L’assise scientifique de l’Université européenne d’été «Sociétés du risque en Europe» repose sur trois piliers :

  • un panel d’enseignants chercheurs de stature internationale relevant de plusieurs disciplines (droit, sociologie, anthropologie, biologie moléculaire) ;

  • une équipe de «jeunes» chercheurs disposant au minimum d’une dizaine d’années d’expérience de recherche et d’enseignement ;

  • des intervenants issus du milieu professionnel (consultants) disposant d’une solide expérience dans le domaine et habitués à enseigner.

Le présent projet porte très explicitement sur la dimension européenne des risques, et plus particulièrement en regard des pays de l’est en voie de pré-adhésion. Le cas de l’Ukraine est tout à fait représentatif. Par ailleurs, les intervenants français et étrangers dans l’Université d’été tireront tous leur enseignement d’expériences européennes mettant en jeu la quasi-totalité des pays membres.

C’est dans le prolongement logique des deux premières Ecoles d’été consacrées aux leçons de la catastrophe de Tchernobyl (Kiev 2005, Vilnius 2006) que les organisateurs de cette manifestation ont envisagé un double élargissement thématique, aux nouveaux risques (biotechnologiques, nanotechnologiques, chimiques, routiers, etc.) d’une part et disciplinaire d’autre part (en ouvrant le panel des intervenants au droit et aux sciences de la vie).

Il s’agira en outre de confronter le regard des experts occidentaux, celui des Nouveaux Etats Indépendants (Ukraine et Biélorussie) et des Etats baltes nouvellement adhérents (Lituanie, Lettonie, Estonie) sur les situations de risques tant du point de vue de leur construction sociale (connaissances scientifiques, logiques d’expertises, rôle de la société civile) que de celui des réponses apportées dans le cadre de chaque configuration institutionnelle (mécanismes de prise de décision, construction de la controverse scientifique, résolutions des situations de crise).

En tout état de cause, l’objet de cette Université européenne d’été est, plus qu’un inventaire comparé des risques, de montrer la complexité à la fois sociale, institutionnelle et technique des nouveaux risques et de leur traitement par la société.



Depuis la publication de Risk society de sociologue allemand Ulrich Beck en 1986, année où se produisit également l’accident de Tchernobyl, l’idée d’un nouveau régime de la modernité appelé «société du risque» fait son chemin, au point d’entrer dans le langage commun.

Si l’émergence de nouveaux risques liés au développement des technosciences (bio ou nanotechnologies) ou des risques globaux (changement climatique) est effectif, la pertinence du concept de risque et, surtout, les usages qui en sont fait dans le discours que nous tenons sur «ce qui nous arrive» et «ce que nous faisons» méritent d’être discutés.

C’est qu’en effet, le concept de risque qui désigne la part calculable de l’indéterminé, en tant qu’outil statistique, s’avère être insuffisant pour cerner et analyser l’objet en question : l’agir humain et ses conséquences à long terme sur l’environnement, les hommes et les institutions.

Préférant une approche socio-anthropologique des différentes formes de vulnérabilités des hommes, des milieux et des régimes démocratiques (Frédérick Lemarchand, G. Grandazzi, Arnaud Morange), déconstruisant et remettant en cause l’idée d’évolution du progrès technique (Alain Gras) ou encore questionnant d’un point de vue juridique nos responsabilités collectives (Corinne Lepage, G. Hériard Dubreuil) et les logiques de l’expertise des risques (Gilles-Eric Séralini), les intervenants de cette Université européenne d’été ont tous à coeur d’introduire un pensée complexe, critique et pluridisciplinaire des «sociétés du risque».