Les Échos du Craham
n° 9 | juillet 2018


Centre Michel du Boüard – UMR 6273
(Université de Caen Normandie/CNRS)


Directrice de publication : Christine Delaplace
Rédacteur en chef : Micaël Allainguillaume
https://craham.hypotheses.org/

Sommaire


Éditorial de Christine Delaplace

Fête de la science au Craham 

Egyptian Museum of Cairo coins conservation project : un projet franco-égyptien de formation à la restauration de monnaies antiques 

Fouille de la rue Cathehoulle à Caen 

Nouvelles connaissances sur la ville antique d’Alauna (Valognes) et éléments de réflexion sur son statut 

Charlotte Delrue, stagiaire au sein du service anthropologique 

Modernité de l’antique : « Il Vantone », une variation pasolinienne 

Projet numérique Archéoméd 

Far west. La Normandie antique et les marges nord-ouest de l'Empire romain 

Autour de la Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel. État des recherches sur l’ancienne bibliothèque monastique 

Château Gaillard 29 | Vivre au château 

8es Journées Médici. Édition scientifique 4.0 

Maîtriser le temps et façonner l’histoire. Les historiens normands aux époques médiévale et moderne 

Bâtir un État « normand » aux XIe-XIIsiècles : de la guerre à la paix 

Publications 

S'inscrire aux lettres de diffusion du Craham 
Chères et chers collègues,

Avant le début des congés estivaux, nous souhaitions vous faire part de l’actualité du Craham.

La fin de cette année universitaire a été marquée par deux bonnes nouvelles.

Le projet ACTEPI, porté par Grégory Combalbert, maître de conférences en histoire médiévale, a été sélectionné par l’ANR. ACTEPI - Les actes épiscopaux français du Moyen Âge : édition multimodale et exploitation (2019-2022) est construite en partenariat avec les équipes POLEN (EA 4710, Orléans), CRULH (EA 3945, Lorraine), ARCHE (EA 3400, Strasbourg) et TEMPORA (EA 7468, Rennes). L’ambition du projet est d’abord de rassembler les actes épiscopaux (environ 8 000 actes) de 25 diocèses de la France du Nord rédigés du milieu du XIe au milieu du XIIIe siècle, actuellement largement dispersés, et d’en proposer une édition critique intégrale (avec datation, analyse longue en français, tradition, dissertation critique, et texte pourvu d’un apparat critique), ainsi qu’une publication multimodale. Toutes les personnes et les lieux cités dans les corpus feront l’objet d’une identification et d’une indexation numérique dans des fichiers externes (thesauri) en XML-TEI, utilisés dans le cadre de l’Equipex Biblissima et du consortium COSME (TGIR Huma-Num). Suivront des travaux sur l’histoire des pratiques documentaires et de l’histoire religieuse, notamment sur la place des chancelleries épiscopales dans la mutation documentaire d’un long XIIe siècle, l’identification des réseaux et des communautés et les rapports de pouvoir dans lesquels s’intégraient les évêques de la France du Nord, enfin les complémentarités et les concurrences des chancelleries épiscopales en matière de production de l’écrit.

Thibault Cardon, reçu cette année brillamment 3e au concours de chargé de recherche du CNRS, a été affecté au Craham par la direction du CNRS, selon ses souhaits. Numismate travaillant sur les périodes médiévale et moderne, il a soutenu en 2016 sa thèse à l’EHESS sous la direction conjointe de Marc Bompaire et de Mathieu Arnoux sur « Les usages des monnaies (mi XIIe-début XVIe siècle). Pour une approche archéologique, anthropologique et historique des monnaies médiévales » et est l’auteur d’une trentaine de publications. La double formation de Thibault Cardon, à la fois d'archéologue et de numismate, l’a poussé depuis dix ans à créer des passerelles entre ces disciplines, en abordant notamment les monnaies de fouille avec des problématiques archéologiques et anthropologiques. En multipliant les études de cas et en favorisant les collaborations avec des collègues de disciplines variées, dont des membres du Craham, il a pu mettre au point des méthodes et grilles d’analyse originales. Sa thèse a ainsi été conçue comme un premier bilan de ces études archéonumismatiques en même temps qu’une ouverture résolue en direction de l’anthropologie et de l’histoire économique et sociale, mais aussi comme un levier pour questionner en profondeur la numismatique en tant que discipline.

Ces deux très beaux succès, connus depuis quelques jours seulement, ont été salués par nos deux tutelles, l’université de Caen Normandie et le CNRS, comme la reconnaissance du Craham pour sa recherche d’excellence en histoire et en archéologie.

Peu de temps auparavant, c’est la Région Normandie qui reconnaissait l’importance du Craham dans ses domaines de recherches en validant les deux projets RIN déposés en 2018 : le projet CORNUM « Contenus et corpus numériques » comportant trois sous-projets portés par Claire Hanusse, Pierre-Marie Guihard, Luc Bourgeois et Micaël Allainguillaume et le projet NORECRIT « Aux sources de la Normandie. Les pratiques de l’écrit en Normandie médiévale » porté par Laurence Jean-Marie et Grégory Combalbert, en collaboration avec Marie Bisson et Stéphane Lecouteux. Ces réussites sont de très belles récompenses pour le travail mené par l’ensemble de ces chercheurs.

Par ailleurs, suite à un appel à projets pour équipements scientifiques 2018, l’Université de Caen Normandie a sélectionné, parmi les 7 finalistes sur les 17 projets déposés, le projet porté conjointement par Cécile de Seréville-Niel (service de Paléoanthropologie) et Anne Bocquet-Lienard (service d’archéométrie-céramologie) sur les « Conditions sanitaires des populations passées : comptage microscopique des anneaux cémentaires et développement d’une plate-forme histologique ». Il nous est octroyé 15 000 € HT. 

Nous remercions nos tutelles pour ainsi mettre en valeur le travail collectif et individuel de tous les enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, techniciens et contractuels qui appartiennent au Craham et pour qui cela augure d’un bel avenir.

Enfin, nous avons également le plaisir de souhaiter la bienvenue à notre nouvelle professeure d’histoire grecque, Édith Parmentier qui nous vient de l’université d’Angers. Spécialiste de la Judée hellénistique et romaine, elle a édité et commenté des œuvres de Flavius Josèphe et de Nicolas de Damas. Elle est internationalement reconnue pour être la spécialiste française de ces auteurs et des historiens grecs dont les œuvres nous sont parvenues de manière fragmentaire. Le mémoire de son HDR est intitulé « Le roi Hérode. Représentations, traditions, histoire » et sera bientôt publié.

