Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales
UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Normandie)





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Des pots dans la tombe (IXe au XVIIIe siècle). Regards croisés sur une pratique funéraire en Europe de l'Ouest




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Lecouteux, Stéphane

✉stephane.lecouteux@unicaen.fr

Docteur en histoire médiévale de l’université de Caen Normandie, spécialité langues et littératures anciennes (2015).
Membre associé au CRAHAM-UMR 6273 (depuis janvier 2016).

Ingénieur R&D (« Recherche, étude et développement ») en informatique (1997-2010).
Allocataire de recherche (contrat doctoral ED HMPL 2011-2014).
Ingénieur d’études en sources anciennes sur le projet Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel (CDD cat. A, octobre 2015-février 2016).
Responsable de la Bibliothèque patrimoniale d’Avranches (depuis mars 2016).

Thèse de doctorat (2011-2015) : Réseaux de confraternité et histoire des bibliothèques. L’exemple de l’abbaye bénédictine de la Trinité de Fécamp, sous la direction de Catherine Jacquemard (CRAHAM-UMR 6273) et d’Anne-Marie Turcan-Verkerk (EPHE/IRHT), université de Caen Normandie, 2015.

Mémoire de Master 2 EPHE (2010-2011) : Les Annales de Flodoard de Reims (919-966) dans la tradition historiographique du Moyen Âge. Travail de l’annaliste et de l’historien, perception et maîtrise du temps (VIIIe-XIIe siècles), sous la direction d’Anne-Marie Turcan-Verkerk (EPHE/IRHT), Paris, 2011.


Activités scientifiques et orientations de recherches


Mes activités portent sur quatre axes de recherche (et sur leurs interactions) :
• Histoire des textes et des manuscrits
• Histoire des bibliothèques anciennes
• Associations spirituelles et réseaux de confraternité
• Transferts culturels (spirituels, intellectuels, artistiques, techniques, etc.)

Au Moyen Âge, les réseaux de confraternité, tout comme les réseaux monastiques (congrégations et ordres religieux), ont favorisé la circulation des moines et des clercs et donc celle de leurs livres (manuscrits) et de leurs textes. Les associations spirituelles ont de ce fait directement contribué à la formation et à l’enrichissement des bibliothèques anciennes, tant monastiques qu’ecclésiastiques. Plus généralement, les confraternités ont joué un rôle majeur dans les échanges matériels, techniques et intellectuels entre les établissements religieux.
Considérés à tort comme éphémères et évanescents, les réseaux de confraternité ont jusqu’à ce jour été négligés par les médiévistes. Les sources nécrologiques et confraternelles disponibles sont pourtant nombreuses, mais restent en grande majorité inédites. Elles demeurent largement sous-exploitées. Elles sont pourtant essentielles pour la connaissance des liens unissant entre eux les centres culturels et spirituels médiévaux. Avant l’émergence des grands centres scolaires urbains (collèges et universités fondés à partir de la seconde moitié du XIIe siècle et qui se développent surtout aux XIIIe et XIVe siècles), les établissements religieux (monastères, chapitres cathédraux et collégiales) furent longtemps les principaux centres intellectuels et spirituels de l’Occident chrétien. Afin d’étudier la transmission du patrimoine écrit antique et médiéval (tant religieux que profane), la reconstitution des réseaux de confraternité de ces communautés religieuses semble aussi essentielle qu’incontournable.


