Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales
UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Normandie)





Rechercher

 


 

 

Vient de paraître

 

Des pots dans la tombe (IXe au XVIIIe siècle). Regards croisés sur une pratique funéraire en Europe de l'Ouest




CNRS

Accueil > Annuaire de l’unité > Doctorants

Paquet, Fabien

Academia

Doctorant en Histoire médiévale

fabien.paquet@unicaen.fr

Directrice de thèse : Véronique Gazeau

Titre de la thèse : Abbés et pouvoirs en Normandie (début du XIIIe siècle - milieu du XVIe siècle)


Projet de thèse


La « Normandie royale » a peu intéressé les historiens : pourtant, son entrée dans le domaine capétien, en 1204, pose nombre de questions : comment intégrer au domaine royal une principauté aussi puissante ? Comment les Normands gèrent-ils le changement de maître et ses conséquences ? C’est que la Normandie des xiiie-xve siècles offre la possibilité d’une étude d’histoire à la fois nationale et régionale : une étude de la place que les Normands se construisent, ou que l’on construit pour eux, dans le cadre d’un État capétien qui s’affirme de plus en plus jusqu’à la fin de la guerre de Cent Ans.

Ma thèse examinera ces aspects à partir du clergé régulier bénédictin des diocèses de Rouen et Évreux. Centres économiques, lieux de pouvoir et de prestige, les grands monastères normands forment un tissu dense. Leurs supérieurs, les abbés, sont de véritables hommes de pouvoir. Véronique Gazeau, notamment, a montré le rôle qu’ils jouaient dans la Normandie ducale (911-1204) : reste à examiner leur devenir après le rattachement à la couronne capétienne. Grâce notamment à une prosopographie, j’examinerai les relations entre abbés et pouvoir capétien (nouveau droit, relations quotidiennes, visites, officiers royaux…) mais aussi celles qui perdurent avec le pouvoir plantagenêt (en particulier à cause des nombreux biens anglais que les abbayes normandes conservent après 1204). Le temps de la Guerre de Cent ans sera étudié avec attention, en particulier lors de l’occupation anglaise (1415-1450). Les évolutions des rapports des abbés avec les autres pouvoirs de l’Église, enfin, ne seront pas négligées (rapports avec les archevêques et évêques, avec la papauté, notamment du fait de la mise en place de la commende). En somme, il s’agira de replacer les abbés dans les cadres de pouvoirs locaux, français et européens, et de tenter, ainsi, de définir leur pouvoir – comment l’exercent-ils ? Sur qui s’appuient-ils ? Quelle image cherchent-ils à donner ? Quels sont les obstacles ?

Les sources sont très nombreuses pour écrire cette histoire – mais peu connues – et leur masse imposera de faire des choix. Cartulaires, chartes, chroniques et annales, sources archéologiques et épigraphiques, comptabilités : ce serait une gageure de prétendre à une exhaustive. Ainsi, quelques dossiers, tant de grandes abbayes comme Le Bec, Fécamp ou Saint-Wandrille, que de plus modestes comme Saint-Martin d’Auchy ou Valmont, permettront de poser des hypothèses, et de proposer une première grille de lecture. La thèse espère éclairer, enfin, par cette lecture nouvelle de sources mal connues, la pratique de l’écrit dans ces abbayes et la façon dont les moines écrivent leur histoire et celle de leurs abbés à la fin du Moyen Âge – ce qui est plus intimement lié aux enjeux politiques qu’on pourrait le croire de prime abord, ne serait-ce que parce qu’elles permettent de saisir le monde dans lequel agissent les abbés, leur espace vécu et leur paysage mental.