Les vacances à peine entamées, nous avons déjà le regard tourné vers la rentrée. Celle-ci sera marquée par la tenue de trois colloques internationaux très importants : « Autour de la Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel. État des recherches sur l’ancienne Bibliothèque monastique », du 5 au 7 septembre 2018, organisé par Marie Bisson (Craham et MRSH, Université de Caen Normandie) et Stéphane Lecouteux (Craham, Bibliothèque patrimoniale d’Avranches) à Avranches et au Mont Saint-Michel (voir infra) (https://bvmsm2018.sciencesconf.org/). Ce colloque prend place dans le programme Ex monasterio Montis Sancti Michaelis, initié depuis plusieurs années au Craham et mené en partenariat avec le Pôle Document numérique de la MRSH et la Ville d’Avranches. Il entend dresser un état des lieux des recherches et des travaux récents portant sur les livres, tant manuscrits qu’imprimés, et sur la bibliothèque du Mont Saint-Michel.

Le deuxième colloque, dirigé par Typhaine Haziza (Histemé), Luciana Romeri et Alban Gautier (Craham), « “Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es” (Brillat-Savarin) : Alimentation et Identité(s) à travers les âges et les civilisations », aura lieu du 11 au 13 octobre 2018, à l’Université de Caen, au Mémorial de Caen et au Musée de Vieux-la-Romaine. Le Musée consacre une exposition sur le thème de l’alimentation dans l’Antiquité. Cet événement est le point de départ de la manifestation scientifique. Il s’agira de croiser la thématique de l’alimentation avec celle de l’identité à travers les âges et les civilisations, par un questionnement pluridisciplinaire (historique, sociologique, philosophique, littéraire, géographique).

Enfin, le colloque « Far West. La Normandie antique et les marges nord-ouest de l’Empire romain », organisé entre autres par Cécille Allinne (Craham) se tiendra à Caen et à Vieux-la Romaine, du mercredi 24 au vendredi 26 octobre 2018 (https://arbano.sciencesconf.org). Il clôt un programme collectif de recherche de sept ans (2011-2018) sur la présence romaine en Normandie occidentale (formes du peuplement, réseaux d’échange, modes de vie, dynamisme culturel), sujet qui n’avait jamais fait l’objet d’une synthèse. Les résultats permettent de comparer le territoire de Normandie aux régions voisines de la façade atlantique de l’Empire (N-O de la France, Belgique, Grande-Bretagne, Irlande), pour présenter un tableau des caractéristiques de l’adaptation des sociétés à la présence romaine (fin du Ier s. av. J.-C./VIe s. ap. J.-C.), sur ces espaces culturellement éloignés du monde latin.

Nous vous souhaitons un très bel été !

Bien cordialement,
Christine Delaplace
Directrice du Craham
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Fête de la science au Craham

Après le succès rencontré en 2016 et en 2017 (250 personnes accueillies au total), le Craham ouvre à nouveau ses portes au public pour la fête de la science 2018. Sur deux jours (6 et 7 octobre), 9 ateliers sont organisés pour faire partager notre passion pour l’archéologie et l’histoire antique et médiévale, tout en faisant découvrir les métiers de la recherche : archéologue, archéomaticien, céramologue, historien, philologue…

Ce sera l’occasion de découvrir les techniques mises en œuvre dans nos recherches : numérisation d’ouvrages anciens, bases de données, prospection archéomagnétique, analyses de laboratoire, édition et traductions de textes médiévaux, etc.

Ateliers

  • Histoire d’os, de la tombe au laboratoire (archéoanthropologie)

  • Vaisselle et toiture sortent de terre (céramologie-archéométrie)

  • Voir, lire et comprendre les pièces de monnaie. Qu’est-ce que le travail du numismate en laboratoire ?

  • Les pavés du Moyen Âge en Normandie et leur décoration (archéomatique)

  • Si tu veux savoir la profondeur de la mer et lire l’heure aux étoiles... d’après un manuscrit du Mont Saint-Michel du XIIe siècle (histoire)

  • Cuisine romaine, cuisine barbare (histoire et philologie)

  • La charte médiévale dans tous ses états, de l’original à la base de données (histoire et philologie)

  • Les Normands, conquérants de la Sicile (histoire et philologie)

  • La représentation des Barbares sur les monnaies romaines à la fin de l’Antiquité (histoire)

Chaque atelier durera une quarantaine de minutes, et sera couplé avec un autre atelier (le parcours alliera ainsi histoire et archéologie), pour une durée de moins de deux heures. Trois créneaux horaires seront organisés (deux le samedi, un le dimanche) permettant à ceux qui le souhaitent d’assister à d’autres parcours.

Parcours proposés


Samedi 6 octobre, matin (10-12h)
  • Histoire d’os + Les pavés du Moyen Âge

  • Monnaies + Représentation des Barbares

  • Vaisselle et toiture + Charte médiévale

Samedi 6 octobre, après-midi (14h30-16h30)
  • Histoire d’os + Si tu veux savoir la profondeur…

  • Vaisselle et toiture + Charte médiévale

  • Les pavés du Moyen Âge + Cuisine romaine, cuisine barbare

Dimanche 7 octobre, après midi (15h-17h)
  • Histoire d’os + Les Normands conquérants de la Sicile

  • Les pavés du Moyen Âge + Représentation des Barbares

L’inscription aux ateliers est obligatoire (nombre limité de places dans nos locaux). Un formulaire d’inscription sera disponible sur le site du Craham début septembre.

 

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Egyptian Museum of Cairo coins
conservation project 
:
un projet franco-égyptien de formation
à la restauration de monnaies antiques


Guillaume Blanchet (Craham)

Organisée par Thomas Faucher (CNRS, Iramat-Centre Ernest Babelon, Université d’Orléans) et Charlotte Rerolle (restauratrice indépendante), l’« Egyptian Museum of Cairo coins conservation project » est la deuxième Field School (formation de terrain) dédiée à la restauration de monnaies découvertes en Égypte. Délaissées depuis plusieurs années, ces découvertes présentent un état de dégradation globalement très avancé. La première édition, menée en 2016 à Karnak, a permis de prendre pleinement conscience de la nécessité d’intervenir, mais également de démontrer la faisabilité d’un tel projet.

