Frédérick LEMARCHAND

La vie contaminée de Frédérick Lemarchand

Le développement immaîtrisé des sciences, des techniques et du marché, repoussant sans cesse les limites du faisable et du socialement acceptable, a produit de nouvelles formes de menaces, risques potentiels ou catastrophes avérées, auxquels nous n'étions pas préparés : Tchernobyl, déchets nucléaires, vache folle, OGM, clonage, amiante, attentat du 11 septembre, anthrax...

Nous vivons de fait dans une société épidémique. Or, la vulnérabilité des hommes, de la nature et du politique se manifeste à un degré jamais atteint, alors même que la vieille culture dont nous disposons pour affronter l'épidémie n'est plus à la hauteur et conduit le plus souvent à des pathologies sociales par la production de boucs émissaires. Cet ouvrage entend explorer parallèlement deux champs de production du risque que sont le nucléaire et la génétique à partir d'un point de vue critique à la fois sociologique et anthropologique. C'est du même point de vue que l'auteur analyse les réponses politiques et éthiques dont est porteuse la société au travers des "nouveaux romantismes éclairés", que sont l'écologie politique et le mouvement paysan.

Prix : 23 €uros

Dictionnaire des risques L'Homme du XXIe siècle commençant se découvre avec désarroi, voire angoisse, confronté à des incertitudes sur les effets de son action (clonage, OGM, etc.) ou à de lourdes menaces environnementales, et conscient - enfin, plus ou moins - d'être responsable de cet état de fait. Tchernobyl, Bhopal, Seveso, le naufrage du Prestige, la maladie de la "vache folle", l'effet de serre, la réduction de la biodiversité ; autant d'exemples sans appel de ce à quoi ont mené deux siècles de cécité envers les risques inhérents à notre action sur la nature et notre quête acharné du profit.

Qu'il soit impossible de continuer ainsi, on se l'accorde. Qu'une nouvelle éthique soit à inventer dans nos relations humaines et notre rapport à notre fragile planète, on y consent. Mais prendre la vraie mesure des risques, anticiper des solutions, mener pièces à l'appui les débats qui s'imposent, c'est le difficile passage au concret, qui est affaire autant d'intelligence des choses que d'argent à dépenser. Il importe à la fois de savoir, domaine par domaine, de quoi l'on parle, et d'avoir une vision synthétique. D'où ce dictionnaire. La formule permet d'explorer l'ensemble du champ et de tisser les liens qui relient une réalité à une autre. De Catastrophes naturelles à Transgéniques, en passent par Délinquance juvénile ou Principe de précaution, avec des textes développés sur les sujets cardinaux ("Société de consommation et risque environnemental", "Guerres et risques de guerre""...), cet ouvrage fait ressortir une donnée essentielle : au-delà des approches du risque que proposent les économistes, les assureurs et les experts, chantres d'une rationalité instrumentale prompte à occulter la responsabilité humaine, il importe de réintégrer ces questionnements dans la sphère politico-sociale qu'ils n'auraient jamais dû quitter dans des sociétés considérées comme démocratiques.

Armand Colin.
Prix : 23 €uros

Les silences de Tchernobyl Huit à neuf millions de personnes vivent, et vivront longtemps encore, dans les territoires contaminés d'Ukraine, de Russie et de Biélorussie. Cette catastrophe nucléaire majeure, le plus grand "accident" industriel dans l'histoire de l'humanité, a produit peu d'expression artistique, à l'exception notable de La Supplication de Svetlana Alexievitch, et ses héros, les liquidateurs, sont restés anonymes, oubliés.

Mais cet événement n'a pas disparu pour autant de la mémoire ni du quotidien des populations dont il a littéralement changé le monde. Comment, près de 20 ans plus tard, repenser la tragédie dont les conséquences furent dès le début occultées et minimisées, sur place et en Occident ?