Travaux et projets en cours


• Porteur du projet Memoria & societas. De la documentation confraternelle aux réseaux de confraternité, consacré à l’étude de l’influence des associations spirituelles sur la circulation des hommes et les échanges intellectuels, techniques et matériels au Moyen Âge. Ce projet vise à mettre les réseaux de confraternité au centre d’un vaste programme de recherches. En encourageant les approches transverses et interdisciplinaires, ce projet novateur aura, dans les années à venir, de multiples répercussions en sciences humaines et sociales et favorisera ainsi les découvertes.
La documentation confraternelle, utilisée pour reconstituer les réseaux de confraternité, est en train de révolutionner notre façon d’appréhender l’histoire des textes, des livres et des bibliothèques. Elle contribue également à renouveler et à approfondir nos connaissances sur la circulation des hommes et sur les échanges intellectuels, techniques et matériels au Moyen Âge. Les sources confraternelles, abondantes mais en grande partie inédites, peuvent en effet servir à reconstituer les réseaux humains, sociaux, intellectuels, culturels et spirituels que nous étions jusqu’alors incapables de percevoir. Jusqu’ici les chercheurs se sont focalisés sur les individus, sans penser aux effets de masse et aux liens collectifs. Les documents permettant de mettre en évidence l’existence de ces réseaux existent, mais personne ne les regarde et n’a songé, jusqu’à ce jour, à les exploiter. C’est ce que je souhaite faire grâce au projet Memoria & societas. Il sera ainsi possible, d’une part, de mettre en lumière les liens qui unissaient autrefois les centres culturels et spirituels européens, d’autre part, de renforcer les liens qui unissent aujourd’hui les centres de recherches par la mise en place de collaborations et de partenariats. Les résultats déjà acquis dans plusieurs domaines, à commencer par l’histoire du patrimoine écrit antique et médiéval, l’histoire des bibliothèques anciennes et l’histoire de la culture et de la spiritualité, permettent dores et déjà de percevoir le formidable potentiel du projet Memoria & societas. Ils fournissent également de précieux indicateurs pour mesurer l’influence que ce programme de recherches exercera dans les années à venir sur d’autres projets nationaux et internationaux en sciences humaines et sociales. L’archéologie, l’histoire de l’architecture et du bâti, l’histoire de l’art et du patrimoine sacré, l’histoire des religions ou encore la prosopographie sont autant de domaines qui tireront de précieux bénéfices en introduisant la notion de réseau de confraternité dans leur discipline. Comme les réseaux monastiques (congrégations et ordres religieux), les réseaux de confraternité méritent d’être étudiés dans leur globalité. La progression du projet fera également émerger de nouveaux dossiers dont il est aujourd’hui impossible de prédire la nature et l’ampleur : du fait de son caractère transverse, le projet Memoria & societas est par essence porteur de découvertes.

• dans le cadre de l’Equipex Biblissima (dirigé par Anne-Marie Turcan-Verkerk [EPHE/IRHT]), participation au projet partenaire Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel (BVMSM, un catalogue numérique des manuscrits et des livres imprimés de la bibliothèque du Mont Saint-Michel) dirigé pour l’université de Caen Normandie par Catherine Jacquemard et Marie Bisson (CRAHAM-UMR 6273/Pôle document numérique de la MRSH de Caen) et par moi-même pour la Ville d’Avranches. Ce projet, relevant des humanités numériques, m’a amené à co-organiser avec Marie Bisson (en collaboration avec Catherine Jacquemard, Marie-Agnès Lucas-Avenel, Pierre-Yves Buard et Brigitte Gauvin) l’école d’été Bibilissima, tenue à Avranches du 29 août au 2 septembre 2017, à rédiger le cahier des charges de la campagne de numérisation 2016 des manuscrits du Mont Saint-Michel et à suivre cette campagne assurée par la société Azentis (octobre 2016-janvier 2017). La BVMSM sera mise en ligne courant mars 2017.

• participation au programme Ex monasterio sancti Michaelis in periculo maris, visant à l’édition des sources historiques relatives à l’abbaye du Mont Saint-Michel (programme dirigé par Catherine Jacquemard [CRAHAM-UMR 6273]), en particulier au travail collectif d’édition critique et de traduction du De abbatibus hujus loci rubrica abreviata, ou Chronique des abbés du Mont Saint-Michel (équipe de recherche : Marie Bisson, Pierre Bouet, Olivier Desbordes, Brigitte Gauvin, Catherine Jacquemard, Stéphane Lecouteux, Marie-Agnès Lucas-Avenel). La mise en ligne de cette édition est prévue courant 2017.

• Recherches sur les œuvres historiographiques, avec un intérêt centré sur les annales monastiques et épiscopales (annales carolingiennes, annales pascales, annales mineures, etc.), sur leur transmission et sur les relations entre familles annalistiques (approche philologique) : annales de Flodoard de Reims (Xe s.), annales angevines et vendômoises (XIe-XIIe siècles), annales normandes (XIe-XIIIe siècles), etc. Ce champ de recherche amène à s’interroger sur les méthodes de travail des annalistes, des chroniqueurs et des chronographes et sur leur rôle dans l’usage de l’année de l’incarnation comme référentiel de datation dans les œuvres historiographiques, hagiographiques, documentaires et narratives contemporaines.