Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales
UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Normandie)





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La Stratégie scientifique du quinquennal 2017-2021

par Micael Allainguillaume - publié le

Les grandes évolutions et les objectifs scientifiques

Le programme scientifique de l’unité a été revu pour le quinquennal 2017-2021 : il est désormais décliné en trois thèmes et en deux axes transversaux qui permettent de mieux identifier les spécialités de l’unité et d’intégrer les nouveaux projets. Les trois thèmes sont : 1 - « Migrations, diasporas, conquêtes, identités de l’Antiquité au début de l’époque moderne », 2 - « Culture matérielle, réseaux économiques et sociaux : productions, usages et représentations » ; 3 - « Héritages, imitations et écritures du passé » ; et les deux axes transversaux s’intitulent A - « Érudition et numérique (production de données, exploration de corpus) » et B - « Les mondes normands dans l’Europe médiévale » . Par la création de ces deux axes transversaux, qui réunissent les différentes disciplines du Craham (historiens, archéologues et philologues), l’unité marquera plus fortement sa pluridisciplinarité dans des programmes de recherche pour lesquels ses compétences sont déjà reconnues sur le plan national et international. Au sein de l’axe A, le Craham renforcera son engagement dans le domaine des « humanités numériques », en lien avec le pôle Document numérique de la MRSH de Caen et les équipements ou centres de ressources du CNRS (TGIR Huma-Num ; TELMA).
Il s’agit également d’accentuer fortement le lien formation-recherche. Rappelons que c’est une priorité de l’alliance Athena (« 5 principes d’action pour la recherche en Europe », in Des sciences dans la science, J. Commaille et F. Thibault (dir.), Alliance Athena, 2014). Après la mise en place d’un parcours archéologie dans le cursus de la Licence d’Histoire, le précédent quinquennal a vu la création d’un Master « Archéologie », tandis que se sont développées les formations au numérique dans des Masters portés par des enseignants-chercheurs du Craham, notamment le Master « Document spécialité Édition, Mémoire des textes » qui devient à la prochaine rentrée le Master « Métiers du livre et de l’édition ». La finalisation de ces diplômes permettra, d’assurer une formation complète dans deux domaines de spécialité du Craham : l’archéologie et les humanités numériques, qui s’ajoutent aux formations plus classiques en Histoire et en langues et littératures anciennes. La formation dans le domaine des digital humanities devrait profiter de l’ouverture d’un parcours « humanités numériques » dans une licence mention Humanités de la nouvelle composante dès la rentrée 2017 et de la réflexion menée actuellement pour répondre à l’appel à projet PIA3, visant en particulier la constitution d’une Ecole Universitaire de Recherche. En archéologie, la place du Craham sera confortée par la seule reconnaissance du pôle caennais dans ce domaine de spécialité (alors que le Master « Archéologie » était auparavant cohabilité Caen-Rouen). Les formations techniques actuellement dispensées sur demande par les services feront l’objet d’une programmation et d’une publicité.

La mise en œuvre du projet
Concernant l’émergence de nouveaux projets, la mise en place de cellules destinées à conseiller et à soutenir financièrement le montage des appels à projets (ANR, projets européens) par le conseil régional de Normandie, l’université et le CNRS devrait permettre de susciter davantage de candidatures. Par ailleurs, le renforcement des convergences inter-ou pluridisciplinaires permettra de mutualiser des projets et des équipements dans les domaines où le Craham confine avec les sciences expérimentales (ex. : médecine avec le service d’anthropologie, sciences de la terre et physique avec les services d’archéométrie-céramologie et de numismatique).

En termes de valorisation, il s’agira :
– de maintenir une activité de prestation de qualité, gage de reconnaissance des savoir-faire appliqués au domaine scientifique,
– d’inciter les partenariats avec les entreprises (archéologie, numérique),
– de s’inscrire, en concertation avec nos partenaires (CNRS Éditions, PUC, Brepols, Deutsche Burgenvereinigung, etc.), comme pôle de diffusion (numérique et papier) dans les domaines de l’histoire, de l’archéologie médiévale ou de l’édition de sources anciennes, à l’échelle européenne :
– en partant des quatre revues classées par l’AERES (revue Archéologie médiévale, Kentron, collection « Château Gaillard », revue électronique Tabularia), de la collection « Publications du Craham » et des éditions multimodales de sources anciennes et médiévales,
– par des projets permettant l’ouverture et une meilleure diffusion de ces supports : convention de publication des congrès internationaux de la Société d’archéologie médiévale, moderne et contemporaine ; sélection des manuscrits à publier s’affranchissant davantage des thèmes concernant l’Europe du Nord, mise en ligne des revues et des collections de publications antérieurement publiées.