Ce programme de grande envergure a été pensé dès 2009, après la découverte dans les réserves du Musée Égyptien du Caire de plusieurs caisses de monnaies par Sabah Abdel Razek (Directrice du Musée Égyptien du Caire). Les monnaies, en alliage cuivreux et recouvertes par l’oxydation, ne possédaient ni de numéro d’inventaire ni d’informations liées à leur provenance. Néanmoins, les recherches de T. Faucher ont permis de déterminer que le remplissage de ces caisses avait été mené vraisemblablement à la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle : elles seraient le résultat de nombreuses opérations archéologiques conduites dans toute l’Égypte. Après un rapide reconditionnement, le nombre de monnaies a été estimé entre 100 000 et 150 000, soit une tonne de métal au total.


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Fouille de la rue Cathehoulle à Caen


Hélène Dupont (Inrap, Craham)

Une fouille archéologique, menée par l’Inrap, a été prescrite par l’État préalablement à l’élargissement de la station de tramway « Quatrans » (ligne 1) dont les travaux sont conduits par la communauté urbaine Caen la Mer. D’une emprise de 1440 m², elle fait suite aux découvertes des vestiges bâtis révélés par le diagnostic archéologique effectué en février 2017. L’opération a débuté le 5 décembre 2017 et s’est poursuivie jusqu’au 2 février 2018, selon trois zones d’étude.

L’emprise se situe dans un quartier d’habitations qui s’est développé le long de la rue de Geôle, dénommée rue Cathehoulle au Moyen Âge, axe principal du bourg castral dès le XIIe siècle. Les plans anciens établis entre le XVIe et le XVIIIe siècle montrent un développement progressif de l’habitat de ce côté de la rue. Les bâtiments donnant sur la voirie sont associés, à l’arrière, à des parcelles closes de murs et perpendiculaires au fossé d’enceinte du château. Progressivement, la création de bâtiments d’habitation, de bâtiments commerciaux et d’annexes utilitaires se densifie. Le comblement du fossé d’enceinte dans le courant du XVIIIe siècle accentue ce phénomène par la création d’un chemin le long du rempart, les façades de certains des nouveaux bâtiments s’orientant désormais vers le château. Les bombardements alliés intervenus en juin et juillet 1944 détruisent une grande partie du quartier. Lors de la Reconstruction, ce qu’il reste des édifices est finalement arasé et la rue de Geôle élargie. Les futurs travaux d’agrandissement de la station de tramway « Quatrans » impactent les parcelles de fond de cour.

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Nouvelles connaissances sur la ville antique d’Alauna (Valognes) et éléments de réflexion sur son statut


Laurence Jeanne (Craham), Laurent Paez-Rezende et Caroline Duclos

Dans la périphérie est/sud-est de Valognes (Manche), 45 hectares de l’agglomération antique d’Alauna ont été explorés sous la forme de sondages archéologiques depuis 2013. Toutefois, les recherches souffraient d’un manque d’information concernant le centre monumental de la ville, mis partiellement en évidence, en 2012, dans le cadre d’une prospection électrique (Géocarta). Pour y remédier, une prospection radar a été réalisée par SOT Archaeological Prospection, en décembre 2017, sur ces 4 hectares situés au cœur de l’agglomération.

En 2012, la prospection électrique réalisée par Géocarta, au cœur du périmètre supposé de la ville, est venue éclairer l’organisation spatiale de la cité malgré une lecture des anomalies électriques rendue délicate par de nombreuses interférences. Les résultats mettent toutefois en exergue une organisation géométrique relativement rigoureuse de la cité, dont l’armature est assurée par un réseau de rues orthogonales qui s’appuie sur deux artères principales et structurantes, un cardo maximus et un decumanus maximus.


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Projet numérique Archéoméd

Depuis plusieurs mois, le Craham porte le projet numérique Archéomed, financé par le CNRS, le ministère de la Culture et la région Normandie (RIN Recherche 2018-2019), pour un budget actuel de 65 000 €. Ce projet, qui comporte plusieurs axes autour de la numérisation et l’indexation de la revue Archéologie médiévale, s’inscrit parfaitement dans les axes de recherche du Craham. Il a pour ambition de valoriser les 10 000 notices archéologiques et les 350 articles de la revue. Un des axes de ce projet est la mise en ligne de la revue sur Persée (numéro 1 à 29) et sur OpenEdition (à partir du numéro 30).  La revue Archéologie médiévale est en ligne depuis avril 2018 sur OpenEdition Journals Freemium (actuellement vol. 41 à 47). 
Dans ce cadre, nous avons mis en place des collaborations avec le Pôle Document numérique de Caen pour la partie technique, avec Frantiq pour la mise en place du thésaurus Pactols et avec les autres revues d’archéologie. En effet, Archéologie médiévale est la première à proposer une indexation fine utilisant un vocabulaire contrôlé à l'aide d'un thésaurus, dans une démarche de validation scientifique par des archéologues. Cette indexation via Pactols sera pour la première fois aussi intégrée à OpenEdition Journals via Lodel d'ici quelques mois, grâce au travail des équipes du Cléo et du Pôle numérique de Caen. 
Dans une optique à long terme, nous produisons des fichiers XML-Tei enrichis en métadonnées par une indexation fine pour proposer ultérieurement la mise en ligne d'une base de données réunissant tout ce corpus, avec des possibilités étendues de recherches. Notre ambition est aussi de permettre aux autres revues d’archéologie de rejoindre ce corpus afin de réaliser des recherches inter-revues.

Un billet dans le carnet Les Échos du Craham sera prochainement proposé, détaillant ce projet.

Coordinateurs : Micaël Allainguillaume et Luc Bourgeois
Éditrice : Marie-Adèle Turkovics
 

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Charlotte Delrue, stagiaire au sein du service anthropologique

Actuellement en deuxième année de Master au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (MNHN), spécialité Quaternaire et Préhistoire (parcours international), Charlotte Delrue a effectué un stage de trois mois (d’avril à fin mai) au sein du service de paléoanthropologie du Craham, sous la responsabilité de Cécile Chapelain de Seréville-Niel.

