisation de la paroisse en Normandie : pour un état des lieux.

Projet transversal Équipe 1-Équipe 2. La manière dont est aujourd’hui perçue la mise en place du territoire paroissial a été très largement renouvelée par l’historiographie récente. Ce processus de longue durée qui s’achève plus tardivement que ce que l’on a longtemps pensé doit être dissocié chronologiquement de la création du réseau d’églises détenant tout ou partie des fonctions paroissiales. Le dossier normand est à reprendre à la lumière des travaux récents. À partir de certains corpus documentaires croisés par G. Combalbert et É. Van Torhoudt dans leurs thèses respectives et la confrontation de dossiers archéologiques et cartographiques, nous nous proposons dans le cadre d’un atelier de reprendre cette question.

2.1.2.2. Inventaire des églises préromanes et romanes précoces de Normandie prend place dans l’ANR « Corpus européen des églises du IVe au Xe s. », sous la direction de Pascale Chevalier et Christian Sapin (ANR Corpus architecturae religiosae europeae [CARE], saec. IV-X), dont A.-M. Flambard Héricher est la coordonnatrice pour la Haute et la Basse-Normandie. Ce projet prend la forme de rédactions de notices de 83 édifices pré-romans auquel sont associés plusieurs membres de l’équipe 2 (C. Lorren, J. Le Maho, N. Wasylyszyn). Les églises, avec leurs différentes campagnes de construction, sont de précieux témoins de l’histoire des paroisses rurales et de leur évolution démographique. Parmi les édifices les plus significatifs ou les plus importants, certains feront l’objet de relevés architecturaux (plans et dessins ‘pierre-à-pierre’) et de prélèvements d’échantillons pour une datation des mortiers par le 14C.
Parmi ces sites, L’abbaye de Jumièges fait l’objet d’une étude approfondie par J. Le Maho et G. Deshayes qui participent depuis 2001 à un projet collectif sous la direction de James Morganstern (université de l’Ohio, USA), qui porte notamment sur l’étude des ruines du site monastique, en vue de la publication de deux ouvrages monographiques, l’un sur l’église Notre-Dame (XIe-XIIIe s.), l’autre sur l’église Saint-Pierre (IXe-XIVe s.). Jusqu’à présent, la contribution de J. Le Maho a principalement porté sur l’analyse des vestiges des parties carolingiennes de l’église Saint-Pierre, celle de G. Deshayes sur la collecte et l’inventaire des éléments lapidaires et des documents iconographiques. Depuis 2008 est également en cours l’étude d’un lot de 450 fragments de vitraux peints et historiés du XIe s. provenant de l’église Notre-Dame (photographiés par É. Broine). Tous ces travaux feront l’objet de publications au fur et à mesure de l’achèvement des dossiers.

2.1.2.3. Projet « Caretel » (É Broine, C. Hanusse, T. Jarry). La saisie des données s’achevant en 2011, le traitement des données dans le courant de l’année 2012 visera à analyser les réseaux de voiries, les formes du parcellaire, et les réseaux de peuplement (églises, habitats,…) dans l’espace littoral entre Orne et Seulles. Ces résultats feront l’objet d’une publication au terme de ce quadriennal.

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2.2. Villages et villageois au second Moyen Âge

L’aboutissement de l’HDR de C. Hanusse permet d’envisager le développement des enquêtes sur les habitats du second Moyen Âge.

2.2.1. Courtisigny : un village, son église paroissiale et son cimetière.

La reprise des fouilles sur ce site doit permettre d’approfondir l’analyse sur la question du rapport du village et de son église. La fouille du cimetière est envisagée à partir de 2014 (selon la disponibilité de C. Niel), une fouille qui doit nous permettre de connaître la topochronologie du cimetière et de mieux cerner la population de centre paroissial ; cette fouille sera précédée d’une première campagne (2013) permettant de préciser l’environnement de l’église et la relation de l’espace ecclésial avec le secteur du village fouillé antérieurement.

