Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales
UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Normandie)





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Fête de la Science 2016

par Micael Allainguillaume - publié le , mis à jour le

COMPLET. Merci pour votre enthousiasme. Rendez-vous l’année prochaine pour ceux qui n’ont pas pu s’inscrire

Ateliers

La fabrication de la teinture à l’époque romaine à partir du pourpre : l’étonnant site archéologique de Commes (Uniquement le dimanche)
Cécile Allinne (archéologue, maître de conférence en archéologie antique) fera une Présentation du site romain de Commes, fouillé en 2015-2016.
Ce site archéologique, fouillé sur 4 500 m², se distingue par la très grande quantité de coquilles marines retrouvées, disséminées partout sur le sol et concentrées dans des fosses dépotoirs : des bigorneaux, patelles, moules, huîtres, mais surtout des pourpres Nucella Lapillus. Au contraire des quatre autres espèces, le pourpre n’est pas une espèce consommée. Elle est en revanche connue et utilisée à l’époque romaine pour ses propriétés tinctoriales, permettant d’obtenir une riche gamme de couleurs du gris-bleu au rose-violet. Même si c’est peu fréquent, ce n’est pas la première fois que de tels assemblages de coquilles, témoignant d’un travail de fabrication de teinture, sont mis au jour en France. Le caractère exceptionnel de ces découvertes tient au fait que ces restes étaient, à Commes, associés à des bâtiments artisanaux comprenant notamment des fours très originaux, liés à une étape clef de la transformation des coquillages. Le site revêt ainsi un intérêt majeur : il s’agit du seul cas, sur l’ensemble des provinces occidentales de l’Empire romain, à présenter, dans la chaîne opératoire de traitement des coquillages à pourpre, la phase de transformation et de réduction du liquide tinctorial en teinture. À l’échelle de la France, c’est aussi le seul atelier fouillé associant installations artisanales et dépotoirs.

La parole est aux squelettes
Archéoanthropologie, Archéologie funéraire, Bioanthropologie, paléoanthropologie... Que cache cette multitude de dénominations ? Que font les archéologues du funéraire ? Que recherchent-ils ?
Cécile de Seréville-Niel (archéoanthropologue), Astrid Noterman et Julia Pacory (doctorantes au laboratoire de paléoanthropologie) répondront aux questions diverses du public et présenteront les différentes étapes de leur travail, en mettant l’accent sur les études de laboratoire menées à Caen.
Le quotidien des archéoanthropologues au sein de notre service commence sur le terrain avec la fouille de sépultures. Les cimetières, principalement antiques et médiévaux, mis au jour par les membres du laboratoire ou leurs partenaires, sont étudiés pour tenter de comprendre comment étaient gérés les espaces d’inhumation et d’identifier les pratiques funéraires et les modes d’inhumations.
Les squelettes issus de ces chantiers archéologiques sont ensuite analysés en laboratoire pour comprendre qui ils étaient (estimation de l’âge, détermination du sexe) et de quelles maladies ils souffraient (traumatismes, pathologies, etc.).
De plus, l’analyse des squelettes permet de mieux appréhender le mode de vie (mortalité, conditions sanitaires, alimentation) et la nature de la population inhumée dans le cimetière. En effet, il peut exister une sélection des défunts en fonction de leur âge, de leur sexe ou de leurs maladies…
Enfin, pratiquée dans quelques laboratoires seulement en France, la cémentochronologie est une méthode d’analyse privilégiée au Craham pour estimer avec précision l’âge des adultes par les dents.

Les poissons au Moyen Âge : savoirs et légendes
Brigitte Gauvin, Marie-Agnès Lucas-Avenel (maîtres de conférences en langue et littérature latines) et Thierry Buquet (ingénieur de recherche) montreront les méthodes de travail des chercheurs sur les encyclopédies médiévales, leur édition et leur traduction, plus particulièrement les textes consacrés aux poissons.
Les spécialistes des textes médiévaux s’intéressent aux encyclopédies traitant de la nature et des animaux. Au Craham, nous étudions les livres consacrés aux poissons, qui comprennent au Moyen Âge aussi les mammifères marins, et toutes sortes de monstres, imaginaires comme la sirène et les serpents de mer ou bien réels comme la baleine. Les textes et images tirés des incunables et des manuscrits nous permettent de mieux comprendre les savoirs anciens sur les animaux aquatiques et leur transmission à travers les siècles. L’histoire des textes nous montre comment les savants médiévaux construisaient leurs notices, entre descriptions, citations des auteurs du passé, savoirs empiriques et récits légendaires. Les méthodes actuelles d’étude et d’édition de ces textes permettent aujourd’hui de publier ces encyclopédies latines sur Internet, traduites en français, pour les rendre consultables et accessibles à un large public.