Après avoir validé une licence d’histoire de l’art et d’archéologie à la Sorbonne (Paris IV) et un master recherche d’archéologie des périodes préhistorique et protohistorique à Panthéon-Sorbonne (Paris I), elle a choisi de se spécialiser en anthropologie biologique et funéraire.

L’étude anthropologique qu’elle mène actuellement au Craham consiste à analyser les individus immatures mis au jour au sein de la nécropole laténienne (second âge du fer) de Jort (Calvados).

Ce site a fait l’objet de fouilles préventives en novembre 2013 (parcelle B691) puis en septembre 2017 (parcelle B693) sous la responsabilité de Vincent Carpentier (Inrap, Craham) puis celle de Raphaëlle Lefebvre (Inrap, Craham). Il connaît une période d’occupation vaste puisqu’elle s’étend du Néolithique ancien jusqu’à l’époque moderne. Toutefois, la nécropole a été utilisée sur une période plus restreinte, de La Tène moyenne au Haut-Empire, avec une très forte majorité de sépultures associées à la période laténienne.

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Modernité de l’antique : « Il Vantone », une variation pasolinienne

par Raphaelle Hërout (LASLAR) dans le carnet de recherche de la MRSH

Le LASLAR et le CRAHAM (UMR CNRS 6273) ont consacré une journée d’études au texte Il Vantone di Plauto de Pier Paolo Pasolini, écrivain, poète, journaliste et réalisateur italien (1922-1975). Elle s’est déroulée le 14 mars à la MRSH. Responsables scientifiques : Marco Borea, Rosana Orihuela et Raphaelle Hérout.

Lorsqu’en 1961 Pasolini répond favorablement à la demande de Vittorio Gassman de traduire en italien la comédie de Plaute Miles gloriosus (Le soldat fanfaron), il réalise bien plus qu’une œuvre de traduction. Il traduit, adapte et modifie ce texte jusqu’à le faire sien. Aujourd’hui, Il Vantone di Plauto est donc bel et bien un texte de Pasolini, et pas seulement une version moderne d’un texte ancien.

C’est à ce texte, jamais traduit en français, que nous avons consacré une journée d’études, afin de réunir différentes lectures et divers regards sur ce texte résolument moderne dans l’œuvre de Pasolini : ce croisement de lectures a ainsi permis de resituer les enjeux de cette variation pasolienne du texte de Plaute.

Leopoldo Gamberale, professeur de philologie émérite de l’Université La Sapienza, spécialiste de la relation liant la comédie plautinienne à la version de Pasolini, a ouvert la journée par une réflexion d’envergure portant sur l’histoire des traductions du Vantone de Plaute en italien. Réapproprié par différents auteurs à différentes époques, ce texte s’est à maintes reprises transformé et l’histoire de ces  traductions successives éclaire la version qu’en a réalisée Pasolini.


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Interventions à écouter sur la Forge numérique

 

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Far west. La Normandie antique
et les marges nord-ouest de l'Empire romain
Ier siècle avant J.-C. / VIe siècle après J.-C.

Appel à communication
Université de Caen Normandie - Musée départemental de Vieux-la-Romaine
24-26 octobre 2018


Organisé par Cécile Allinne (Craham, Université de Caen), Anne Bocquet-Liénard (Craham, CNRS), Vanessa Brunet (Éveha), Nicola Coulthard (Ministère de la Culture, DRAC Normandie, Service Régional de l’Archéologie), Gaël Léon (Inrap), Grégory Schütz (Conseil départemental du Calvados, direction de la Culture, Service Archéologie).

Ce colloque clôt un programme collectif de recherche de sept ans (2011-2018) sur la présence romaine en Normandie occidentale (formes du peuplement, réseaux d’échange, modes de vie, dynamisme culturel), sujet qui n’avait jamais fait l’objet d’une synthèse.

Nos résultats permettent de comparer notre territoire aux régions voisines de la façade atlantique de l’Empire (Nord-ouest de la France, Belgique, Grande-Bretagne, Irlande), pour présenter un tableau des caractéristiques de l’adaptation des sociétés à la présence romaine (fin du Ier s. av. J.-C./VIe s. ap. J.-C.), sur ces espaces culturellement éloignés du monde latin.

Les communications seront organisées en 4 sessions, reflets les thématiques principales des ateliers de travail de notre PCR :

  • Session 1 : Organisation des territoires, dynamiques de peuplement – réseaux
  • Session 2 : Forme et diversité des sites agglomérés : habitat groupé, hameaux, petites agglomérations, sanctuaires
  • Session 3 : Économie, matières premières, productions, chronologie et diffusion
  • Session 4 : L’évolution des réseaux de peuplement à la fin de l’Antiquité

Inscription :

  • L’inscription au colloque est gratuite, tant pour les communicants que pour les auditeurs
  • Nous retiendrons 22 communications et jusqu’à 20 posters
  • Durée des communications : 20 min + 5 min de questions
  • Une session de présentation des posters est prévue : 5 min de présentation par poster, puis échanges dans le hall d’affichage.

Site internet du colloque : https://arbano.sciencesconf.org/

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Autour de la Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel. État des recherches sur l’ancienne bibliothèque monastique

5-7 septembre 2018. Avranches – Le Mont-Saint-Michel
https://bvmsm2018.sciencesconf.org

La mise en ligne de la Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel  en avril 2017 a été l’occasion de mettre à la disposition du public et des  chercheurs les notices de 205 manuscrits (avec leurs reproductions  numériques) et de 1 260 volumes imprimés provenant de l’ancienne  bibliothèque monastique du Mont Saint-Michel. Ces livres, saisis par  l’État lors de la Révolution française, sont conservés à Avranches  depuis 1791.

L’objectif de ce colloque est de dresser un état des lieux des recherches et des travaux récents portant sur les livres, tant manuscrits qu’imprimés, et sur la bibliothèque du Mont Saint-Michel. La période retenue couvre le Moyen Âge et l’époque moderne : elle s’étend de la fondation du Mont Saint-Michel par l’évêque d’Avranches Aubert (708) à la fermeture du monastère lors de la Révolution française (1791).