2.2.2. Projet de coopération internationale sur les habitats ruraux avec Richard Jones et le Center for Local History, Université de Leicester (dir. Prof. C. Dyer) intitulé « Les habitats ruraux et leurs communautés au Moyen Âge : vers un nouveau programme de recherche franco-anglais », avait été déposé par C. Hanusse en septembre 2008. Rejetée par le CNRS, cette proposition a reçu un avis favorable de la British Academy. Ce projet retravaillé après l’achèvement de l’HDR de C. Hanusse, sera redéfini, mais sur les bases problématiques initiales, et comprendra une série de rencontres et une publication collective.

2.2.3. Maisons des champs et maisons des villes

La question de l’unité d’habitation, la maison, doit être reprise à partir de la documentation archéologique tant du point de vue des matériaux mis en œuvre que du mobilier découvert en contexte, mais en explorant de manière plus attentive des pistes telle que la capacité de cette documentation à nous faire connaître plus intimement les habitants de ces maisons, qu’ils vivent à la campagne ou en ville, ou sur leur rapport au voisinage. Appuyé sur des études de cas bien documentés, ce projet pourrait être l’occasion de reprendre le dossier du site de Trainecourt (Grentheville 14), de traiter d’exemples urbains notamment ceux étudiés par B. Guillot (Caen), et d’élaborer des enquêtes comparatives d’abord dans nos espaces de travail privilégiés (France du Nord-Ouest) et Angleterre ; l’objectif est ensuite de nous ouvrir vers le sud de la France notamment avec nos collègues de Terrae. Un tel projet devrait donner lieu à une table ronde en fin de quadriennal (coordination C. Hanusse). Enfin, cette problématique sera approfondie sous l’angle d’une activité artisanale spécifique, la production textile, dans la thèse d’E. Sehier sur « Textilotechnie entre Loire et Rhin au Moyen Âge. La place de la fabrication des textiles au sein des habitats ruraux du Ve au XIIe siècle ».

2.2.4. Publications :

Deux manuscrits issus du dossier d’HDR de C. Hanusse seront publiés au cours du quadriennal : Archéologie du village de Courtisigny : les fouilles du site des « Fosses Saint-Ursin », à Courseulles-sur-Mer (Calvados). 1971-2008 ; Archéologie des communautés rurales dans le Nord-Ouest de la France, auquel s’ajoutera la publication de l’habitat du haut Moyen Âge de La Sente à Grentheville (14).
C. Jablonski et M. Batt feront aboutir un article de synthèse (projeté dans Archéologie Médiévale) des travaux de 1983 - 1987 et 2001 - 2007 sur l’habitat déserté du Goënidou (29).

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3. Production, diffusion et réseaux d’échanges
(Michael Batt, Anne Bocquet-Liénard, Eric Broine, Gaël Carré, , Stéphanie Dervin, Thérèse-Marie Dubois-Hébert, Laurent Dujardin, Bruno Fajal, François Fichet de Clairfontaine, Anne-Marie Flambard Héricher, Claire Hanusse, Pierre-Marie Guihard, Annie Lefèvre, Patrice Mouchel-Vallon, Marie-Anne Moulin, Jacqueline Pilet-Lemière, Fabienne Ravoire, Jean Soulat)

3.1 Approches céramologiques

3.1.1. « Production, diffusion et réseaux d’échanges : l’exemple de la céramique médiévale en Normandie »