Cet ouvrage réédité et actualisé, augmenté de nouvelles contributions, de photographies et de témoignages inédits de près d'une vingtaine d'auteurs - dont beaucoup sont également, à leur manière, des acteurs, des militants ou des témoins - tente de prendre le sens et la mesure de la catastrophe. Théorie nouvelle de l'accident, interview de l'ex-numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, réflexion sur la gestion du risque et la réhabilitation des conditions de vie, mise au point sur les conséquences sanitaires françaises, émergence d'une expertise et d'une mobilisation citoyennes constituent autant de manières d'interroger le devenir de Tchernobyl et, par conséquent, celui de l'humanité à l'Age atomique.


Frédérick Lemarchand, quarante ans, maître de conférences en sociologie. Dans l'héritage de la théorie critique, il poursuit des recherches depuis 1996, au laboratoire d'analyse sociologique et anthropologique du risque (CERReV) de l'Université de Caen Basse-Normandie sur les aspects fondamentaux des sociétés technoscientifiques en France et en ex-Union Soviétique. Il est également membre du Conseil scientifique du CRII-GEN.

Corinne LEPAGE

On ne peut rien faire Madame le ministre...

"On ne peut rien faire, Madame le ministre..."
Combien de fois cette phrase n'a-t-elle pas été prononcée pour justifier l'immobilisme que Corinne Lepage, ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé de 1995 à 1997, cherchait à combattre ?

C'est précisément parce qu'elle croyait possible une révolution dans ce pays que Corinne Lepage a choisi de décrire la réalité à laquelle elle a été confrontée.

La réalité, c'est que les ministres sont sous haute surveillance. Que les grands corps sont des potentats qui font leur propre politique sans rendre de comptes à personne. Que certains lobbies exercent par personnes interposées un pouvoir de blocage absolu. Que la loi n'est pas la même pour tous. Que le secret, l'opacité, le mensonge constituent la règle. Que l'environnement, enfin, est détesté par les autres ministères qui s'emploient à torpiller avec acharnement toutes ses initiatives.

Ce constat n'est pas désespéré. Au contraire. Les solutions existent, à la portée de citoyens soucieux de relégitimer la politique. Les propositions concrètes qui sont formulées surprendront.

Albin Michel.

Santé et Environnement - l'Abécédaire Corinne Lepage mène une activité d'avocat dans le domaine de l'environnement et défend notamment les collectivités publiques contre les auteurs des marées noires ainsi que les maires qui se battent contre les OGM. Elle a été Ministre de l'Environnement de 1995 à 1997 et candidate à la Présidentielle de 2002. elle est Présidente de CAP 21, du Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRII GEN) et co-fondatrice, avec Michèle Rivasi d'Ovale, de l'Observatoire de Vigilance et d'Alerte Environnementale. Elle est professeur à l'IEP et a publié une dizaine d'ouvrages.

"Mais moi, que puis-je faire ?"
C'est une réponse à cette question qui m'est souvent posée à l'issue des conférences que je consacre à l'urgence écologique que j'ai entrepris de rédiger ce livre. Il ne prétend ni à l'exhaustivité ni à la rigueur scientifique, mais vise à donner au citoyen un résumé des informations disponibles sur ce qu'il mange, ce qu'il boit, ce qu'il respire, ce qu'il utilise quotidiennement. Aujourd'hui, face à un pouvoir politique qui se refuse à appliquer le principe de précaution, c'est au citoyen qu'il revient de réagir grâce à des informations d'autant moins diffusées qu'elles gênent les lobbies économiques et grâce à trois modes d'action :

  • individuel, en décidant d'appliquer à soi même et à sa famille le principe de précaution,
  • consumériste, en utilisant sa fonction de consommateur pou boycotter les entreprises et les produits à risques ou franchement toxiques,
  • citoyen, en exigeant des Pouvoirs Publics les actions indispensables pour faire passer la santé publique et l'intérêt général avant la rentabilité à court terme.

Jacques-Marie Laffont Editeur
Prix : 21 €uros





Gilles-Eric SÉRALINI

Génétiquement incorrect Les industries du vivant nous promettent depuis quelques années un avenir radieux : les thérapies géniques devraient bientôt pouvoir soigner les maladies génétiques mais aussi le cancer ; le clonage et les manipulations génétiques nous faire vivre mieux et plus longtemps ; les OGM préserver de la famine les populations des régions les plus défavorisées.

