Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales
UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Normandie)





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Des pots dans la tombe (IXe au XVIIIe siècle). Regards croisés sur une pratique funéraire en Europe de l'Ouest




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Caen - Square Darnétal

par Juliette Dupré - publié le , mis à jour le

Ce cimetière situé au nord de l’église Saint-Pierre a fait l’objet d’une fouille programmée entre 1991 et 1993 sur 391 m2 par le service archéologique du musée de Normandie (la fouille initialement prévue sur l’ensemble des 500 m2 disponibles de l’espace du square Darnétal a été suspendue en 1993 pour des raisons administratives).
914 sépultures (948 individus) ont été mises au jour sur cette parcelle surexploitée du cimetière (environ 2,5 corps par m2), montrant de très nombreux recoupements de corps (786 sépultures sont incomplètes). Cette très forte densité d’occupation de l’espace cémétérial s’explique par le fait que la paroisse Saint-Pierre, qui s’étend juste au pied du château ducal, était de loin la plus importante de la ville de Caen par sa superficie et son nombre d’habitants (à la fin du XVIIIe siècle, le nombre de décès était estimé à environ 200 par an).
Les inhumations en « pleine terre » sont très largement majoritaires (il semble que les inhumations en cercueil aient été surtout pratiquées à l’intérieur de l’édifice, non fouillé).
D’un point de vue archéologique [1], trois grandes phases d’inhumation ont été distinguées, avec un nombre de sépultures identifiées pour chacune très inégalement réparties :

  • 8 sépultures rattachées aux phases antérieures au XIIe siècle
  • 12 datées entre le XIIe et le XIVe siècle,
  • 930 postérieures au XIVe siècle, avec un large sous-groupe compris entre la fin du XVe siècle (sépultures postérieures à la destruction en 1474 du mur de limite de l’aître ancienne) et la fin du XVIIIe siècle (le cimetière a été définitivement abandonné en 1792). En l’état actuel du dossier, une chronologie relative plus fine semble illusoire. Depuis l’arrêt des fouilles en 1993, ce site n’a fait l’objet d’aucune étude anthropo-biologique. Tous les squelettes, bien répertoriés et accessibles, ont été lavés, mais, à quelques exceptions près, n’ont pas été reconstitués. L’état de conservation global des pièces osseuses et dentaires semble relativement correct pour la nature des analyses envisagées.

(crédit : Armelle Alduc-Le Bagousse)


[1P. LEROUX, 1997, « Typochronologie des sépultures du VIIIe au XVIIIe siècle à travers l’exemple de trois cimetières caennais », Mémoire de l’EHESS, 2 vol.