Ce programme s’appuie sur plusieurs dossiers d’enquêtes qui bénéficie des travaux déjà bien avancés grâce au PCR « Typo-chronologie de la céramique médiévale dans l’espace bas-normand du Xe au XVIe siècle » qui sera poursuivi au cours du quadriennal 2012-2015. L’accent sera mis sur la construction de la typo-chronologie pour la période XIIIe-XIVe s., à partir des études déjà réalisées et/ou publiées, ainsi que des lots inédits ou encore à l’étude, en intégrant aussi les résultats de la thèse de S. Dervin (doctorante sous la direction d’A.-M. Flambard Héricher). La diffusion des résultats déjà acquis du PCR s’est concrétisée par l’accueil de la rencontre annuelle du réseau ICERAMM en novembre 2011 et la synthèse de la typo-chronologie et de l’étude des productions fera l’objet d’un ouvrage monographique.
D’autres enquêtes se poursuivront à l’initiative de B. Fajal : d’une part sur les productions de vases à oeil-de-perdrix avec la poursuite de l’enquête et du projet de publication interactive en ligne ; d’autre part sur les grès normands grâce au développement de la collaboration entreprise depuis le printemps 2010 avec des archéologues d’Amérique du Nord ; enfin la mise en place d’une base de données des marques de potiers médiévales et post-médiévales « Marquenterre » (en collaboration avec M. Batt et É. Broine).

Une problématique particulière de la céramique médiévale normande a été traitée avec le groupe de travail « Inhumations en contexte religieux » ; elle concerne la présence de vases en contexte funéraire à compter du XIIe s. (cf. bilan Équipe 1). La journée organisée en 2010 trouvera son prolongement dans l’organisation d’une table ronde internationale en mai 2012, qui sera préparée grâce à la mise en place d’un grand inventaire de cette pratique concernant toute la France et les pays limitrophes (cf. projet Équipe 1).

3.1.2. La terre cuite dans le nord de la France : caractérisation, origine et diffusion
Plusieurs travaux sont inscrits dans un champ chronologique plus large et à d’autres échelles géographiques (France du Nord). En collaboration avec les acteurs de l’archéologie préventive, de la culture ou des services départementaux, le service d’archéométrie-céramologie est engagé dans l’élargissement du corpus de référence des analyses chimiques afin de répondre aux problématiques des origines de fabrication et de mieux cerner les productions céramiques dans le nord de la France. Plusieurs centres de productions (Vanves, la Calotterie, Metz) dont les études sont en cours, feront l’objet d’une attention particulière. Afin de préciser, par exemple, le faciès des productions céramiques d’Île-de-France, des caractérisations physico-chimiques sont menées en collaboration avec F. Ravoire dont les travaux doivent se terminer en 2011 mais qui pourraient déborder sur le quadriennal suivant.

3.1.3. Candidature, portée par A. Bocquet-Liénard, pour l’accueil du colloque du Groupe des Méthodes Pluridisciplinaires Contribuant à l’Archéologie (GMPCA) en 2013. L’organisation de ce colloque qui se déroule durant une semaine, traditionnellement au printemps, est un objectif ambitieux qui sera réalisé notamment en collaboration avec les acteurs régionaux de l’archéologie (SRA, Service Archéologie du CG14). Cette candidature, désormais acceptée, comprend notamment l’organisation d’une journée thématique : « Archéomatériaux, production, caractérisation, conservation ».

3.2. Production et circulation monétaire de l’Antiquité à la fin du Moyen Âge

3.2.1. Publication de la table ronde tenue en 2011 : La Normandie dans l´Europe du Nord-Ouest : circulations monétaires et réseaux d´échanges de la fin de la Protohistoire à la fin du Moyen Âge (édité par J. Chameroy et P.-M. Guihard).

3.2.2. Base de données Nummus. Le projet « Nummus » vise à promouvoir la diffusion et la collaboration scientifique dans le domaine de la recherche numismatique et à la mise en place d’un outil accessible à la communauté de chercheurs. « Nummus » est une base de données qui comporte 8500 monnaies antiques et médiévales découvertes principalement en Normandie ; deux autres bases annexes dont une spécifique de la période mérovingienne permettent d’interroger près de 10 000 fiches. Le projet Nummus réalisé en collaboration avec le pôle « Document numérique » de la MRSH, associe le Musée de Normandie pour l’étude du médaillier conservé par le musée (plus de 8000 monnaies).