En dépit des annonces fracassantes qui donnent l'impression que les scientifiques maîtrisent déjà la connaissance du génome, que sait-on de ces gènes ? Imprévisibles, ils fonctionnent en réseaux, mutent, se taisent, sutent, se déplacent, vieillissent et meurent - bref, ils échappent très souvent à nos pronostics. Un nouveau paradigme divise les scientifiques, qui met au premier plan la plasticité du génome. Car les gènes ne vivent pas dans un théâtre fermé où régneraient à la fois hasard et prédétermination. Ils sont en interaction constante avec l'environnement, qui exerce une influence capitale sur leur évolution. Sans prendre en compte cette relation fondamentale, il est impossible de comprendre la génèse des maladies, d'envisager leur prévention et leur traitement.

Ce livre, premier bilan scientifique après le décryptage du génome humain, nous prémunit contre le chant des sirènes, contre ces pratiques qui se font passer pour génétiquement correctes en se garantissant au passage un quadruple pouvoir : scientifique, économique, militaire et politique.

Gilles-Eric Séralini est professeur des universités en biologie moléculaire à l'Université de Caen Basse-Normandie et ses recherches portent sur les relations entre hormones de la reproduction, polluants et cancers. Expert depuis 1998 au sein de deux commissions gourvernementales françaises chargées d'évaluer les OGM avant et après leur comercialisation, il préside aussi le conseil scientifique du CRII GEN, consulté par les autorités de nombreux pays. Il est notamment l'auteur de OGM, Le vrai débat (Flammarion 2000).

Flammarion
Prix : 19 €uros

Ces OGM qui changent le monde Aujourd'hui, l'homme sait modifier le patrimoine héréditaire des êtres vivants et fabriquer des OGM : virus pour la thérapie génique, souris pour la recherche, bactéries pour l'industrie pharmaceutique, animaux de ferme et poissons à croissance accélérée, plantes capables de produire ou de tolérer des pesticides (soja, maïs, coton, colza)...Mais la diffusion volontaire de certains OGM dans l'environnement suscite de vives polémiques au niveau mondial : on connaît mal les effets sur l'homme et l'environnement de ces plantes destinées à l'alimentation. Ces semences, protégées par des brevets commerciaux, sont pourtant disséminées sur des dizaines de millions d'hectares. Quant aux contrôles sanitaires avant leur diffusion, seuls quelques scientifiques décident de leur niveau d'exigence.

Le débat ne cesse d'ailleurs de s'amplifier : les Etats divergent sur la politique à adopter, les arrachages intempestifs de champs d'OGM au Japon, en Europe ou en Inde se multiplient, les procès foisonnent, tandis que certains clament qu'on freine la recherche. Ce livre fait le point sur des questions essentielles : ces OGM présentent-ils réellement des risques ?

Les contrôles sont-ils suffisants ? Pourquoi les tests à long terme sur des animaux de laboratoire nourris à base d'OGM ne sont-ils pas obligatoires ? Les OGM tiendront-ils leurs promesses : riz résistant à la sécheresse, tomates tolérant le gel ou la salinité, plantes enrichies en vitamines ? Peuvent-ils résoudre des problèmes tels que la faim dans le monde ?

Professeur des universités et chercheur en biologie moléculaire, Gilles-Eric Séralini étudie les effets des pesticides sur la santé. Il est expert pour l'Union européenne, consultant pour le moratoire sur les OGM qui oppose les Etats Unis à l'Europe ; en France, il siège au sein de deux commissions gourvernementales françaises chargées d'évaluer les OGM avant et après leur comercialisation. Il est notamment l'auteur de Génétiquement Incorrect (Flammarion 2003).

Coll. Champ - Flammarion
Prix : 8.20 €uros

Le sursis de l'espèce humaine Jusqu'à quand ? Jusqu'à quand l'humanité pourra-t-elle survivre en respirant un air vicié, en buvant une eau polluée, en mangeant des aliments industriels truffés de contaminants cancérigènes, et qui se collent à notre patrimoine génétique ? Jusqu'à quand, alors que les ressources naturelles en air et en eau sains s'épuisent dangeureusement, que notre santé se dégrade, que la capacité de nos organismes à répondre aux agressions diminue, que les modifications génétiques se multiplient ? Pour la première fois dans l'histoire, l'avenir de l'espèce humaine est compromis.