Le colloque vient conclure la première étape d’un programme de recherche mené dans le cadre d’un partenariat entre l’Université de Caen, le CNRS et la ville d’Avranches. La Maison de la Recherche en Sciences Humaines (pôle Document numérique et office universitaire des études normandes ; USR 3486), le Centre Michel de Boüard (UMR 6273), la bibliothèque patrimoniale d’Avranches et le Scriptorial ont ainsi œuvré à la création de la Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel (mise en ligne 2017), avec le soutien du ministère de la culture et de la communication (PAPE 2011-2012) et de l’Equipex Biblissima (projets partenaires 2015-2016). La rencontre se veut aussi l’occasion d’engager de nouveaux partenariats et travaux sur la bibliothèque du Mont Saint-Michel.

Comité d'organisation :

- Marie Bisson, ingénieur en analyse de sources, Université de Caen Normandie, Craham ;

- Pierre Bouet, maître de conférences honoraire, Université de Caen Normandie ;

- Charlotte Denoël, chef du service des manuscrits médiévaux de la Bibliothèque nationale de France ;

- Catherine Jacquemard, professeur, Université de Caen Normandie, Craham 

- Stéphane Lecouteux, responsable de la bibliothèque patrimoniale d’Avranches, Craham ;

- Anne-Marie Turcan-Verkerk, directeur d’études, École pratique des Hautes Études.
 

Programme

Inscriptions

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Château Gaillard 29

Vivre au château

Du 26 au 30 août 2018 à Château Thierry
https://chat-gaillard29.sciencesconf.org/

Créés en 1961 par Michel de Boüard, membre de l’institut, professeur d’archéologie médiévale et doyen de l’université de Caen, les colloques Château Gaillard se réunissent tous les deux ans à l’initiative d’un pays d’Europe à chaque fois différent, la France (Caen) restant le lieu d’édition permanent des actes. Ces ouvrages intitulés Château Gaillard sont reconnus et appréciés des spécialistes de castellologie de toute l’Europe.

Au cours des quarante ans écoulés tous les pays représentés dans le « Comité permanent » ont été parcourus : France (Andelys 1961, Blois 1974, Najac 1988, Voiron 2004), Allemagne (Büderich 1964, Bad Münstereifel 1976, Schwäbisch Hall 1990, Badneustadt 2014), Royaume-Uni (Battle 1966, Durham 1980, Abergavenny 1994, Stirling 2008), Belgique (Gand 1968, Oostduinkerke et Floreffe 1984, Houffalize 2006), Danemark (Hindsgavl 1970, Gilleleje 1996, Aabenraa 2012), Pays-Bas (Venlo 1972, Wageningen 1986, Rindern 2010), Suisse (Bâle 1978 et Gwatt 2000), Luxembourg 1992, Autriche (Graz 1998), Irlande (Maynooth 2002, Roscommon 2016).

Le prochain colloque aura lieu en France, du 26 au 30 août 2018 à Château Thierry en raison des grandes fouilles du château qui ont révélé l’existence d’une cuisine d’une ampleur peu commune et de la richesse régionale en sites castraux prestigieux. Le thème retenu pour ce colloque d’archéologie est Vivre au château, les habitants étant observés à travers les lieux qu’ils fréquentaient. Le colloque se partagera entre les conférences (en français, anglais et allemand) qui se dérouleront aux caves de Champagne Pannier et les visites de sites prestigieux présentés par  des spécialistes (Coucy, Fère-en-Tardenois…).

 

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Vers l’édition scientifique 4.0 ?

8es Journées du réseau Médici
Avignon, du 18 au 20 septembre 2018

Manifestation soutenue par le Craham

https://medici2018.sciencesconf.org/

À l’ère du tout numérique, et à l’image du web, l’édition vit une évolution majeure vers de nouveaux paradigmes qui la sous-tendent. L’édition scientifique est passée par plusieurs étapes : « enrichie » puis « structurée », elle utilise désormais les technologies du web sémantique et du web de données, et continuera d’évoluer suivant les technologies et leurs applications. Elle vit également un bouleversement par la remise en cause des modèles économiques classiques. Son avenir se situe désormais dans sa capacité à gérer les connexions intelligentes entre le réel et le virtuel, entre les objets éditoriaux divers dont les standards seront ouverts et universels.

L’utilisateur/trice de la littérature scientifique sera au cœur du système : en contribuant, lisant, commentant, évaluant… C’est la notion même d’auteur/trice qui devra être revisitée, révélant sa capacité à connecter usages, données, savoirs et connaissances pour donner un sens « éditorial » aux résultats scientifiques. Dans ce contexte, quels seront nos métiers, comment interviendront les professionnel·le·s, quelle place tiendrons-nous dans ce dispositif ? Quels seront les outils de demain ? Quels seront les usages ? Comment conserverons-nous toutes ces données, leurs liens, leur interopérabilité ?

Beaucoup de questions auxquelles les 8es journées du réseau Médici tenteront d’apporter de précieux éclairages.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 12 septembre 2018 au tarif de 140 € HT

https://www.azur-colloque.fr/DR19/inscription/inscription/30/fr

 

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Maîtriser le temps et façonner l’histoire.
Les historiens normands
aux époques médiévale et moderne

Appel à communication
Cerisy-la-Salle / Avranches, 25-29 septembre 2019

Projet porté par Stéphane Lecouteux (Ville d’Avranches, Craham)
et Fabien Paquet (Université de Caen Normandie, Craham)

Dix ans après le colloque de Cerisy consacré à l’historiographie médiévale normande et à ses sources antiques, nous proposons de réunir les mêmes institutions (Centre Culturel International de Cerisy, Ville d’Avranches et Université de Caen Normandie [Craham et Ouen]) pour entrer, de façon plus globale, dans les cabinets des annalistes, chroniqueurs et historiens normands des époques médiévale et moderne.

La recherche d’une proximité et d’une intimité avec les auteurs vise à mieux connaître leurs méthodes de travail et ainsi mieux appréhender leurs écrits. Cette démarche est le fruit de travaux récents ou en cours, portés par des chercheurs principalement français, italiens et anglophones. Outre de nouvelles lectures des textes, il s’agira aussi de mettre en avant de récentes découvertes d’écrits historiques restés jusqu'à ce jour inédits.