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3.3 Publications

Préparation de la publication de la thèse (soutenue le 25 janvier 2010, Université de Rouen sous la direction d’A.-M. Flambard Héricher) de Thérèse-Marie Dubois-Hébert sur Les potiers de Martincamp, XVIIe-XIXe siècle.

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4. Archéologie des espaces fluviaux et littoraux de l’échelle régionale à l’échelle européenne
(Cécile Allinne, Anne Bocquet-Liénard, Vincent Carpentier, Christophe Colliou, Stéphanie Dervin, Jacques Le Maho, Jimmy Mouchard, Jean Soulat)

La poursuite des enquêtes sur les espaces fluviaux et littoraux coordonnées par C. Allinne se structurera autour des trois dossiers complémentaires. Ces travaux ont plusieurs points communs : l’inscription des enquêtes sur la longue durée ; la pluridisciplinarité qui s’appuie sur la collaboration d’archéologues, de géomorphologues, géoarchéologues… ; une pratique sur des terrains complexes.

4.1. Caractérisation de l’occupation des embouchures et les basses vallées des fleuves de Basse-Normandie.

Ce thème prolonge les travaux entrepris sur la basse vallée de la Dives et sur l’occupation antique du site de Blainville dans la vallée du Dan, dont la fouille sera interrompue avant la fin du contrat quadriennal actuel.

4.1.1. Les enquêtes se fixent comme objectif de développer l’étude de sites ou de zones favorisant les complémentarités diachroniques et de travailler sur l’évolution des littoraux sableux. V. Carpentier devrait s’investir sur la baie des Veys exutoire de quatre fleuves littoraux, l’Aure, la Vire, la Taute et la Douve. C. Allinne développera son activité sur un autre site dont le choix est à l’étude. La mise en place d’un groupe de travail bas-normand (à l’initiative du SRA et du Service archéologie du CG14) dans le prolongement du bilan régional sur l’archéologie de l’époque gallo-romaine qui avait été suscité par le Ministère de la Culture, comprend un atelier sur les cours d’eau coordonné par C. Allinne. Ce cadre d’enquête fournit un outil de repérage d’un nouveau site de fouille. La lourdeur des enquêtes et la complexité des fouilles dans ces milieux inscrivent ces projets dans la durée.

4.1.2. Publications

V. Carpentier : Les pieds dans l’eau. L’estuaire de la Dives au Moyen Âge. Contribution à l’histoire environnementale des zones humides (Publications du CRAHM).
Il coordonnera également l’étude et la publication de la fouille d’un moulin à eau du Xe s., découvert dans la Manche (études xilologiques, études techniques).

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4.2. Dynamiques urbaines, dynamiques fluvio-maritimes : les sites portuaires estuariens gallo-romains et médiévaux : l’exemple de la Loire et de la Seine

J. Mouchard prolonge les travaux menés dans le cadre de sa thèse dans une perspective qui se situe à l’échelle du Nord-Ouest de la France sur une problématique qui vise à étudier les dynamiques urbaines et fluvio-littorales à travers l’exemple des sites portuaires gallo-romains et médiévaux notamment de la basse vallée de la Seine, de Rouen à la mer, et de la basse vallée de la Loire de Nantes à la mer.

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4.3. La Manche, zone de continuité des échanges et des contacts : l’apport de la céramologie.

Un projet situé dans la continuité des travaux débutés grâce au PCR « Quentovic, un port du haut Moyen Âge entre Ponthieu et Boulonnais » a été déposé dans le cadre du GDR « Histoire des mondes britanniques » (voir Équipe 1). Il permettra de s’interroger sur le rôle de la Manche comme zone de continuité des échanges et des contacts à travers l’apport des études céramologiques et archéométriques, en particulier sur la question des céramiques de tradition saxonne, programme qui sera poursuivi quel que soit le devenir du projet de GDR (coordination A. Bocquet-Liénard).