Sans parti pris, sans esprit de système, un scientifique passionné par tout ce qui touche à la vie veut nous alerter. Ses recherches fondamentales l'ayant conduit à observer l'apparition de nouveaux risques génétiques, il adopte le point de vue du biologiste pour analyser l'empoisonnement de l'air, de l'eau douce et des aliments, leur raréfaction, et les effets de ces maux sur nos existences. A travers de nombreux exemples concrets, il propose une synthèse et recense les écueils vers lesquels une humanité devenue folle se dirige.

Il remonte à la source des problèmes pour dégager les axes de solutions de fond. Cette nouvelle misère étant totalement liée à la recherche d'une croissance artificielle, et à l'assimilation du mieux-vivre à la croissance, il montre comment les intérêts économiques deviennent aujourd'hui déconnectés des vrais besoins, et contraires aux intérêts de la vie.
il propose de définir de nouvelles priorités pour le XXI° siècle, car il s'agit là de notre survie.

Gilles-Eric Séralini est né en 1960. Spécialiste de biologie moléculaire, il est professeur des universités et chercheur dans une équipe du CNRS. Il est aussi père de deux enfants, et c'est en pensant à tous les nôtres qu'il a décidé d'écrire ce livre.

Editions Belfond

Alain GRAS

La fragilité de la puissance Se libérer de l’emprise technologique. La guerre en Irak a mis brutalement en lumière notre extraordinaire dépendance au pétrole... et notre extraordinaire incapacité à imaginer des voies qui n’utiliseraient pas cette ressource limitée. D’autres innovations technologiques aujourd’hui suivent un modèle analogue, nous enfermant dans des rails techniques, nous privant de tout choix, construisant une civilisation de la puissance... et de la fragilité.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Le "progrès technique" n’est-il pas une illusion qui nous empêcherait de voir la pluralité des lendemains possibles, et donc nous priverait d’une dimension essentielle de la liberté humaine : la possibilité même de choisir ? Car les techniques ne sont pas neutres : elles façonnent la société. Optimiste, Alain Gras montre ici que d’autres choix, collectifs, sont pensables - et par là même possibles.


Les macro-systèmes techniques La notion de réseau, le développement de ces réseaux ne peuvent se comprendre que dans le cadre d'un macro-système technique dont la puissance d'intervention devient tentaculaire. Ces macro-systèmes constituent l'infrastructure de notre société contemporaine.


Le choix du feu Comment a-t-on pu négliger à ce point l'énergie de l'eau, du vent ou de la terre ? Des quatre éléments, notre civilisation n'en a retenu qu'un pour produire son énergie : le feu. Le pétrole, le charbon ou les grandes chaudières que sont les centrales nucléaires fournissent ainsi aujourd'hui l'essentiel de notre énergie.

Alain Gras, après avoir décrit l'omniprésence du pouvoir de la chaleur dans la vie quotidienne, remonte aux mythes et aux représentations collectives du feu et réinterprète l'histoire de façon entièrement nouvelle, en particulier celle de la révolution industrielle. Il montre comment le choix du feu s'est effectué et de quelle manière il a entraîné une coupure radicale avec le monde des énergies renouvelables, qui nous empêche encore aujourd'hui de penser à une voie alternative qui nous permettrait de sortir de la crise climatique. L'auteur suggère d'autres trajectoires et propose de faire appel à nos capacités créatrices en décolonisant notre imaginaire. Car ce n'est pas le progrès technologique qui nous sauvera du malheur engendré par lui-même, c'est en reconnaissant que le règne du feu n'est qu'une contingence historique que l'on pourra se libérer de tout déterminisme fataliste.

Il est urgent d'échapper à la chaleur technicienne et au moteur thermique, qu'aucun biocarburant ne rendra jamais propre, et de s'orienter vers d'autres technologies, synonymes de nouveaux modes de vie et rapports sociaux.
Un ouvrage riche de nombreux exemples, original, stimulant et optimiste.

Editeur : Fayard