La perspective du colloque sera large : les textes étant sans cesse repris, recopiés, réécrits, traduits et connus par des traditions postérieures à leur écriture, les confronter sur le long terme est indispensable. On ne traitera pas, en outre, de la seule Normandie mais bien de l’ensemble des lieux d’implantation de Normands (en France, dans les îles Britanniques et en Méditerranée, mais aussi en Afrique et en Amérique), de l’an Mil jusqu’au XVIIIe siècle. Sont ainsi compris sous l’appellation large d’« historiens normands » tous les auteurs d’origine normande ou actifs en Normandie qui ont produit des textes à caractère historique. On pourra comparer leurs travaux à ceux d’auteurs extérieurs aux mondes normands mais traitant de ceux-ci.

En cela, ce colloque complétera celui organisé par Pierre Bauduin et Edoardo d’Angelo à Ariano Irpino en 2016, consacré aux historiographies modernes et contemporaines des mondes normands médiévaux. Il abordera également la question des silences de l’historien, thème qui a déjà fait l’objet de deux journées d’étude organisées par Catherine Jacquemard et Corinne Jouanno à l’université de Caen Normandie en 2015 et en 2016.

Dans le cadre de ce colloque, qui se tiendra principalement au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle, une exposition de manuscrits contenant des œuvres d’historiens normands, provenant de différents lieux de conservation d’Europe, sera présentée à Avranches (dans la salle du trésor du Scriptorial, de début juillet à fin septembre 2019, ainsi qu’à la Bibliothèque patrimoniale, durant les jours du colloque) : une séance se tiendra sur place et des communications auront lieu dans la salle du conseil de la mairie d’Avranches.

Ce colloque pourra enfin être l’occasion d’amorcer un projet d’édition (ou de réédition) papier et/ou numérique d’une collection de sources narratives normandes. Si la réalisation d’une version normande d’un Recueil des historiens des Gaules et de la France semble aujourd’hui aussi complexe que dépassée, nous souhaitons lancer, dans un premier temps, un projet de réédition et de confrontation de l’ensemble des sources annalistiques normandes.

Site internet du colloque : https://cerisy2019.sciencesconf.org/

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Bâtir un État « normand » aux XIe-XIIsiècles :
de la guerre à la paix

Appel à communication
Journée d’études organisée par P. Bauduin (Université de Caen Normandie) et A. Peters-Custot (Université de Nantes)

Université de Caen, MRSH SH 028
Vendredi 1er mars 2019

La transition entre l’état de guerre censé présider à une conquête territoriale, et l’état de paix censé inaugurer l’émergence d’une nouvelle construction politique est de moins en moins pensée comme le saut d’un fossé qualitatif qui séparerait la violence guerrière de l’établissement apaisé d’une logique étatique ou pseudo-étatique, et qui distinguerait les farouches et sanglants conquérants (et/ou envahisseurs) d’une part, des pacifiques édificateurs d’une organisation politique nouvelle embrassant les territoires et populations « conquises » d’autre part. Le renouvellement historiographique touchant ces questions est d’une acuité particulière en ce qui concerne la construction médiévale des « mondes normands ». Ces derniers, plus ou moins franchement marqués par l’origine scandinave – et le cortège de représentations associées aux vikings –  des acteurs ou de leurs descendants qui y opèrent, bénéficient des bouleversements historiographiques qui, depuis quelques décennies, relisent le phénomène viking lui-même. Ainsi, le passage de la conquête à la construction politique, en Normandie, dans l’Angleterre post-Hastings, et dans l’Italie méridionale et la Sicile du XIe siècle ne saurait plus être conçu de manière binaire comme un processus séquencé en deux temps exclusifs l’un de l’autre, faisant se succéder la guerre à la paix. Le processus de construction des royaumes scandinaves a été également l’objet de recherches importantes qui ont remis en cause une logique purement diffusionniste calquée sur un modèle occidental pour mettre en valeur les dynamiques propres aux sociétés scandinaves dans la construction des nouveaux pouvoirs.

Lire la suite de l'appel à communication sur le carnet Mondes normands médiévaux

 

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de l’axe « Une mondialisation médiévale : les Normands (IXe-XVe siècle) », du projet NORMONDE (dir. Jean-François Klein, Université du Havre), financé par la Région Normandie (http://grhis.univ-rouen.fr/grhis/?page_id=13327).

Le retour des propositions de communication est attendu au 15 septembre 2018, avec un court résumé (1000 caractères/150 mots).

Contacts :
Annick Peters-Custot : annick.peterscustot@univ-nantes.fr
Pierre Bauduin : pierre.bauduin@unicaen.fr

 

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Revue Tabularia
Sources écrites des mondes normands médiévaux


Derniers textes

Stéphane Lecouteux
Écrire l’histoire des abbés du Mont Saint-Michel
2. Robert de Torigni, ses outils, ses sources et sa méthode de travail
 
Writing History of the abbots of Mont Saint-Michel
2. Robert of Torigni, his tools, his sources and his working method
Scrivere la storia degli abati del Mont Saint-Michel
2. Roberto di Torigni, i suoi strumenti, le sue fonti e il suo metodo di lavoro


Moreed Arbabzadah
Textual errors in Serlo of Bayeux’s poem about the capture of Bayeux
Erreurs textuelles dans les poèmes de Serlon de Bayeux sur la prise de Bayeux
Errori testuali nel poema di Serlone di Bayeux sulla presa di Bayeux


Stéphane Lecouteux
Écrire l’histoire des abbés du Mont Saint-Michel
1. Les auteurs du De abbatibus
 
Writing History of the abbots of Mont Saint-Michel
1. The authors of 
De abbatibus
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1. Gli autori di 
De abbatibus

À paraître

Roberto Angelini
Topographical and Thematic Perspectives in the Latin Poetry of the First Anglo-Norman Kings

Laura Vangone
Un répertoire numérique de l’hagiographie latine de Normandie

La culture matérielle, un objet en question. Anthropologie, archéologie et histoire


Actes du colloque international de Caen (9 et 10 octobre 2015), publiés sous la direction de Luc Bourgeois, Danièle Alexandre Bidon, Laurent Feller, Perrine Mane, Catherine Verna et Mickaël Wilmart

Depuis près d’un siècle, la notion de culture matérielle a été utilisée pour aborder la part matérielle des cultures dans des perspectives successives : émanant d’une lecture marxiste née vers 1920, elle participe de l’intérêt porté à la matérialité médiévale et aux techniques par les historiens et les archéologues dans les années 1950-1980. Depuis lors, elle se développe principalement dans le cadre de Material Culture Studies ancrées dans le post-modernisme. Si l’expression « culture matérielle » demeure couramment utilisée, elle semble s’être banalisée et il convient de s’interroger sur sa pertinence actuelle dans le champ des sciences humaines.
Principalement centrées sur la période médiévale, les contributions rassemblées dans ce volume font dialoguer archéologues, anthropologues, historiens et géographes pour dresser l’historiographie de la notion de culture matérielle à l’échelle européenne et proposer une série d’études de cas illustrant la « vie des objets » à partir de sources et de terrains variés.