L’argonaute-papier, un animal marin méconnu :
Tours et détours d’une recherche, de l’âge du Bronze grec à l’Australie du XXIe siècle
Nicole Guilleux (maître de conférences en grec ancien) montrera comment une question portant sur le vocabulaire du grec ancien – les divers noms grecs d’un animal fascinant, l’argonaute papier – a trouvé sa solution grâce à l’étude d’images datant de l’âge de bronze grec et grâce à la zoologie moderne.
Les spécialistes d’étymologie grecque ont pour tâche de retracer l’histoire des mots. Ils sont confrontés à des difficultés ­particulières quand ils doivent s’occuper de réalités concrètes comme le nom des animaux marins. ­L’argonaute (argonauta Argo Linné 1758, grec ancien nautilos/pontilos), qui est encore de nos jours un animal mystérieux, est connu des Grecs les plus anciens (xve-xie siècles avant J.-C.). À cette époque, on rencontre de nombreuses représentations d’argonautes, même si on ne dispose pas de documents écrits les mentionnant. Un mot pourtant, qui le désigne une fois chez Aristote (ive siècle avant J.-C.), figure déjà dans les tablettes d’argile des palais mycéniens. Il s’agit de pontilos, mais c’est un nom de métier qui désigne les ­« ­navigateurs de haute mer » (pontos), auxiliaires précieux de la navigation en Méditerranée orientale au iie millénaire avant notre ère.
La recherche a consisté à expliquer pourquoi et comment ce nom de métier a pu donner celui de ce poulpe très spécial qu’est l’argonaute. Pour cela, le linguiste a dû exploiter des sources variées, accessibles aussi bien dans des livres et des revues scientifiques que dans des bases de données numériques. Il a dû sortir du cadre de sa spécialité et s’adresser à des collègues d’autres disciplines. Dans ce jeu de piste scientifique, la solution est née de la combinaison des sources grecques (textes et images) aux données de la zoologie. La chose n’a été possible que grâce à des échanges avec des collègues du Craham et avec un chercheur australien, puisque ce spécialiste des argonautes travaille au musée Victoria de Melbourne. C’est ainsi que l’étude menée sur l’un des noms de l’argonaute en grec ancien a permis de préciser l’état du savoir antique sur cet animal étonnant.

Quand l’archéologie rencontre l’informatique :
comment les outils numériques nous aident à comprendre le passé…
Eric Broine (archéomaticien) expliquera comment, alors que l’archéologie fait de plus en plus appel aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, les outils numériques peuvent nous aider à comprendre le passé.
Toute opération de fouille est suivie d’une phase de traitement, d’étude et d’analyse des données ; c’est ce que l’on appelle la post-fouille. Cette partie du travail, qui se déroule au laboratoire, est souvent inconnue du public. Seules la remise du rapport ou bien la conférence de présentation des résultats peuvent avoir une plus large diffusion. La post-fouille sollicite plusieurs spécialistes, dont l’archéologue spécialisé en géomatique ­(l’archéomaticien).
Pendant ce travail « de l’ombre », il utilise différents moyens et techniques pour comprendre les découvertes. En s’appuyant sur l’informatique, il peut reconstituer des éléments manquants, superposer diverses informations et pousser plus loin les limites de ses interprétations. Quelques exemples extraits de fouilles archéologiques de la région permettront de mettre en lumière cette facette de la profession.

POSTER(S)

Étude systématique et archéologique de l’armoire médiévale conservée dans la salle du trésor de la cathédrale de Bayeux.
Cécile Lagane, doctorante en archéologie médiévale, CRAHAM

The modern lead coffins of Flers (France, Orne) : Methodology of an interdisciplinary study
Hélène Dupont, Raphaëlle Lefebvre, Cécile Chapelain De Seréville-Niel, Eric Broine, Rozenn Colleter, Antoine Cottard.

Organisation

Samedi 15 octobre et dimanche 16 octobre 2016 de 15h30 à 18h
Rotations entre les différentes présentations du laboratoire toutes les 30 min environ.

Contacts : Micael Allainguillaume (02 31 56 56 09, micael.allainguillaume@unicaen.fr)

Télécharger le dossier de presse de la Fête de la science en Normandie

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