Le Craham dans la recherche régionale, nationale et internationale
Le Craham s’inscrit pleinement dans le Pôle « Humanités, Culture, Sociétés » et de l’Axe Transversal « Humanités numériques » de la nouvelle structuration de la Recherche à l’échelle de la Comue Normandie Université, Ce pôle met en avant :
1) certaines spécialités fortes du laboratoire : numérisation intelligente des documents autour de l’édition critique et les humanités numériques ; corpus documentaires, des sources archéologiques aux manuscrits et aux archives ; recherches sur la mémoire et la culture qui ont acquis une dimension européenne autour de l’expansion des Normands au Moyen Âge et du Mont Saint-Michel ; 2) les collaborations partenariales avec l’Équipex Biblissima, le TGIR Huma-Num ; la MRSH de Caen ; le Ministère de la Culture.
3) notre capacité à participer à une action concertée entre Recherche et Formation
Le positionnement régional à l’échelle de la région Normandie et du Grand Ouest est l’un des enjeux du quinquennal. Un pôle caennais fortement identifié aux études médiévales et ouvert sur l’Antiquité dans les domaines de l’histoire, de l’archéologie et des études littéraires et ecdotiques est une pièce importante du dispositif de recherche suprarégional, avec Rennes (paléo-environnement et pré- et protohistoire) et Nantes (Antiquité). L’UMR a le souhait de s’inscrire comme un lieu de réflexion sur l’épistémologie et les méthodes de l’archéologie historique. Les recrutements récents de collègues venant de Toulouse et de Poitiers permettent également depuis trois ans une ouverture de l’UMR vers d’autres terrains et d’autres réseaux de recherche, plus méridionaux. Le partenariat avec le Ministère de la Culture devra être intégré à la convention nationale MCC-CNRS.
Sur le plan international, le laboratoire entend conforter et structurer (autour d’appels à projet, de conventions interuniversitaires, d’outils de réseautage) ses collaborations avec la Grande-Bretagne et l’Italie, la Scandinavie et la Russie, et développer à la faveur d’initiatives récentes celles engagées en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en Arménie et au Japon. Le réseau Erasmus actuel devra être réorganisé pour plus d’efficacité, en fonction des nouvelles priorités du laboratoire et de la reconfiguration des UFR.

Conclusion
Les choix stratégiques sont donc les suivants : dans le domaine des « humanités numériques », développer des stratégies qui répondent davantage encore aux spécificités des différents domaines, par une réflexion menée au sein du laboratoire et en partenariat avec des chercheurs appartenant à d’autres structures, dans le cadre du CPER, de Consortiums, d’ANR ou de l’Équipex Biblissima. L’unité, par la reconfiguration de son équipe de direction et de ses objectifs scientifiques, marquera plus fortement sa pluridisciplinarité dans des programmes de recherche pour lesquels ses compétences sont déjà reconnues sur le plan national et international. L’émergence de nouveaux projets dans les domaines de la numismatique (projet FANUM, Partenariat avec le Cabinet des Médailles de la BnF, ratifié par une convention) et de l’archéométrie renforcera ses collaborations interdisciplinaires avec les acteurs de la recherche dans le domaine des sciences expérimentales et augmentera ses compétences en matière de prestations de services techniques, déjà reconnues sur le plan régional et national. Le positionnement régional à l’échelle de la région Normandie et du Grand Ouest est l’un des objectifs majeurs des cinq années à venir. Il aura des conséquences importantes sur l’excellence des offres de formations de l’unité dans cette aire géographique, notamment dans le domaine des digital humanities (avec l’ouverture d’un parcours « humanités numériques » dans une licence mention Humanités et un Master « Métiers du livre et de l’édition », en partenariat avec les compétences du pôle Document numérique de la MRSH et des Presses universitaires de Caen), dans les champs historiques explorés par le Craham (l’époque des Grandes Migrations, les mondes normands qui lui sont spécifiques en France) et dans le domaine d’une archéologie théorique et appliquée des périodes historiques (pour laquelle le Craham constitue un lieu de rencontre important entre les différentes institutions). Sur le plan international, le Craham consolidera ses nombreux partenariats existants, et les projets émergents (l’époque des Grandes Migrations, l’étude globale de la culture matérielle) s’appuieront essentiellement sur des réseaux européens, asiatiques et nord-américains.