Presses universitaires de Caen
Publications du Craham
Série antique et médiévale

ISBN : 978-2-84133-890-0
Brepols Publishers

45 €

Chateau et pouvoirs en Champagne

Château et pouvoirs
en Champagne : Montfélix, un castrum comtal
aux portes d’Épernay


Annie Renoux
Avec la participation de Marc Bompaire, Sophie Cherrier-Delobelle, Pascal Duchêne, Pierre-Marie Guihard, Marie-Alice Huvet, Jacqueline Pilet-Lemière et Jean-Guy Robin

Situé sur un éperon, à proximité d’Épernay, le château de Montfélix (Chavot-Courcourt) a bénéficié de 1983 à 1995 d’une fouille programmée, assortie d’une enquête approfondie et élargie dans les sources écrites. Faits rares et propices à la mise en œuvre d’un programme de recherche, on possède son acte de naissance et son occupation a été relativement brève. Linéairement composé, à son apogée, de deux mottes que séparent un rempart de barrage et une basse-cour, il est érigé en 952 par l’un des ancêtres des comtes de Champagne, Herbert, comte d’Omois, alors associé à son frère, le comte Robert, et il est abandonné dès le début du XIIIe siècle. Peu de monographies de châteaux comtaux du Moyen Âge central ont été publiées à ce jour, surtout lorsque, comme c’est le cas ici, elles donnent une part majeure aux structures des Xe, XIe et du début du XIIe siècle, de telle sorte que nos connaissances en la matière demeurent fortement lacunaires. Deux thématiques majeures structurent l’exposé. La première traite du bâti et de ses caractéristiques morphologiques et fonctionnelles, au sein des espaces qui lui sont dédiés. Les huit phases de construction et d’occupation rendent compte de la mise en œuvre progressive des fortifications et des diverses maisons nobles et annexes, qui jonchent le site. Complétées par un examen du mobilier, elles éclairent le sens de l’évolution et aident à en décrypter les ressorts. Intrinsèquement liée à la précédente, la seconde thématique élargit la focale. Elle est centrée sur l’étude des liens entre château et pouvoirs à grande et à petite échelles. Au niveau hexagonal, c’est de la genèse de la principauté « champenoise » dont il est question, et du rôle qu’y joue, à sa modeste échelle, Montfélix du Xe au XIIe siècle. Au niveau microrégional et local, la publication traite de l’impact du château et de sa châtellenie dans la structuration des hommes et de l’espace puis, à partir du XIIIe et plus essentiellement des XIVe et XVe siècles, est abordée la question de ces pôles d’habitat que l’on qualifiait jadis de « villages désertés » ; une appellation qui ne convient plus guère.

Presses universitaires de Caen
Publications du Craham
Série antique et médiévale

ISBN : 978-2-84133-879-5
Brepols Publishers

50 €

Aux marges du roman antique. Études sur la réception des fringe novels


Corinne Jouanno, Bernard Pouderon (éd.)

Aux marges du roman antique a fleuri une constellation de textes, fictions biographiques, hagiographies romancées ou récits de voyages et d’aventures, qui ont pour commune particularité une forte composante fictionnelle. Souvent désignés sous la commode étiquette de fringe novels, ces écrits à l’identité générique indécise, gravitant à la croisée du roman et de l’histoire, de la littérature édifiante et du divertissement, ont connu une destinée parfois bien différente de celle des romans antiques, oubliés au Moyen Âge et redécouverts par les humanistes de la Renaissance. Ce sont les divers aspects de leur réception, de la Renaissance à l’époque moderne, que les auteurs des treize articles réunis dans le présent volume ont choisi d’explorer, en se demandant si les lecteurs du passé étaient sensibles à la dimension fictionnelle des fringe novels et percevaient les affinités qui, à nos yeux, relient ces différents textes. L’étude des traductions, adaptations ou réécritures auxquelles des fringe novels comme la Cyropédie de Xénophon, la Vie d’Ésope ou Barlaam et Joasaph ont donné lieu, celle des œuvres nouvelles que ces « romans de la marge » ont inspirées, l’analyse des commentaires, critiques ou polémiques qu’ils suscitèrent parfois, et le rôle qu’ils ont pu jouer dans la réflexion littéraire et les débats d’idées des temps modernes sont autant d’indices précieux aidant à mieux cerner la perception générique qui fut réservée à ce groupe d’écrits, le type de lecture auquel ils donnèrent lieu et le profit que leurs lecteurs en escomptaient.

Beauchesne Éditeur

ISBN : 9782701022666

59 €

Le mobilier funéraire de type franc et mérovingien dans le Kent et sa péripherie


Jean Soulat

Cet ouvrage est le résultat de la thèse en archéologie médiévale de Jean Soulat, soutenue en 2015 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Joëlle Burnouf et Anne Nissen. Il présente l’étude du mobilier funéraire de type franc et mérovingien daté des Ve-VIIe siècles et localisé dans le Kent, région du sud-est de l’Angleterre, et sa périphérie. Répartis au sein de 60 nécropoles, 974 objets de type franc et mérovingien ont été inventoriés. 81 % du mobilier a été retrouvé dans le Kent avec la mise en avant de sites majeurs comme la nécropole de Buckland à Dover, de Bifrons, de Mill Hill ou de Finglesham. Provenant de fouilles anciennes du XVIIIe siècle mais également de découvertes récentes, ce mobilier se distingue par des éléments de parure variés (fibules, boucles d’oreilles, épingles, etc.), des garnitures de ceinture, de l’armement ou encore des récipients de différentes natures (céramique, verrerie ou alliage cuivreux). À la suite d’une historiographie du sujet, l’objectif de cette publication est de comprendre comment et pourquoi ce mobilier archéologique propre aux assemblages d’objets de la Gaule des Ve-VIIe siècles, se retrouve dans les contextes funéraires anglo-saxons. Quelles causes et conclusions peut-on en tirer ? Oui, la présence de ce mobilier dit « exogène » est liée aux contacts trans-Manche, mais de quelles natures sont-ils ? S’agit-il d’échange, de commerce, de lien politique et/ou diplomatique, de migration, de circulation de personnes ? À travers la présence de ce mobilier funéraire et des témoignages qui montrent la circulation de ces objets, l’intérêt est de montrer que cet espace maritime ne constitue pas une barrière naturelle empêchant les populations et les échanges qui interagissent mais permet plutôt de créer une zone privilégiée du commerce où s’entremêlent différentes cultures au cours du haut Moyen Âge.

ISBN : 978-2-35518-078-1

63 €

Château Gaillard 28
L’environnement du château


Actes du colloque international de Roscommon (Irlande, 14-18 août 2016), réunis par Peter Ettel, Anne-Marie Flambard Héricher et Kieran O’Conor.

Le XXVIIIe colloque Château Gaillard s’est tenu au mois d’août 2016 à Roscommon (Irlande), site qui fournit un cadre de comparaison fort utile et bien exploité au thème retenu, « L’environnement du château ». Les contributions confirment les grandes avancées de la recherche européenne dans le domaine de l’archéologie du milieu. Reprenant et dépassant les études récentes qui ont montré comment la seigneurie a pu construire, avec des objectifs bien précis de valorisation du pouvoir, le paysage qui entoure le château, les études qui composent cet ouvrage s’attachent également à l’implantation initiale de la forteresse dans un paysage choisi, à une altitude bien définie, ou près de certains lieux symboliques ou économiquement utiles, et à la signification de ces choix. Les contributions réunies évoquent aussi la mise en place d’un réseau de communications et l’évolution dans le temps long de cette maîtrise du paysage environnant. Elles s’attachent enfin à la restitution actuellement possible de ce paysage, avec les moyens que cela suppose.
Les articles qui composent ce volume émanent de chercheurs de dix états principalement d’Europe du Nord-Ouest, mais évoquent également l’exemple de Kaboul (Afghanistan). Ils mettent en évidence les moyens d’investigation nouveaux (modélisation, images 3D, radar, géophysique et LiDAR) qui permettent de reconstruire et de mieux comprendre l’organisation des châteaux.

Presses universitaires de Caen
Publications du Craham

ISBN : 978-2-84133-891-7
Brepols Publishers

45 €

Le roi Arthur, figure historique ou légendaire ? Une biographie expliquée


Un cours particulier d'Alban Gautier

Les Presses universitaires de France et Frémeaux & Associés proposent cette biographie du Roi Arthur, racontée et expliquée par Alban Gautier, professeur d’histoire médiévale à l’université de Caen. Le roi Arthur a-t-il existé ? Arthur est un personnage tout aussi littéraire et mythique qu’historique à proprement parler. Depuis la Grande-Bretagne du Ve siècle, lors du déclin de l’Empire romain, jusqu’à nos jours, Arthur n’a cessé d’exister sous plusieurs visages. Sa figure héroïque a servi à des usages politiques diamétralement opposés, chez les Gallois du IXe siècle, les Plantagenêts, les rois de la dynastie des Tudors. Replacer le personnage dans son époque signifie replacer le personnage dans ses époques. C’est cette énigme historique qu’Alban Gautier se propose ici d’explorer. 

Éditions Fremaux.com

Publication (en cours) des actes du colloque
« Animaux aquatiques
et monstres des mers septentrionales »


Coordonné par Catherine Jacquemard et al.

Du 31 mai au 3 juin 2017 s’est tenu au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle un colloque international intitulé « Animaux aquatiques et monstres des mers septentrionales (imaginer, connaître, exploiter, de l’Antiquité à 1600) », organisé par le Centre Michel de Boüard – Craham (UMR 6273, Université de Caen Normandie – CNRS). Les thématiques développées pendant le colloque sont l'identification, la dénomination et le classement des espèces ; l'étude des produits de la mer, la pêche, le commerce et la consommation ; la littérature, les représentations, imaginaires et allégories).

Les articles seront progressivement mis en ligne tout au long de l'année.

http://sciencepress.mnhn.fr/en/periodiques/anthropozoologica/53/fasc2

Thierry Buquet et al. – Introduction : Pour une histoire des animaux aquatiques des mers septentrionales (voir l'article)

Jacqueline Leclercq-Marx – Entre tradition classique et imaginaire germano-celtique : les monstres anthropomorphes des mers septentrionales, au Moyen Âge et au début de l’époque moderne (voir l'article)

Adrien Quéret-Podesta – Animaux et monstres marins dans la plus ancienne chronique polonaise (voir l'article)

Marie Casset – La consommation de produits de la mer à la cour du duc de Bretagne pendant son exil en Angleterre (1377-1378) (voir l'article)

Frédérique Laget – Géographie du hareng à la fin du Moyen Âge : les mers du Nord, des lieux de production ?  (voir l'article)

Grégory Clesse – Un compilateur en eaux (in-)connues : Thomas de Cantimpré et la faune aquatique du nord-ouest de l’Europe (voir l'article)

Cécile Rochelois – Les pêches miraculeuses de Godric de Finchale : dauphins et saumons à volonté dans la vie d’un saint anglais du XIIe  siècle (voir l'article)

Olga Vassilieva-Codognet – Le poisson-cyclope d’Alexandre Neckam (De naturis rerum II, 24) : entre vérité zoo­logique et réminiscences virgiliennes (voir l'article)

Fabrice Guizard – Delfines nec non et ballenae… Les cétacés de l’Atlantique nord au haut Moyen Âge : représentation, identification et consommation (voir l'article)

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Les Échos du Craham


Directrice de la publication
Christine Delaplace, directrice du Craham

Rédacteur en chef
Micaël Allainguillaume, responsable éditorial, service revues et communication

Comité de rédaction
Cécile Allinne, maître de conférences en archéologie métropolitaine
Thierry Buquet, ingénieur de recherche en analyse de sources
Adrien Dubois, membre associé du Craham, chercheur indépendant
Juliette Dupré, technicienne de laboratoire
Brigitte Gauvin, maître de conférences en langue et littérature latines
Julia Pacory, doctorante

Crédits photographiques

Sauf mention contraire © Craham, Centre Michel de Boüard,
UMR 6273 (CNRS – Université de Caen Normandie)



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